Tramway d’Orléans : premiers résultats des recherches archéologiques
Publié le 1 juin 2010 · Mis à jour le 5 novembre 2010
Quatre fouilles ont été réalisées préalablement à la construction de la deuxième ligne de tramway de l’agglomération orléanaise. Alors qu’elles s’achèvent, quelques vestiges se distinguent par leur intérêt particulier.

L’ancienne voie Orléans-Blois et le prieuré de la Madeleine
En limite des communes d’Orléans et de Saint-Jean-de-la-Ruelle, les archéologues ont mis en évidence l’ancienne voie Orléans-Blois et la frange nord du prieuré de la Madeleine qui existait au Moyen-Age. Ce prieuré prend son origine au IXe siècle dans l’installation d’une petite communauté religieuse à l’écart de la ville. Dès le siècle suivant, une église et d’autres constructions sont attestées sur le site, qui voit également se développer un vaste espace funéraire. En 1025, un premier texte nous apprend qu’il s’agit d’un établissement à vocation « hospitalière », c’est-à-dire à vocation d’accueil et d’hospitalité, probablement plus que de soin.
En 1113, l’établissement est cédé à Robert d’Arbrissel, qui en fait le premier prieuré affilié à l’ordre Fontevraud. Cet ordre est le seul à permettre l’accueil, dans le même établissement, de religieux des deux sexes. De grands travaux vont en conséquence être menés sur le site pour créer deux espaces séparés, le nord étant dévolu aux hommes, le sud réservé aux femmes.
Au gré des transformations, le prieuré perdure jusqu’à l’expulsion de la communauté religieuse en 1792. Les bâtiments sont vendus et démantelés entre 1799 et 1805.
En 1113, l’établissement est cédé à Robert d’Arbrissel, qui en fait le premier prieuré affilié à l’ordre Fontevraud. Cet ordre est le seul à permettre l’accueil, dans le même établissement, de religieux des deux sexes. De grands travaux vont en conséquence être menés sur le site pour créer deux espaces séparés, le nord étant dévolu aux hommes, le sud réservé aux femmes.
Au gré des transformations, le prieuré perdure jusqu’à l’expulsion de la communauté religieuse en 1792. Les bâtiments sont vendus et démantelés entre 1799 et 1805.
Une véritable coupe à travers la ville médiévale
Place de Gaulle, l’identification d’un îlot d’habitation encadré par trois rues permet de compléter les informations sur la ville antique. Mais c’est principalement la mise au jour d’une partie de l’enceinte des XIVe-XVe siècles qui est le fait marquant de cette fouille. Sont ainsi en cours d’étude une partie de la porte Renard et de la courtine, mais surtout les éléments de défense avancée de cette porte, et leur évolution durant ces deux siècles.
Rue Jeanne d’Arc, les études portent sur des vestiges très divers : l’enceinte du IVe siècle, une portion de l’église Saint-Sulpice du IXe siècle et de son cimetière aux XIe-XVe siècles, des habitations, et peut-être également des bâtiments à vocation artisanale ou commerciale, qui longeaient des rues entre les XIe et XIXe siècles. Place Sainte-Croix, une vaste construction du haut Moyen Âge fait face à la cathédrale. On en ignore la fonction. Des fragments d’une rue monumentale, franchissant la porte Parisie, ouverte dans l’enceinte romaine et médiévale, ont également été observés. Enfin, de rares vestiges appartiennent probablement à l’Hôtel-Dieu de la fin du Moyen Âge.
Place de l’Étape, enfin, a été fouillée une partie d’un cimetière médiéval extra-muros, peut-être celui de la paroisse Saint-Michel. En son sein, des bâtiments sont construits, probablement à vocation religieuse. Le long des murs d’un de ces édifices sont inhumés de nombreux enfants, majoritairement des nouveau-nés.
Tous ces éléments prennent place entre le XIe et le XIVe siècle.
Les interventions menées de la place de Gaulle à la place de l’Étape constituent une véritable coupe à travers la ville médiévale. Au-delà des découvertes déjà citées, elles permettront de s’interroger sur la constitution et l’évolution d’un vaste espace urbain, comprenant à la fois la ville elle-même, ses systèmes de défense et ses abords immédiats.
