Le mobilier des sépultures aristocratiques franques de Saint-Dizier (Haute-Marne)
Publié le 30 septembre 2009 · Mis à jour le 16 novembre 2010
code opération : 200769401
code opération : 200769401
Trois sépultures aristocratiques mérovingiennes, fouillées en 2003 à Saint-Dizier, avaient livré aux archéologues un mobilier funéraire d'une grande richesse. Aujourd'hui ces objets sont restaurés.

Deux hommes, l'un d'âge mur, l'autre jeune, une adolescente, mais aussi un cheval ont été inhumés sur ce site vers le milieu du VIe siècle.
Des sépultures aristocratiques
Les deux tombes masculines sont des chambres funéraires (2,80 x 1,60 m), tapissées d'un coffrage et d'un plancher de chêne. À l'intérieur, contre la paroi nord, le défunt repose habillé dans son cercueil. À ses côtés sont disposés armes et objets personnels : épée, hache, scramasaxe, bouclier, fermoir d'aumônière à décor cloisonné, bague, boucles de ceinture, couteau… La chambre funéraire contient également de la vaisselle : bassin, chaudron et seau en bronze, bouteilles et coupes en verre, mais aussi les armes plus volumineuses, telles que lance et angon.
L'adolescente est inhumée dans un cercueil, déposé dans une simple fosse. Mais les nombreux bijoux dont elle était parée ainsi que la vaisselle qui l'accompagne attestent son rang social élevé. À la tête du cercueil, deux récipients en verre sont disposés. À ses pieds se trouvent une céramique et un bassin de bronze à rebord perlé.
L'adolescente porte au cou un collier d'une trentaine de grains d'ambre et de perles de verre, à son poignet gauche, un bracelet d'argent. Quatre fibules attachent ses vêtements : au cou, deux fibules discoïdes à décor cloisonné de grenats, à la taille, deux autre, ansées et asymétriques en argent. Enfin, la cinquantaine de perles en ambre, verre et cristal de roche retrouvée sur la poitrine de la jeune fille, témoigne probablement de la présence, au moment de l'inhumation, d'une sacoche ou d'un objet brodé de perles.
L'adolescente est inhumée dans un cercueil, déposé dans une simple fosse. Mais les nombreux bijoux dont elle était parée ainsi que la vaisselle qui l'accompagne attestent son rang social élevé. À la tête du cercueil, deux récipients en verre sont disposés. À ses pieds se trouvent une céramique et un bassin de bronze à rebord perlé.
L'adolescente porte au cou un collier d'une trentaine de grains d'ambre et de perles de verre, à son poignet gauche, un bracelet d'argent. Quatre fibules attachent ses vêtements : au cou, deux fibules discoïdes à décor cloisonné de grenats, à la taille, deux autre, ansées et asymétriques en argent. Enfin, la cinquantaine de perles en ambre, verre et cristal de roche retrouvée sur la poitrine de la jeune fille, témoigne probablement de la présence, au moment de l'inhumation, d'une sacoche ou d'un objet brodé de perles.
Un cheval inhumé
À l'est des sépultures, une fosse rectangulaire contient un cheval. L'animal possède la même orientation que les hommes (sud-ouest/nord-est), il a toutefois la tête à l'est. Inhumé en position repliée et contrainte, ce mâle adulte, d'environ 8-10 ans, était en bonne santé apparente. Il semble être décédé ni de mort violente, ni sacrifié. Ses premières prémolaires possèdent les traces d'usure caractéristiques du port d'un mors : il s'agit d'un cheval de monte.
Aucun élément de harnachement n'a toutefois été repéré dans la fosse. En revanche, un mors est présent dans une des sépultures masculines. Il faut donc probablement voir dans cette inhumation la volonté de réunir dans la mort le cavalier et sa monture.
Aucun élément de harnachement n'a toutefois été repéré dans la fosse. En revanche, un mors est présent dans une des sépultures masculines. Il faut donc probablement voir dans cette inhumation la volonté de réunir dans la mort le cavalier et sa monture.
L’aristocratie franque du VIe siècle
Le mobilier de ces sépultures est exceptionnel, par les matériaux employés et leur facture. Il appartient à l'élite franque, vraisemblablement des représentants locaux du pouvoir royal. En effet, pour asseoir leur conquête, Clovis et ses descendants contrôlent les terres nouvellement acquises en les transmettant à leurs proches ou vassaux.
De telles tombes ont été découvertes aux marges des territoires francs (Allemagne et Suisse notamment). En France, rares sont celles mises au jour et fouillées selon des méthodes modernes.
De telles tombes ont été découvertes aux marges des territoires francs (Allemagne et Suisse notamment). En France, rares sont celles mises au jour et fouillées selon des méthodes modernes.
Le contexte archéologique
La fouille s'inscrit dans le cadre des opérations archéologiques menées depuis une dizaine d'années sur la zone d'activités du Chêne Saint-Amand. L'emprise du décapage archéologique se trouvait sur le futur tracé d'un échangeur reliant une ZAC à la RN 4 (déviation sud de Saint-Dizier).
