A Cahors, Lot, une équipe de l'Inrap fouille, sur prescription de l'État et en collaboration avec le service du patrimoine de la ville de Cahors, les vestiges d'un habitat gallo-romain.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

La superficie du site est de 1 118 m2 . La superficie fouillée est de 200 m2.

Cahors, Civitas Cadurcorum

Cahors, cité romaine de Divona devenu Civitas Cadurcorum, est probablement fondée sous Auguste, comme chef-lieu du pays.  La ville est située dans un méandre du Lot qu'elle occupe en totalité. Son paysage est constitué d'un relief extrêmement accentué, pris entre la ceinture d'eau formée par le Lot et les parois abruptes du cirque des Cévennes. La règle romaine d'urbanisme orthogonal qui l'organise s'est adaptée à cette configuration du terrain qui impose un axe principal, cardo maximus, nord-sud. 

Le site du 166 rue des Hortes

Le site archéologique se trouve dans la partie méridionale de la ville, rive droite. Cette partie, « le quartier des Hortes », était traditionnellement attribuée à l'usage de jardin, du latin horti ou de l'occitan orta. Il est localisé à proximité du tronçon sud du cardo maximus, situé entre deux zones urbaines, l'une ayant probablement une fonction monumentale et résidentielle (forum et domus), l'autre économique.

Établi sur un niveau augustéen (Ier siècle de notre ère) constitué de fosses, un premier ensemble de murs imposants est installé. Avant la fin du Ier siècle, le site est abandonné puis remblayé avant une nouvelle phase de construction aux murs plus étroits dessinant, cette fois-ci, plusieurs unités d'habitation séparées par des espaces de circulation. Le tournant du IIe siècle voit un dernier réaménagement caractérisé par une nouvelle division de l'espace. Les différentes étapes de construction sont toutes intégrées dans la trame de la cité antique, les murs étant appuyés à chaque fois sur les alignements précédents. Les nombreux objets de la vie quotidienne trouvés (céramiques, lampes à huile, fibules, fragments de marbre de placage, enduits peints) signalent un riche décor.

Des aménagements soumis aux caprices du Lot ?

L'habitat antique mis au jour ne constitue qu'une partie d'un ensemble plus vaste, détruit par des aménagements contemporains. Cependant, c'est la première fois que les archéologues ont la possibilité d'observer sur une surface de près de 200 m2, à Cahors, un bâti antique ayant été l'objet de plusieurs phases d'aménagements entre le milieu du Ier siècle de notre ère et le début du IIe siècle. Les archéologues pensent que la proximité du Lot n'est pas étrangère à ces aménagements successifs ; il est probable que les inondations occasionnées par le débordement du fleuve en soient à l'origine sur une période relativement courte à moins qu'il ne s'agisse de faire fasse à un besoin de logement pressant.