Des stèles funéraires éduennes à Autun

Publié le 11 septembre 2009 · Mis à jour le 17 Février 2011
code opération : CB4000302
200 stèles funéraires, complètes ou fragmentaires, ont été découvertes à Autun en 2004 lors de la fouille d'une nécropole gallo-romaine. Leur quantité et la présence de nombre d'entre elles dans les fosses d'inhumation, disposées à plat sur les cercueils, confèrent à ce corpus une portée scientifique de premier ordre.

La nécropole

La nécropole s'étend au nord-est de la ville antique à environ 600 m de ses prestigieux remparts. La vocation funéraire du secteur était envisagée depuis le XIXe siècle grâce à la découverte de plusieurs stèles, mais il a fallu attendre un vaste projet immobilier engagé par la ville d'Autun pour que le véritable intérêt du site soit enfin révélé. Utilisée depuis la période augustéenne jusqu'au IIIe siècle de notre ère, la nécropole a livré environ 450 tombes dont des incinérations et une majorité d'inhumations.

Les stèles

79 stèles complètes, 1 autel et ont été dénombrés. Le nombre total de stèles est évalué à environ 200. Le répertoire iconographique se divise en deux types : les stèles à croissant surmontant un cartouche à queues d'aronde comprenant une épitaphe (20 cas) et les stèles figurées (64 cas) représentant des hommes, des femmes et parfois des couples et des enfants. En ce qui concerne la datation, les formulaires et l'iconographie incitent à placer tous ces textes dans la première moitié du IIe siècle de notre ère.

Comment ont disparu les stèles des Éduens ?

Les stèles sont toutes apparues en position secondaire : aucune ne fut retrouvée à sa place initiale au-dessus d'une tombe. La majorité d'entre elles a été rejetée dans des fossés et des fosses dépotoirs, mais un nombre non négligeable a été déposé à l'intérieur des fosses d'inhumations à plat au-dessus du cercueil, ce qui n'est pas sans poser des problèmes d'interprétation. Ce geste procède-t-il d'un acte rituel ou symbolique qui nous échappe ? Plusieurs hypothèses peuvent être avancées en guise d'explication, sans que l'une d'elle exclue forcément une autre.
 
L'acte rituel : le geste pourrait avoir une portée apotropaïque (qui détourne le danger, qui protège) ou relever d'une superstition (protection en faveur ou à l'encontre de l'âme du défunt).
La réouverture de la tombe : dans ce cas de figure, le dépôt résulterait d'une réutilisation de la tombe. Lors de la réouverture de la fosse, pour inhumer un membre de la même famille, les descendants du défunt auraient fait disparaître la stèle de l'aïeul en la déposant sur le cercueil de l'individu nouvellement enterré.
La stèle comme élément architectural de la tombe : elle constituerait un élément symbolique de couverture, tel le couvercle d'un sarcophage.
Le rejet fortuit : comme dans le cas des structures ayant servi de dépotoirs, nous serions en face d'un processus de rejet. Les stèles auraient été déposées dans les tombes pour des raisons pragmatiques, soit parce que les dépotoirs étaient déjà pleins, soit, par économie d'énergie et de temps, les fossoyeurs auraient trouvé plus aisé de les faire disparaître dans des sépultures implantées à proximité de celles tombées en désuétude.
 
Les questions sont multiples, les explications sujettes à caution et les interprétations toujours hasardeuses. Il faut maintenant attendre l'émergence d'exemples comparables pour tenter de saisir le véritable sens des faits archéologiques observés.

Aménagement

Projet immobilier ville d'Autun

Contrôle scientifique

Service régional de l'archéologie (Drac Bourgogne)

Responsable scientifique

Stéphane Venault, Inrap

Collaboration

Yannick Labaune (chargé des missions d'archéologie préventive ville d'Autun)
Simone Deyts (Université de Bourgogne) : étude iconographique
Yann Le Bohec (Paris IV- Sorbonne) : étude épigraphique

Dates d’intervention

Du 21/06 au 30/09/2004

Équipe de terrain

Estelle Belay, Christophe Besnier, Jean-Luc Broussard, Anne-Lise Bugnon, Serge Cordenod, Astrid Couilloud, Carole Fossurier, Philippe Gerbet, Régis Haverbeque, Laure Humbert, Yannick Labaune, Vincent Marchaisseau, Sylvie Mouton-Venault, Bernard Picandet, Nicolas Tisserand, Dominique Sordoillet, Bernadette Soum.

