À Toulouse, Haute-Garonne, trois sondages, destinés à évaluer le potentiel archéologique d'une parcelle de 1 109 m², limitrophe au n° 13 chemin de la Flambère, ont été réalisés.

Chronique de site
Dernière modification
13 juin 2016

L'intervention s'est déroulée sur 2 jours, avec une pelle de 15 tonnes équipée d'un godet de curage de 1,95 m de large. Les structures ont été en partie fouillées, les sondages complètement remblayés en fin d'opération.
 
Le diagnostic archéologique répond à un projet de construction d'un petit ensemble collectif d'habitations, à l'intersection du chemin de la Flambère et de l'avenue des Arènes, quartier urbain du secteur nord-ouest de Toulouse. La surface à sonder, triangulaire, est de 1 109 m2, mais les bâtiments ainsi que la végétation toujours en place l'ont réduite à 439 m2. La surface cumulée ouverte est de 107,76 met se présente sous la forme de trois tranchées en éventail d'une largeur d'environ 3 m pour des longueurs de 10 à 13 m, ce qui correspond à 9,75 % de la surface totale, soit plus de 25 % de la surface accessible. Les fonds de sondages ont atteint le substrat de grave, à une profondeur d'environ 0,60 à 0,70 m sous le niveau de sol actuel, sous une vingtaine de centimètres de couverture végétale et 0,35 à 0,40 m de limon brun argileux.

Les vestiges reconnus - 11 trous de poteau et 4 structures à galets, sans identification formelle de bâtiments - sont majoritairement pré et/ou protohistoriques. Seule une ouverture large, comme un décapage intégral de la parcelle, serait à même de révéler ce type d'organisation spatiale. 

L'occupation antique se limite à deux fosses et à un fossé orienté ouest-est (un autre segment est plus douteux) et à la récurrence d'un niveau de pollution invisible en plan mais matérialisé dans les parois des sondages par des inclusions très lâches de petits fragments roulés d'amphores et de tuiles à rebord, observés sur une épaisseur de 8 à 10 cm dans le limon brun, à - 0,35 à - 0,40 m sous le niveau de sol actuel. Enfin, une fosse carrée de 1,10 m de côté pour une profondeur conservée de 0,14 m correspond à une plantation récente. Les contours de ces différents creusements sont assez bien lisibles dans la grave, mais le niveau d'apparition un peu plus haut des foyers à galets démontre que les niveaux néolithiques de circulation et de rejets potentiels doivent être recherchés dans la partie inférieure des limons bruns sus-jacents. Cette remarque vaut aussi pour le niveau antique. Les mobiliers archéologiques observés sont rares et peu caractéristiques, les comblements sont des limons bruns plus ou moins pollués de nodules de terre cuite et de rares charbons de bois, avec une matrice plutôt argileuse. Ces limons de comblement ne se distinguent pas de la couche de limon sus-jacente à la grave, d'où l'extrême difficulté à identifier les niveaux réels d'ouverture des creusements et les sols associés, toutes périodes confondues.
 
Ce secteur nord-ouest de la ville actuelle de Toulouse correspond à un éperon à la confluence de la Garonne et du Touch, position géographique privilégiée sur laquelle est reconnue depuis les années 1960 une occupation chasséenne majeure pour le Sud-Ouest de la France, le site de Saint-Michel-du-Touch : fossés, palissades, fosses à galets, sépultures.
 
Une fréquentation à la fin de l'âge du Fer se traduit par des niveaux de circulation, des fossés et des puits, à laquelle fait suite une agglomération secondaire antique comprenant notamment un amphithéâtre et des thermes, des bâtiments sur solins de galets et des niveaux de circulation qualifiés d'aire de marché. Ces vestiges ont été reconnus au hasard des suivis de travaux sur le flanc est et nord de l'éperon, sans fouille exhaustive mais par observations ponctuelles précises, notamment dans les tranchées de fondation des nombreux bâtiments collectifs du secteur (fouilles de G. Simonnet de 1964 à 1973 dans la cité d'Ancely). Le diagnostic actuel confirme l'occupation néolithique, puis gauloise et antique sur la partie sommitale sud de l'éperon, mis en évidence récemment par les opérations de diagnostic menées au printemps 2007 aux n° 12 et 15 chemin de la Flambère (C. Requi, Inrap), et par la fouille du n° 13 à l'automne 2007 (M.-L. Merleau, Inrap).