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La Gazette des communes du 16 mai publie un entretien avec Jean-Paul Jacob

Publié le 24 mai 2011 · Mis à jour le 20 juin 2011
Partenaire médias des Journées nationales de l'Archéologie 2011, la Gazette des communes, des départements et des régions consacre, dans son édition du 16 mai 2011, sa rubrique "La semaine" à un entretien avec Jean-Paul Jacob.

Mobilisation pour la valorisation des fouilles

Organisées par l’Inrap sous l’égide du ministère de la Culture, les Journées de l’archéologie des 21 et 22  mai, intitulées «  De la fouille… au musée  », mobilisent associations, musées et archéologues pour quelque 600 initiatives en France. Objectif : faire du concept de « chaîne archéologique » une réalité tangible. Ce à quoi s’attachent tout au long de l’année l’Inrap et les services territoriaux, dans le cadre de leurs activités de médiation. « L’archéologie est présente partout sur le territoire, souligne Jean-Paul Jacob, président de l’institut. Dans certaines communes, c’est aussi l’une des rares occasions de voir la culture venir directement aux habitants. La valorisation d’une découverte importante permet à des petites collectivités de gagner en épaisseur historique et de fédérer la population. »

Archéozoom, pour remonter du lieu vers la connaissance

La plupart du temps, l’accès aux connaissances archéologiques se fait à partir d’une thématique, d’une époque, voire d’une région. Avec Archeozoom, les internautes pourront, accéder aux ressources documentaires disponibles précisément sur le lieu de leur choix.
Une offre rendue possible par le Géoportail de l’Institut géographique national (IGN) avec lequel l’Inrap a conclu un partenariat le 17 mars 2011. Le Géoportail propose une superposition de couches cartographiques relatives à toutes sortes de données d’intérêt public (surfaces forestières, réseaux haut-débit, de transports etc.). Grâce à des interfaces de programmation, il ouvre la voie à des développements sur des sites tiers.
L’Inrap a suggéré à l’IGN d’ajouter une couche archéologique pour géolocaliser les découvertes des dix dernières années et de les documenter avec des ressources multimédia (textes, images, vidéos). L’IGN a ainsi enrichi son portail d’un volet patrimonial essentiel, tandis que l’Inrap a doté son site d’un outil de géolocalisation. De quoi attirer vers le site de l’Inrap des internautes intéressés par l’histoire et l’archéologie.
Pour les collectivités et leurs services en charge de la médiation patrimoniale, il s’agit d’une mine pour animer la diffusion des connaissances archéologiques à l’échelle d’un territoire. Cet outil permet aussi « de percevoir le rôle essentiel de l’archéologie préventive dans l’aménagement du territoire et de visualiser la trame des interventions archéologiques à l’échelle de la France, des régions, des départements ou des communes », fait notamment valoir l’Inrap sur son site web.
Archeozoom a vocation à valoriser l’ensemble des découvertes, celles réalisées par l’Inrap, mais aussi celles que font d’autres opérateurs. A supposer que ces derniers adressent leurs rapports de fouilles à l’établissement public. « Attention, il ne faut pas confondre Archézoom avec la carte archéologique(*), prévient le président de l’Inrap, Jean-Paul Jacob. Premier distinguo : cet outil ne risque pas d’attirer les pilleurs d’objets archéologiques, puisque les informations mises en ligne concernent des sites déjà fouillés. Autre distinguo : il ne constitue pas pour les élus une aide à la décision lors d’un aménagement, rôle que peut remplir la carte archéologique.

* La carte archéologique, géré par le ministère de la culture, recense, au niveau cadastral, les sites et indices de sites connus, au moyen d'un système d'information géographique (SIG), couplé à la base de données « patriarche ». Elle est mise à jour avec les données issues de la bibliographie, des fouilles ainsi que des prospections pédestres, aériennes et géophysiques.

Références

Les ambiguïtés de la concurrence
La loi du 1er août 2003 donne aux aménageurs le droit de choisir leur opérateur de fouilles (Inrap, services territoriaux agréés, sociétés privées). Une concurrence voulue par l’Etat pour accroître les moyens d’intervention disponibles face au nombre de prescriptions émises par l’Etat.
La prestation de l’opérateur s’achève à la remise du rapport de fouilles à l’Etat et à l’aménageur. « A ce stade, il y a un malentendu sur le rôle de l’Inrap, car nous recevons assez peu de rapports de fouilles réalisées par les autres opérateurs », constate son président Jean-Paul Jacob. Après le temps de la concurrence vient celui de la recherche, où l’esprit de la collaboration scientifique doit jouer à plein. La documentation doit donc être transmise à l’Inrap, comme le prévoit la loi, pour être mise à la disposition de tout le monde. ».