Voir l'album

  • Stèles découvertes déposées à plat dans des fosses d’inhumation.
    Stèles découvertes déposées à plat dans des fosses d’inhumation.
    © L. de Cargouët, Inrap
  • Stèles découvertes déposées à plat dans des fosses d’inhumation.
    Stèles découvertes déposées à plat dans des fosses d’inhumation.
    © L. de Cargouët, Inrap
  • Stèles découvertes dans des fosses dépotoirs.
    Stèles découvertes dans des fosses dépotoirs.
    © L. de Cargouët, Inrap
  • Fragment de stèle d’un artisan du métal : représentation d’une pince dans la main gauche
    Fragment de stèle d’un artisan du
    métal : représentation d’une pince dans la main gauche
    © L. de Cargouët, Inrap
  • Stèle d’un artisan du métal : la main droite tient un marteau à panne carrée. La main gauche se confond avec ce qui ressemble à une pince.
    Stèle d’un artisan du métal : la main droite tient un marteau à panne carrée. La main gauche se confond avec ce qui ressemble à une pince.
    © L. de Cargouët, Inrap
  • Homme tenant un marteau dans la main droite
    Homme tenant un marteau dans la main droite
    © L. de Cargouët, Inrap
  • La main droite, pouce, index et auriculaire tendus, présente un gobelet. La main gauche tient un outil dont le fer est posé sur le bord de la niche : marteau têtu de carrier  ?
    La main droite, pouce, index et auriculaire tendus, présente un gobelet. La main gauche tient un outil dont le fer est posé sur le bord de la niche : marteau têtu de carrier ?
    © L. de Cargouët, Inrap
  • La main droite, levée, présente un marteau mince à panne pointue; la main gauche est simplement repliée sur le vêtement. Sculpteur de pierre ou dinandier.
    La main droite, levée, présente un marteau mince à panne pointue; la main gauche est simplement repliée sur le vêtement. Sculpteur de pierre ou dinandier.
    © L. de Cargouët, Inrap
  • Autel avec au sommet deux coussinets qui encadrent une large cuvette. Inscription : « (Ci-gît) l'ouvrier tailleur de pierre Sacilus ».
    Autel avec au sommet deux coussinets qui encadrent une large cuvette. Inscription : « (Ci-gît) l'ouvrier tailleur de pierre Sacilus ».
    © L. de Cargouët, Inrap
  • Artisan du métal représenté en train de marteler un vase.
    Artisan du métal représenté en train de marteler un vase.
    © L. de Cargouët, Inrap
  • La main droite présente un gobelet tandis que la gauche tient un objet mince et  courbé : enclume mobile d’un artisan du métal ?
    La main droite présente un gobelet tandis que la gauche tient un objet mince et courbé : enclume mobile d’un artisan du métal ?
    © L. de Cargouët, Inrap
  • Personnage féminin. La main droite tient un gobelet, la main gauche une quenouille et son fuseau.
    Personnage féminin. La main droite tient un gobelet, la main gauche une quenouille et son fuseau.
    © L. de Cargouët, Inrap
  • Artisan du métal. La main droite, index pointé, tient un marteau à panne  carrée.  La main gauche, index pointé également, porte une pince du type pince à feu (celle-ci débordant  de l'esquisse du cadre inférieur de la niche).
    Artisan du métal. La main droite, index pointé, tient un marteau à panne carrée. La main gauche, index pointé également, porte une pince du type pince à feu (celle-ci débordant de l'esquisse du cadre inférieur de la niche).
    © L. de Cargouët, Inrap
  • La main droite présente un grand gobelet à pied ; La main gauche est fermée sur le manche d'un marteau à tête étroite et à panne longue et mince. Outil de ciseleur ou de sculpteur de pierre ?
    La main droite présente un grand gobelet à pied ; La main gauche est fermée sur le manche d'un marteau à tête étroite et à panne longue et mince. Outil de ciseleur ou de sculpteur de pierre ?
    © L. de Cargouët, Inrap
  • Personnage masculin. La main droite levée présente un gobelet ; la gauche tient un grand ciseau à larges lames plates qui peut être utilisé entre autres pour le travail de la laine. Inscription : « Aux dieux Mânes. (Ci-gît) Lollianus, fils de Domus. »
    Personnage masculin. La main droite levée présente un gobelet ; la gauche tient un grand ciseau à larges lames plates qui peut être utilisé entre autres pour le travail de la laine. Inscription : « Aux dieux Mânes. (Ci-gît) Lollianus, fils de Domus. »
    © L. de Cargouët, Inrap
  • Stèle féminine. Les mains, baissées, sont posées sur deux cruches à anses placées au bas de la niche.
    Stèle féminine. Les mains, baissées, sont posées sur deux cruches à anses placées au bas de la niche.
    © L. de Cargouët, Inrap
  • Stèle d’une jeune femme, nommée  Blanda . Ses mains tiennent un gobelet et un flacon en verre.
    Stèle d’une jeune femme, nommée “Blanda“. Ses mains tiennent un gobelet et un flacon en verre.
    © L. de Cargouët, Inrap
  • Stèle d’enfant, représenté comme c’est souvent le cas, avec un chien (vu de face en bas à sa droite) et un oiseau sur sa poitrine. Il tient en outre des tablettes de cire reliées par une lanière de cuir, ce qui indique son apprentissage de la lecture.
    Stèle d’enfant, représenté comme c’est souvent le cas, avec un chien (vu de face en bas à sa droite) et un oiseau sur sa poitrine. Il tient en outre des tablettes de cire reliées par une lanière de cuir, ce qui indique son apprentissage de la lecture.
    © L. de Cargouët, Inrap
  • Stèle de couple (rare à Autun). La femme présente un visage jeune, alors que l’homme aux cheveux clairsemés paraît plus âgé.
    Stèle de couple (rare à Autun). La femme présente un visage jeune, alors que l’homme aux cheveux clairsemés paraît plus âgé.
    © L. de Cargouët, Inrap
  • Stèle féminine, non figurée, comportant un fronton dans lequel s’inscrit un croissant.
    Stèle féminine, non figurée, comportant un fronton dans lequel s’inscrit un croissant.
    © L. de Cargouët, Inrap
  • Représentation naïve d’un grand visage.
    Représentation naïve d’un grand visage.
    © L. de Cargouët, Inrap
  • Stèle au croissant ornée d’une petite rosace entre ses branches. Dans le cartouche, le nom du défunt :  ARCUNUS  suivi du nom de son père  COTUBINUS .
    Stèle au croissant ornée d’une petite rosace entre ses branches. Dans le cartouche, le nom du défunt : “ARCUNUS“ suivi du nom de son père “COTUBINUS“.
    © L. de Cargouët, Inrap

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