À Rosières-aux-Salines (-Meurthe-et-Moselle), la fouille des élévations de deux immeubles fortement dégradés, sis aux 28-30, rue du Colonel Thiébaut, a révélé l'architecture d'un hôtel particulier de la seconde moitié du XVIe siècle.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Les décrépissages successifs ont confirmé le plan en U du bâtiment ainsi que la présence d'un escalier secondaire en vis, d'un décor peint en faux appareil avoisinant une cheminée monumentale et de plusieurs plafonds « à la française ».

La dépose des façades principales a été aussi l'occasion d'appréhender les méthodes de construction, les contraintes techniques et solutions retenues lors de son édification. Plusieurs indices montrent que l'hôtel est installé sur une zone densément bâtie et profite ainsi des mitoyennetés préexistantes. Suite à l'examen des matériaux employés, il est apparu que l'économie du chantier de construction est basée, au moins en partie, sur le réemploi de plusieurs baies façonnées au début du XVIe siècle en façade sur cour et différents blocs retaillés, ponctuellement inclus dans les maçonneries. Ces indicateurs soulignent une réelle différence de traitement stylistique qui tend à harmoniser les zones visibles depuis le domaine public et la rue.
 
La datation de cet ensemble, ainsi que de ses remaniements jusqu'au XXe siècle, est basé sur les relations stratigraphiques, renforcés par l'analyse chrono-typologique des baies et les résultats dendrochronologiques. En somme, cette opération d'archéologie du bâti fournit un premier référentiel de l'architecture privée d'un bourg secondaire de Lorraine à l'entrée des Temps Modernes.