AAuch, Gers, l'opération de diagnostic a concerné une parcelle de 2 145m². La surface a été sondée à 5,2 % (112,30 m²).

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

L'opération de diagnostic menée au 9 rue Irénée-David, à Auch, a donné des résultats de grand intérêt. Elle a révélé des niveaux stratifiés étagés en moyenne sur 1,70 à 1,90 m. de haut. Les vestiges présentent un bon état de conservation, à l'exception des murs qui ont souvent fait l'objet de récupérations. L'occupation du secteur se développe essentiellement entre le IIe ou le début du Ier s. av. n. ère et le IIe s. de notre ère.

Le niveau le plus ancien correspond à une couche d'occupation datable de la fin de l'âge du Fer. Même si les tranchées n'ont révélé aucune structure, il est fort probable que cette couche fonctionne avec un habitat.
Des sols en terre battue, repérés dans les différents sondages profonds, marquent une nouvelle étape d'occupation datable principalement du règne d'Auguste. Ces vestiges se rattachent probablement à un habitat en terre et en bois, comme le suggère la découverte de fragments de torchis. La séquence d'occupation mise en évidence dans la tranchée 2 témoigne d'un remarquable état de conservation avec une série de recharges successives, associées à des couches d'occupation.

Le diagnostic a également révélé une séquence d'occupation du Haut-Empire, divisée en deux phases principales.
Une première étape d'urbanisation du secteur se note à travers l'apparition de la construction en dur et l'aménagement probable d'une voie orientée est-ouest (Ier s.). Les structures identifiées semblent appartenir à un contexte d'habitat compris dans une insula. On ne peut, pour l'instant, aller au-delà de cette caractérisation préliminaire. En effet, les niveaux ont souffert de perturbations diverses et les murs ont subi un épierrement systématique, entravant partiellement la lecture stratigraphique.

Dans un second temps, le secteur connaît une restructuration importante qui est surtout illustrée, dans la tranchée 4, par le nivellement des structures préexistantes (fin Ier-début IIe s.). Mais il n'est pas certain que les travaux aient affecté l'ensemble de l'emprise. Le rehaussement du niveau s'accompagne d'une reconstruction dont la portée réelle reste également difficile à mesurer. Le bâti est longé par une voie dont l'origine est peut-être plus ancienne. L'occupation semble se poursuivre ensuite tout au long du IIe s.
L'abandon du secteur semble intervenir entre la fin du IIe et le début du IIIe s. Il se signale par la mise en place d'une épaisse couche de gravats, issus de la démolition des bâtiments antiques.

Enfin, quelques indices rendent compte d'une réoccupation médiévale, liée au moins en partie à la récupération de matériaux de construction antiques.
Ces vestiges viennent confirmer l'extension de l'agglomération protohistorique et augustéenne vers l'ouest, où sa limite exacte reste malheureusement inconnue. En tout état de cause, le site devait couvrir une surface d'au moins 25 ha correspondant aujourd'hui à la zone comprise, du nord au sud, entre le Lastran et l'intersection de la rue Augusta et du chemin de Garros et, d'est en ouest, entre l'ancien hôpital et le chemin de Cougeron. L'évolution de la zone durant le Haut-Empire fait écho à celui du reste de la ville.

Le Ier s. voit, en effet, se mettre en place une trame urbaine articulée autour de voies orientées selon les points cardinaux. Une période de réforme semble s'ouvrir avec la fin du Ier ou le début du IIe s. de notre ère. Elle se traduit par l'extension de l'espace urbain (chemin de Cougeron) et le réaménagement, voire la reconstruction, de bâtiments ou de quartiers entiers.