A Noisy-le-Grand, Seine-Saint-Denis, en préalable à la construction de deux immeubles d'habitation, un diagnostic a été prescrit par les services de l'État (Drac/service régional de l'Archéologie) afin de vérifier le potentiel archéologique du terrain.

Dernière modification
13 juillet 2016

Réalisé en 2007, ce diagnostic a confirmé la présence d'une importante nécropole du haut Moyen Âge ; la fouille complète de cette parcelle a donc été prescrite. Au total, ce sont plus de six cents sépultures qui seront mises au jour et fouillées, de novembre 2008 à avril 2009, par une équipe d'archéologues du conseil général de Seine-Saint-Denis et de l'Inrap.

Noisy-le-Grand, la mérovingienne

Noisy-le-Grand est l'une des rares communes de la Seine-Saint-Denis mentionnées dans un texte datant de l'époque mérovingienne. C'est Grégoire de Tours qui à la fin du VIe siècle indique dans son Histoire des Francs qu'il existait une « villa royale » à Noisy-le-Grand. Il mentionne également l'existence d'un oratoire, lieu destiné à la prière. Se trouvait-il à flanc de coteau, à côté de l'église Saint-Sulpice ou accompagnait-il le cimetière que les archéologues sont en train de mettre au jour ? L'existence de ce site était déjà connue depuis longtemps comme l'atteste le nom de la rue des Mastraits (toponyme indiquant un cimetière). Un document daté de 1771, conservé aux Archives nationales, mentionne la découverte de fondations et de cercueils de plâtre, à l'angle de la rue Pierre-Brossolette et de la rue du Docteur-Sureau, lors de la plus ancienne fouille archéologique de Seine-Saint-Denis.

La nécropole mérovingienne

L'époque mérovingienne est celle de la première dynastie des rois francs (486-751), qui règnent en Gaule après la fin de l'Empire romain d'Occident.
Cette nécropole comprend près de 300 sépultures et est ceinte par un petit fossé à l'est de la parcelle. Les plus anciennes inhumations peuvent être datées de la première moitié du VIe siècle ; elles se caractérisent par la présence d'un contenant en plâtre. Suivant le principe du sarcophage que l'on peut ouvrir, ce mode d'inhumation permet de déposer successivement plusieurs défunts dans la même sépulture. Les os des occupants précédents sont déplacés et rigoureusement agencés contre les parois du contenant. Le plâtre, formant le sarcophage, est coulé directement dans des moules en bois à même la fosse creusée préalablement.

La nécropole carolingienne

En 741, une nouvelle dynastie prend le pouvoir, celle des Carolingiens. L'état franc est réorganisé, l'empire d'Occident est rétabli par Charlemagne en 800 et la culture latine remise à l'honneur.
Les sépultures carolingiennes sont très différentes des mérovingiennes : les individus sont souvent enterrés « en pleine terre » et l'aménagement est minimal. Chaque tombe ne contient qu'un seul individu ; la pratique de réouverture des sépultures n'existe plus. Les enterrements successifs ont souvent perturbé, recoupé et recouvert les sarcophages mérovingiens. Près de trois niveaux de sépultures ont été à ce jour observés. En étudiant les ossements, on peut observer que certains individus ont été enterrés emmaillotés dans un linceul. En effet, la position des os des épaules, des bras, du bassin et des pieds indiquent une compression du sujet.