A Marseille, Bouches-du-Rhône. L'anse de l'Ourse, large baie qui doit probablement son nom à l'ancienne présence d'oursins, a été comblée sous le Second Empire pour aménager le port de la Joliette. Le terrain sis au 43, rue de l'évêché où a été réalisé le diagnostic archéologique, d'une superficie d'environ 2000 m2, est en partie situé à son aplomb.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Devant l'impossibilité technique d'atteindre le rivage initial, à 10 m sous la surface actuelle, les archéologues ont dû se concentrer sur le secteur haut du site, qui n'occupe que 10 % de la surface du projet d'aménagement. Le diagnostic a permis de retrouver des éléments de l'enceinte du XVIIe siècle. L'ensemble des vestiges conservés ayant été mis au jour pendant son déroulement, il n'a pas été suivi de fouille.

Des vestiges très parcellaires avant l'époque moderne

Les sondages ont mis en évidence le flanc de la calanque, une petite falaise argilo-calcaire vieille d'une trentaine de millions d'années. Son caractère friable a entraîné un recul progressif du rivage aux dépens de l'espace urbain. En limite orientale du projet, une fine couche témoignant d'une occupation précoce antérieure au IIe siècle avant notre ère constitue le seul niveau stratigraphique épargné par les travaux réalisés à l'époque contemporaine.

Une enceinte du XVIIe siècle

L'enceinte urbaine, conservée uniquement en fondation, a été observée pendant la fouille sur une trentaine de mètres. Elle est rectiligne et épaisse de 1,75 m. Les éléments retrouvés permettent de la dater de la seconde moitié du XVIIe siècle, ce qui la rapproche des remparts édifiés sous Louis XIV à l'est de la ville.

Une voie de circulation a été observée le long du rempart, côté intérieur. Entre l'enceinte urbaine et le bord de l'anse de l'Ourse, une fosse quadrangulaire, qui n'a pas pu être datée, a été colmatée et renforcée par un mur lors de l'édification du rempart. La forme et la disposition de cette structure suggèrent la présence d'une fortification antérieure.

Le diagnostic a révélé la faible envergure du rempart de l'époque moderne, dont l'épaisseur n'est pas très importante, ainsi que l'absence de fortifications antérieures à proximité. Si de telles fortifications ont existé à cet endroit, elles ont peut-être été détruites lors de l'édification du nouveau rempart. Elles ont aussi pu être construites à un autre emplacement, situé bien au-delà, et disparaître progressivement au fur et à mesure de l'effritement de la falaise.