A Orléans, Loiret, le diagnostic archéologique a été réalisé en préalable à la restructuration des locaux d'une école maternelle.

Chronique de site
Dernière modification
18 mai 2016

La parcelle de 600 m2 comporte un bâtiment sur rue et deux constructions en fond de cour dont l'une est appuyée, intra-muros, au rempart antique et médiéval.

L'étude a été réalisée sous la forme d'une tranchée mécanique dans la cour, de sondages très ponctuels sur le bâti et d'une analyse stratigraphique à partir des documents disponibles (plans anciens, étude de sol, fouilles avoisinantes, visite des parcelles mitoyennes). Une étude, en cours de réalisation, en collaboration avec C. Alix, doctorant à l'université de Tours, porte sur la parcelle conti-guë au sud (12, rue Saint-Étienne).Le diagnostic a mis en évidence l'appartenance des deux constructions en fond de cour au quartier cathédral médiéval. Le premier édifice est orienté N-S. Sa largeur est de 8,50 m pour une longueur de 13 m, mais il est très probable qu'il se poursuit sur la parcelle voisine au nord, portant ainsi sa longueur totale à presque 27 m. Sa hauteur actuelle est d'environ 7 m. L'analyse a démontré l'existence d'un rez-de-chaussée originel, actuellement enterré et inaccessible, portant ainsi la hauteur du bâtiment à 9 m au moins. Un espace libre de 3 m sépare la construction du rempart antique et médiéval à l'est. Le corps de bâtiment est intégralement construit en pierre et présente, au sud-ouest, un contrefort d'angle cruciforme. Celui-ci court sur toute la hauteur de l'édifice et présente deux rangées de larmiers traités en simples glacis. La partie supérieure du contrefort et du mur gouttereau correspondant a été écrêtée, mais il semble que la presque totalité de l'élévation subsiste. Deux (peut-être trois) baies anciennes ont été mises en évidence sur le pignon sud. La seule qui a pu être étudiée est une fenêtre rectangulaire dont l'encadrement est décoré d'une moulure en cavet. Il n'est cependant pas possible, à cette étape, de les rattacher à la construction originelle.

Le second immeuble est accolé au premier situé au sud. Sa façade ouest est en retrait et il est accolé à l'est au rempart. Il mesure 6,50 x 3,70 m, pour une hauteur actuelle d'environ 7 m. Il est également pourvu d'un contrefort d'angle cruciforme au sud-ouest. Celui-ci, d'une hauteur totale de 3,60 m environ, semble indiquer que ce bâtiment ne comprenait à son origine qu'un niveau. Sur la face sud, visible dans le sous-sol de la parcelle voisine (12, rue Saint-Étienne), une grande baie (3 m de haut pour 4,50 m de large) ouvre certainement sur un espace de cour ou de voie bordant la clôture canoniale. On ignore comment se fait la communication entre les deux corps de bâtiments. La datation de cette construction reste délicate. Probablement postérieure à l'incendie qui ravagea le quartier cathédral en 989, elle peut provisoirement être datée des XIe-XIIe s. Encore cette fourchette ne repose-t-elle à l'heure actuelle que sur de rares indices stylistiques. Les remaniements postérieurs (ouverture et bouchage de baies, construction et dépose de cheminées) sont nombreux jusqu'à la période contemporaine et rendent la lecture de l'édifice difficile en l'absence d'investigations plus poussées.

Les caractéristiques de cet ensemble architectural, en particulier les matériaux employés, les dimensions des constructions et sa disposition à l'entrée du cloître cathédral, incitent à y voir un des édifices de la vie communautaire du chapitre. En l'absence de données sur ce cloître pour des périodes aussi anciennes, toutes les hypothèses sont permises. Peut-être faut-il voir dans la plus petite construction un sas d'accès pour les marchandises qui seraient stockées au rez-de-chaussée du grand corps de bâtiment ? Celui-ci pourrait accueillir, dans les étages, les réfectoires et les dortoirs de la communauté religieuse. D'autres pistes existent que les études, en cours ou à venir, permettront d'explorer.