Rue Jeanne d’Arc, les études portent sur des vestiges très divers : l’enceinte du IVe siècle, une portion de l’église Saint-Sulpice du IXe siècle et de son cimetière aux XIe-XVe siècles, des habitations, et peut-être également des bâtiments à vocation artisanale ou commerciale, qui longeaient des rues entre les XIe et XIXe siècles. Place Sainte-Croix, une vaste construction du haut Moyen Âge fait face à la cathédrale. On en ignore la fonction. Des fragments d’une rue monumentale, franchissant la porte Parisie, ouverte dans l’enceinte romaine et médiévale, ont également été observés. Enfin, de rares vestiges appartiennent probablement à l’Hôtel-Dieu de la fin du Moyen Âge.
Place de l’Étape, enfin, a été fouillée une partie d’un cimetière médiéval extra-muros, peut-être celui de la paroisse Saint-Michel. En son sein, des bâtiments sont construits, probablement à vocation religieuse. Le long des murs d’un de ces édifices sont inhumés de nombreux enfants, majoritairement des nouveau-nés.
Tous ces éléments prennent place entre le XIe et le XIVe siècle.
Les interventions menées de la place de Gaulle à la place de l’Étape constituent une véritable coupe à travers la ville médiévale. Au-delà des découvertes déjà citées, elles permettront de s’interroger sur la constitution et l’évolution d’un vaste espace urbain, comprenant à la fois la ville elle-même, ses systèmes de défense et ses abords immédiats.
Aménagement
Communauté d’agglomération Orléans Val-de-Loire
Coordinateur scientifique
Pascal Joyeux, Inrap
Contrôle scientifique
Service régional de l’archéologie (Drac Centre)

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Accès à une cave du XVIIe siècle. Sous lescalier et les murs de lédifice, on distingue les sépultures des Xe-XIIe siècles.© Pascal Juge, Inrap -
Sépulture, Xe-XIIe siècles. Cette femme a été inhumée au nord de la voie Orléans-Blois, peut-être dans un cimetière qui fait face à létablissement hospitalier.© Mathias Cunault, Inrap
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Édifice des XIIIe-XIVe siècles, probablement à vocation religieuse. Dun mur à lautre a été installé un carrelage en terre cuite. Les bandes sombres sans carrelage ont été détruites par linstallation de réseaux contemporains.
© Bruno Vanderhaegen, Inrap -
Sépultures denfants, XIIIe siècle (?). De nombreux enfants ont été inhumés le long des murs dun édifice médiéval. Ici, pendant la fouille, on distingue un enfant au centre, qui recoupe une sépulture antérieure (en haut), elle est recouverte par une nouvelle inhumation (en bas).© Ivy Thomson, Inrap -
Enceinte gallo-romaine rue Jeanne dArc. Le parement de la muraille du IVe siècle présente une alternance de rangs de briques et de rangs de moellons calcaires. A gauche, une cave (probablement moderne) sappuie sur les restes du mur antique.© Inrap
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Mur du IXe siècle, place Sainte-Croix, face à la cathédrale. On distingue an bas la fondation, plus large que lélévation, dont seuls deux rangs sont conservés ici.© Inrap -
Façade dune construction des XIIIe-XIVe siècles, probablement une maison (actuelle rue Jeanne dArc).© Inrap -
Place Sainte-Croix, fragments dune voûte appartenant à une des caves de lHôtel Dieu médiéval.© Inrap -
Place de Gaulle, vue générale du décapage initial (novembre 2009).© Thomas Guillemard, Inrap
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Coupe dans les vestiges antiques. A gauche, la rue gallo-romaine est construite sur un rang de grosses pierres calcaires. A droite, mur de clôture dune des parcelles antiques. Entre les deux se trouve un trottoir.© Maud Beurtheret, Inrap -
Vue dune des tours circulaires qui encadrent la porte Renard dans lenceinte des XIVe-XVe siècles.© Chhavy-Cyril Tan, Inrap -
Sous le tuyau de transport deau, sondage dans le fossé qui défend la porte Renard au XVe siècle.© Sébastien Lécuyer, Inrap -
Vue générale de la place de Gaulle. On aperçoit notamment sur la droite, une partie des réseaux (eau, assainissement ) qui recoupent les vestiges archéologiques. Au fond, les caves des maisons qui formaient la rive nord de la rue du Tabour avant le bombardement de 1940.© Thomas Guillemard, Inrap -
Place de Gaulle, un agent de lInrap et un pompier dans la nacelle du SDIS (service départemental dincendie et de secours) pendant les prises de vues générales du chantier.© Thomas Guillemard, Inrap

