À Reims, Marne, cette fouille préventive a permis une nouvelle observation sur le fossé d'enceinte de l'oppidum dans la partie orientale de son parcours.

Chronique de site
Dernière modification
12 mai 2016

Un fossé plus ancien ainsi que des aménagements d'époque gallo-romaine ont également pu être étudiés. 

Un fossé de La Tène moyenne

Le plus ancien témoin de l'occupation du site est un fossé au profil en V taillé dans la craie et repéré sur une longueur de 17 m. Profond de 2 m et large de 3,50 à 4,50 m, il contenait, dans son remplissage, un mobilier peu abondant, datable de La Tène moyenne. La fonction de ce fossé reste indéterminée. On peut cependant exclure un rôle de drainage en raison de l'absence de sédiments d'origine hydromorphe.

Le fossé de l'oppidum

Le passage de l'enceinte de l'oppidum a pu être déterminé avec précision dans sa partie est. Seuls le bord intérieur et le fond plat du fossé ont pu être observés, sur une longueur de 28 m. La profondeur du creusement atteignait 5 m par rapport au niveau supérieur du substrat géologique, et l'escarpe (talus du côté intérieur d'un fossé), en pente régulière, présentait, sur son profil, un palier intermédiaire.
Le remplissage fait apparaître cinq phases successives :
- la première, composée d'une couche de craie en petits blocs, disposée en faisceaux obliques, provient d'éboulis de la levée de terre.
- la deuxième se présente sous la forme de couches de limons d'origine hydromorphe, attestant la fonction complémentaire de drainage des eaux de ruissellement et de collecteur des eaux usées. Le mobilier est datable de la première moitié du Ier siècle.
- la troisième correspond à un bouchage intentionnel par l'apport d'une importante couche de craie provenant de l'arasement du talus.
- la quatrième phase, rencontrées pour la première fois à Reims, est caractérisée par un mélange de couches argileuses et de remblais de démolitions antiques. Le mobilier prélevé dans ces niveaux de se situe vers la fin du IIe siècle.
- pour finir, une série de strates de terre végétale couvraient à la fois le fossé et les structures gallo-romaines qui lui ont succédé.

Le site à l'époque gallo-romaine

Les structures antiques ont subi une forte érosion due à la récupération des matériaux et à des remaniements modernes. Les fondations de murs et une cave, reconnues sur une surface réduite, n'ont pas permis de relever un plan d'habitations cohérent. Seule une cour, bordée d'un portique au nord, semble pouvoir être identifiée sur l'emprise du fossé, dont la pente, subsistant après un comblement partiel, était compensée par un aménagement en terrasse.
Le site, abandonné dans le courant du IIIe siècle, n'a été réoccupé qu'à la fin du XVIIIe siècle.