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À Amélie-les-Bains (Pyrénées-Orientales), la découverte d’un terroir antique

Publié le 17 septembre 2009 · Mis à jour le 25 mars 2011
code opération : FB11047601
Les fouilles ont porté sur deux périodes exceptionnellement documentées : la fin de l'âge du Bronze et l'Antiquité tardive.
Les recherches effectuées sur l'emprise d'un projet de lotissement, près de la station thermale antique d'Aquae Calidae, se sont avérées particulièrement riches en données paléo-environnementales et en vestiges d'occupations diverses, de l'âge du Bronze à l'époque moderne : habitats, sépultures, artisanats du fer et de la terre, traces agraires...
Les trois fouilles prescrites, de mai 2006 à janvier 2007, ont porté sur deux périodes exceptionnellement documentées : la fin de l'âge du Bronze et l'Antiquité tardive.

À la fin de l’âge du Bronze (Xe-IXe siècles avant notre ère), un habitat et des sépultures monumentales

Au moins trois tumulus sont installés au bord du fleuve Tech, dont l'un a pu être étudié. Il comprend une chambre funéraire quadrangulaire construite en gros blocs, avec une zone de circulation et un espace réservé contenant les restes de 3 à 4 individus inhumés. Quelques décennies plus tard, ce monument est partiellement détruit avant d'être recouvert par un tertre de pierres de 20 m2 environ, de forme quadrangulaire, conservé sur plus d'1,40 m de haut. Un habitat de la même époque est situé à quelques centaines de mètres ; son état de conservation est excellent : murs de terre massive (technique de construction en terre crue), poteaux, foyers, sols d'occupation, abondant mobilier céramique et métallique…

Un atelier de forgerons et une nécropole antiques

Durant l'Antiquité, le paysage est structuré par un chemin qui s'appuie sur une terrasse construite. Au bord de cette voie, entre le IIIe et le Ve siècle de notre ère, se développent l'espace de vie et de travail d'un petit groupe humain, estimé à deux ou trois familles, ainsi qu'un espace funéraire qui perdurera jusqu'au VIe siècle.

Cette ensemble comporte un bâtiment à deux pièces construit en dur, des annexes en matériaux périssables, un espace cultivé, une forge d'épuration de minerai de fer et/ou fabrication d'outils (foyer, zone de martelage), des vestiges (aire de grillage, scories coulées) qui indiquent une activité de réduction de minerai de fer.

La nécropole, organisée le long du chemin, a conservé l'intégralité des signalisations de surface, faites de simples amas de pierres. D'autres éléments remarquables sont la gestion de l'espace sépulcral, le grand nombre de réductions de corps, les dépôts (vases en céramique ou verre), et la mise en évidence probable de vestiges de repas funéraire. À partir du VIe siècle, apparaissent les inhumations habillées, avec d'intéressants éléments de parure. La population inhumée est surtout constituée d'adultes et d'adolescents ; les enfants décédés en bas âge sont quant à eux largement sous-représentés.
L'exploitation des données de ces trois fouilles apportera un éclairage nouveau (paysage, environnement, économie…) sur des populations rurales à deux époques différentes, dans un même espace -la moyenne montagne pyrénéenne-, jusqu'ici peu investi par l'archéologie préventive.
Une exposition complétera ces études : en effet, l'état de conservation exceptionnel des vestiges et leur originalité donnent à ces découvertes un intérêt de portée nationale.

