A Auch, Gers, l'opération de diagnostic a concerné une parcelle de 1 603 m². La surface a été sondée à 0,76 % (12,20 m²).

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

La seule tranchée réalisée dans l'emprise de la parcelle concernée par le projet d'aménagement a donné des résultats de grand intérêt, malgré la faible surface traitée (12,20 m2). Elle a ainsi révélé des niveaux stratifiés étagés sur près de 3 m d'épaisseur à partir du sol actuel. Ces derniers ont montré un bon état de conservation, avec des murs encore en élévation et des sols peu perturbés. Des informations d'ordre chronologique, mais concernant également la dynamique d'occupation du secteur durant l'Antiquité, peuvent également être tirées de l'opération.


Un premier élément à retenir est l'absence de niveaux protohistoriques et augustéens. Même si cette information doit encore être prise avec prudence, en raison de la faible surface ouverte, il est intéressant de noter qu'elle recoupe un certain nombre d'observations faites depuis les années 1960 dans ce secteur. Ainsi, aucun niveau antérieur au début du Ier s. de notre ère n'a été mis en évidence lors des recherches menées par D. Ferry sur les berges du Gers (Ferry, 1984) et à l'ancien prieuré Saint-Martin (rapport inédit). En revanche, les niveaux les plus anciens sont présents dans l'emprise du parc de l'Îlot Pasteur (Ferry, 1997 ; Gardes et alii, 2006). On peut déduire de ces indices que l'agglomération n'occupait dans un premier temps que la terrasse principale, située nettement en retrait par rapport au Gers.

La phase le plus ancienne reconnue est matérialisée par un mur, associé à deux états d'occupation. Il est pour l'heure impossible de se prononcer sur la nature des vestiges mis au jour (bâtiment à cour ou façade sur rue). Les éléments de datation présentent toutefois un grand intérêt. Ils tendent à prouver que l'introduction de l'architecture maçonnée à Auch remonte bien au début du Ier s. de notre ère, confirmant ainsi les indices ténus rassemblés depuis les années 1960 dans d'autres quartiers de la ville (Lapart, 1985a). Au-delà, il est raisonnable de mettre en relation les vestiges identifiés avec la première phase d'urbanisation romaine du secteur, identifiée lors du diagnostic réalisé en 2006, mais restée mal datée (entre 0 et 70 de notre ère).

Le sondage a révélé une seconde phase d'occupation antique. Elle est marquée par l'exhaussement des niveaux de circulation et une restructuration du bâti, dont la portée réelle nous échappe. Malgré les limites propres à l'opération, on se doit tout de même de remarquer que ce phénomène avait déjà été observé lors du diagnostic de 2006. Il semble donc que durant la fin du Ier ou le début du IIe s. l'ensemble du secteur fasse l'objet d'un réaménagement important.
Une épaisse couche de démolition marque la fin de l'occupation antique. Les rares éléments de chronologie récupérés permettent de situer cette phase durant le Bas-Empire. La séquence d'occupation s'accorde ici parfaitement avec celle observée en 2006. La documentation rassemblée avait alors permis de dater l'abandon du courant du IIIe s.

Malgré sa modestie, les résultats de ce diagnostic sont donc riches d'enseignements. Ils confirment que la ville basse d'Auch présente un remarquable potentiel archéologique, qui reste pourtant quasiment inexploité. Rappelons au passage que la seule fouille de sauvetage réalisée dans l'emprise du site ne dépassait pas 150 m2 de surface. Le retard accumulé par rapport aux autres agglomérations antiques de la région apparaît désormais patent et justifie pleinement la réalisation de fouilles selon les normes actuelles.