Une fouille a été menée en mars 2010 à Mandeure (Doubs) aux pieds du théâtre gallo-romain, dans le cadre de l'aménagement d'un espace muséographique destiné aux visiteurs de cet édifice, le plus grand de Gaule après celui d'Autun.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Dans l'Antiquité, Epomanduodurum, l'actuel village de Mandeure, était considérée comme la seconde ville du pays Séquane après la capitale de cité, Vesontio (Besançon). Le site de Mathay-Mandeure était déjà très important durant la période gauloise puisqu'il abritait alors un sanctuaire où ont été retrouvées de nombreuses offrandes. Cette agglomération, qui s'étendait sur plus de 180 hectares, était dotée d'un ensemble architectural reflétant son importance : un théâtre, dont les vestiges sont encore visibles aujourd'hui, des temples, des établissements thermaux ainsi qu'un forum. L'opération de fouille menée au pied du théâtre durant le mois de mars 2010 par une équipe de l'Inrap s'inscrit dans le cadre d'un projet de construction d'un pavillon pour valoriser le site antique de Mathay-Mandeure auprès des habitants et des visiteurs, mené par la Communauté d'agglomération du Pays de Montbéliard. 

Archéologie aux pieds du théâtre gallo-romain de Mandeure
 

Un espace dédié au culte

L'emprise de la fouille se situe au sein même de l'agglomération antique, aux abords immédiats du théâtre, dans un secteur où s'est développé un complexe cultuel monumental. Les premiers résultats confirment une longue occupation de cet espace où se lisent trois grandes phases de construction. La première phase remonte à l'époque augustéenne, au début du Ier siècle de notre ère. La seconde occupation est constituée d'un ensemble de monuments probablement destinés au culte : une galerie de 70 m de long sur 5 m de large et un édifice public, temple ou enceinte, dont l'espace sacré est délimité par deux murs. Cet ensemble inédit complète le corpus de sanctuaires déjà connus qui s'étend depuis la rive droite du Doubs et occupe la plus grande partie de la plaine alluviale, large à cet endroit de 400 m environ. Cette portion de plaine est délimitée à l'ouest par la rivière et à l'est par un talus escarpé contre lequel a été édifié le théâtre gallo-romain. Notons qu'après la destruction des monuments, des traces discrètes (sous forme de fosses) d'une occupation tardive ont pu être datées de la deuxième moitié du IVe siècle, date à laquelle le rayonnement d'Epomanduodurum avait déjà diminué.

Cette fouille, en précisant la chronologie des différentes phases d'occupation et en identifiant leurs fonctions (domestique, artisanale, publique) viendra compléter les données recueillies par les différents intervenants du programme collectif de recherche mené depuis quelques années sur la commune de Mandeure et portant sur le complexe cultuel et le théâtre, qui est, après celui d'Autun, le plus grand théâtre de Gaule.
 
Les résultats de cette fouille archéologique seront présentés le 7 mai prochain à 18h par Lydie Joan, responsable scientifique du site, dans le cadre d'une conférence donnée au siège de la Communauté d'agglomération du Pays de Montbéliard, avenue des alliés, 25200 Montbéliard.
Contact(s) :

Astrid Chevolet
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Inrap Grand Est sud
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