Responsable de la fouille et étude du mobilier métallique
Marie-Cécile Truc (Inrap)
Étude anthropologique
Cécile Paresys (Inrap)
Étude des incrustations en minéral et en verre
Thomas Calligaro (C2RMF)
Étude du verre
Hubert Cabart
Étude de la céramique
Anne Delors-Ahü et Marion Saurel (Inrap)
Restauration du mobilier
Bruno Bell (atelier Bell-Montembault)
Détermination du bois
Willy Tegel ( Dendronet, Dorfstrasse 59, D 78224 - Allemagne)
Étude des runes
Svante Fischer (Université de Uppsala, Suède)

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Une des tombes masculinesL. de Cargoüet/Inrap -
Une des tombes masculinesL. de Cargoüet/Inrap -
Relevé des ossements et des objets de la chambre funéraire d'une des tombes masculinesL. de Cargoüet/Inrap -
Ces fermoirs d'aumônière ont été retrouvés dans le dos des défunts. Ils ont un décor cloisonné de grenats et de verre figurant des têtes de chevaux. Ces objets servaient à fermer une sacoche en cuir portée par les hommes dans leur dos. L'une contenait une paire de forces, une pince à épiler en bronze et un fermoir d'aumônière en fer usagé, l'autre renfermait un petit couteau.L. de Cargoüet/Inrap -
Cette bague en or, à chaton plat non décoré et aux épaules ornées d'une filigrane d'or, a été retrouvée à l'emplacement de la main droite du défunt.L. de Cargoüet/Inrap -
Cette boucle de ceinture en cristal de roche et à ardillon en argent se trouvait en avant à droite de l'abdomen du défunt. Elle était accompagnée de trois rivets scutiformes permettant la fixation du cuir de la ceinture.L. de Cargoüet/Inrap -
Les deux fibules retrouvées au cou de la défunte ne comportent que des différences mineures dans leur décor. Toutes deux sont constituées d'une boîtier métallique et présentent un décor cloisonné de grenats. Leur pourtour extérieur s'orne en outre d'une damasquinure de cuivre.L. de Cargoüet/Inrap -
Deux fibules ansées asymétriques ont été retrouvées à hauteur de la taille de la défunte. Elles sont en argent et leur tête est prolongée de cinq digitations, chacune incrustée d'un grenat semi-circulaire. Le pied est également terminé par l'incrustation d'un grenat rectangulaire.L. de Cargoüet/Inrap -
Les deux umbos provenant des tombes masculines sont identiques : il consistent en une calotte conique en fer surmontée d'un bouton terminal et fixée à l'origine à la partie en bois du bouclier par des gros clous en fer. Les deux boucliers avaient été disposés debout, en appui contre la paroi droite du cercueil.L. de Cargoüet/Inrap -
Les deux haches retrouvées sont identiques. Il s'agit de haches dites profilées, des armes de jet assimilables au francisques connues par la littérature. Les traces de bois dans les douilles montrent que les manches étaient en frêne, essence classiquement utilisée pour les armes de jets. Elles ont été posées debout, tranchant vers la terre, contre la paroi droite des cercueils.L. de Cargoüet/Inrap -
Chacune des deux épées avaient été placées contre l'épaule droite des défunts. Longues de 90 cm environ, elles étaient conservées dans leur fourreau en bois d'aulne. Leur pommeau, de forme pyramidale, est en argent doré et comporte des petits clous en or. Les bouterolles et les gouttières de suspensions sont en argent avec un décor de triangles niellés.L. de Cargoüet/Inrap -
La face supérieure de ce pommeau d'épée présente un décor zoomorphe constitué de trois chefs d'oiseau gravés et disposés en triangle.L. de Cargoüet/Inrap -
La face inférieure de ce pommeau d'épée est gravée d'une inscription runique. Il s'agit de la première inscription runique mérovingienne provenant d'une sépulture masculine en France (étude Svante Fischer).L. de Cargoüet/Inrap -
Le tiers supérieur de ce fourreau d'épée est orné de deux appliques cylindriques, l'une en ivoire, l'autre en pierre surmontée d'un motif en or enroulé. Appelés aussi perles (Schwertperlen), ces appliques seraient issues d'une tradition orientale progressivement arrivée vers 500 en Europe centrale et en Angleterre sous la poussée hunnique. Les auteurs s'accordent à leur conférer un rôle prophylactique.L. de Cargoüet/Inrap -
Ce mors de cheval, incomplet, est en fer damasquiné d'argent. Il se trouvait sur le plancher de la chambre funéraire et peut-être sa présence est-elle à mettre en relation avec la tombe de cheval toute proche.L. de Cargoüet/Inrap -
Principales verreries retrouvées dans les trois tombes.L. de Cargoüet/Inrap -
Ce bassin en bronze, à rebord orné de perles obtenues au repoussé, a été déposé en position retournée sur le cercueil de la jeune fille, à hauteur des pieds.L. de Cargoüet/Inrap -
Ce bassin en bronze avait été posé en position retournée sur le plancher de la chambre funéraire, à côté du seau.L. de Cargoüet/Inrap -
Ce seau a été retrouvé sur le plancher d'une des chambres funéraires masculines, aux côtés du bassin. Il est composé d'une armature en bronze ornée d'ocelles et soulignée dans sa partie inférieure par vingt-et-une appliques triangulaires estampées d'un masque humain. Ce type de seau trouve des parallèles en Allemagne et est l'apanage des tombes riches.L. de Cargoüet/Inrap -
Ce chaudron en bronze est d'un type fréquemment retrouvé en Scandinavie orientale et très rarement en France. Il avait été posé sur le cercueil d'un des défunt, à côté du bassin. Sa fouille en laboratoire à révélé qu'au fond se trouvaient une coupe en verre posée sur une écuelle en bois d'érable.L. de Cargoüet/Inrap
Voir aussi :
Voir aussi
- Dossier multimédia : Le mobilier des tombes aristocratiques de Saint-Dizier (28-08-2008)
- Actualité : Découverte de tombes aristocratiques mérovingiennes à Saint-Dizier (Haute-Marne) (21-02-2002)
- Notice du site : Déviation sud de la RN4 (05-10-2009)
- Iconothèque : voir tous les documents
