Une fouille à Reims, Marne

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Malgré les nombreuses destructions intervenues lors de l'extraction du toit de la craie géologique durant la période moderne, l'opération archéologique a permis de recueillir des informations précieuses concernant les occupations gauloise et romaine de ce secteur de la ville. 

L'occupation gauloise

Les premières traces d'une activité humaine mises au jour sur le chantier sont datées de la fin de la période gauloise (fin IIe-début Ier siècle avant notre ère) et correspondent à deux structures : une fosse d'ensilage et une portion de fossé. Ce dernier, ainsi que celui découvert rue des Moissons en 1993, peuvent matérialiser les limites est et sud d'un enclos. Il n'est cependant pas possible de définir les activités qui s'y déroulaient, car toutes les structures de surface ou de faible profondeur qui permettent de caractériser les différents types d'occupation et leur densité ont été détruites ultérieurement. En ce qui concerne le fossé de l'oppidum, son bord intérieur n'a été perçu ni sur la surface décapée lors de la fouille ni lors des observations effectuées pendant les reprises en sous-oeuvre du mur est de la parcelle. On localise donc plus vers l'est son tracé, dont la restitution probable présente une courbure moins prononcée que celle proposée jusqu'alors. Cette particularité pourrait être mise en relation avec la proximité d'une entrée.

Le quartier du Haut-Empire

Les vestiges, bien que modestes en densité, s'inscrivent dans un système d'orientation spécifique dont l'implantation semble régie par la proximité du fossé de l'oppidum. Les constructions de la partie nord du chantier déterminent deux unités d'habitat situées de part et d'autre d'une ruelle séparative « en pied d'échelle » (espace étroit entre deux limites parcellaires jouant souvent le rôle de coupe-feu). Pour l'unité nord, seule la présence d'un petit cellier permet d'attester une activité domestique durant la deuxième moitié du Ier siècle. Au sud, le sanctuaire domestique correspond à une structure jusqu'alors inconnue à Reims, mise en évidence grâce aux différentes études menées sur le mobilier recueilli lors de la fouille. Il s'agit d'un matériel rare, original et luxueux, notamment en ce qui concerne les récipients en verre et le vase zoomorphe en terre sigillée.

Époque moderne

La dernière phase d'occupation correspond aux périodes moderne et contemporaine, avec des vestiges datés de la fin du XVIIe siècle jusqu'à nos jours. C'est la première fois que les traces d'une carrière d'extraction de craie de cette époque sont mises au jour sur le site de Reims. Cette carrière à ciel ouvert a uniquement servi à l'extraction de craie jaune altérée, qui entrait dans la composition du mortier ou dans la fabrication de carreaux de terre, mais qui était surtout utilisée comme « fond de forme » dans la construction des rues ou pour effectuer ponctuellement des réparations sur les chaussées. Enfin, l'étude d'archives permet aussi de retracer l'évolution du quartier jusqu'à nos jours, depuis les constructions datées du milieu du XIXe siècle jusqu'à la création, en 1981, de l'imprimerie Matot-Braine.