Responsable scientifique

Annie Pezin

Aménageur

Europrofim

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  • Foyer utilisé pour de la réduction secondaire de minerai de fer et pour de la forge.Au premier plan, rejets de scories ; sur la gauche du foyer aménagé en blocs et galets, amas de battitures.
    Foyer utilisé pour de la réduction secondaire de minerai de fer et pour de la forge.
    Au premier plan, rejets de scories ; sur la gauche du foyer aménagé en blocs et galets, amas de battitures.
    © A. Pezin, Inrap
  • Alignement de quatre sépultures dont une d'enfants en bas âge (deuxième en partant du bas) déposés dans une amphore. Leur signalisation, très simple, est faite de blocs de tailles diverses. Souvent, un bloc plus important marque l'emplacement de la tête du défunt.
    Alignement de quatre sépultures dont une d'enfants en bas âge (deuxième en partant du bas) déposés dans une amphore.
    Leur signalisation, très simple, est faite de blocs de tailles diverses. Souvent, un bloc plus important marque l'emplacement de la tête du défunt.
    © A. Pezin, Inrap
  • On retrouve parfois des objets personnels sur les défunts. Ici, cette femme a été enterrée avec ses boucles d'oreille en argent.
    On retrouve parfois des objets personnels sur les défunts. Ici, cette femme a été enterrée avec ses boucles d'oreille en argent.
    © A. Pezin, Inrap
  • Deux sépultures de l'Antiquité tardive. A gauche, on note la présence d'un petit vase déposé à la tête du défunt.
    Deux sépultures de l'Antiquité tardive. A gauche, on note la présence d'un petit vase déposé à la tête du défunt.
    © Yann Kerveno
  • Dans la nécropole d'Amélie-les-Bains, près de deux tiers des sépultures contiennent des réductions de corps d'un à  deux trois individus. Ici, le crâne et les os longs d'une première personne ont été rassemblés et déposés sur le corps d'un deuxième défunt. Cette pratique indique une gestion contrainte de l'espace funéraire.
    Dans la nécropole d'Amélie-les-Bains, près de deux tiers des sépultures contiennent des réductions de corps d'un à deux trois individus. Ici, le crâne et les os longs d'une première personne ont été rassemblés et déposés sur le corps d'un deuxième défunt.
    Cette pratique indique une gestion contrainte de l'espace funéraire.
    © J. Hernandez, Inrap
  • Fouille d'une amphore qui contenait le corps d'un très jeune enfant, aux pieds duquel les squelettes de deux autres bébés avaient été réduits.
    Fouille d'une amphore qui contenait le corps d'un très jeune enfant, aux pieds duquel les squelettes de deux autres bébés avaient été réduits.
    © A. Pezin, Inrap
  • Sur le sol de la cabane de l'âge du Bronze, couvert de charbons -peut-être à la suite d'un incendie-, on retrouve des objets abandonnés, telles cette coupe à marli et cette grande épingle en bronze.
    Sur le sol de la cabane de l'âge du Bronze, couvert de charbons -peut-être à la suite d'un incendie-, on retrouve des objets abandonnés, telles cette coupe à marli et cette grande épingle en bronze.
    © A. Pezin, Inrap
  • Deux tertres funéraires de l'âge du Bronze.
    Deux tertres funéraires de l'âge du Bronze.
    © A. Pezin, Inrap
  • Vue générale de la cabane de l'âge du Bronze. Au premier plan, sur le sol marqué de charbons de bois, un foyer est aménagé sur des tessons de poterie. Sur la droite, la limite rectiligne d'argile beige correspond à un mur de terre massive et à son érosion après l'abandon de cet habitat.
    Vue générale de la cabane de l'âge du Bronze. Au premier plan, sur le sol marqué de charbons de bois, un foyer est aménagé sur des tessons de poterie. Sur la droite, la limite rectiligne d'argile beige correspond à un mur de terre massive et à son érosion après l'abandon de cet habitat.
    © A. Pezin, Inrap
  • Au Moyen Âge, les rives du fleuve sont aménagées et occupées par des petits jardins. Le cadavre d'une vache y a été enterré.
    Au Moyen Âge, les rives du fleuve sont aménagées et occupées par des petits jardins. Le cadavre d'une vache y a été enterré.
    © A. Pezin, Inrap
  • Près d'un millier de visiteurs ont été accueillis lors de deux Journées Portes Ouvertes, et 200 enfants des écoles primaires d'Amélie-les-Bains.
    Près d'un millier de visiteurs ont été accueillis lors de deux Journées Portes Ouvertes, et 200 enfants des écoles primaires d'Amélie-les-Bains.
    © P. Wuscher, Inrap