Derniers résultats des campagnes de recherches archéologiques à Méobecq (Indre)

Publié le 7 février 2013 · Mis à jour le 11 décembre 2013
Suite au diagnostic archéologique réalisé en avril 2011 à Méobecq sur le bâtiment communément appelé « le café », situé le long de la route de Migné et voué à la démolition, le Service régional de l’archéologie (Drac Centre) a prescrit une campagne de fouille comprenant l'étude des élévations du bâtiment et un suivi des travaux de démolition, qui a été menée par l’Inrap.
© Victorine Mataouchek, Inrap
L’étude des élévations du café a été réalisée en juin 2012, après que les maçons de l’entreprise Jacquet aient enlevé les enduits en ciment. L’équipe archéologique, composée de deux personnes, a alors examiné toute la paroi de la façade et piqueté les enduits et les joints pour faire apparaître les différences de maçonneries. Cette fouille a permis de comprendre les différentes phases de construction de la façade du bâtiment et de faire des découvertes inattendues.
En effet, loin d’être homogène, la façade comprend notamment des éléments très anciens, apparus en partie basse, qui ont retenu toute l’attention des archéologues. Cette partie de la façade s’est révélée correspondre à une portion de l’enceinte de la basse-cour de l’abbaye. Contrairement à ce que l’on avait pensé jusqu’ici, l’enceinte de l’abbaye ne se prolongeait pas de l’autre côté de la route, mais tournait presque à angle droit en direction de l’église abbatiale. Cette découverte est donc totalement inédite.
La fouille a de plus montré que l’enceinte a connu quelques campagnes de réfection avant d’être en grande partie détruite, probablement lors des guerres de Religion, qui ont lourdement frappé l’abbaye.
C’est sur les vestiges de cette enceinte qu’a été construite la façade du bâtiment étudié, implanté dans l’angle que formait l’enceinte à cet endroit et ouvrant sur la rue aménagée le long de son ancien tracé. Il occupe la partie droite de la façade actuelle.
Dans un second temps le bâtiment a été agrandi vers l’ouest, au-delà du tracé de l’ancienne enceinte. On voit encore très nettement, sur la façade, l’accolement de l’extension contre le premier bâtiment.
Les derniers remaniements observés sur les élévations sont liés à la création de fenêtres et d’une porte au rez-de-chaussée, qui permettait sans doute d’accéder à l’ancien café, avant d’être à son tour en partie bouchée.

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  • Détail sur une archère canonnière, masquée sous les enduits en ciments récents et découverte pendant les travaux de démolition. 
    Détail sur une archère canonnière, masquée sous les enduits en ciments récents et découverte pendant les travaux de démolition. 
    © Victorine Mataouchek, Inrap
  • Façade de l'ancien café, en cours de démolition, sous surveillance archéologique.
    Façade de l'ancien café, en cours de démolition, sous surveillance archéologique.
    © Victorine Mataouchek, Inrap
  • Sondage dans la maçonnerie pour dégager l'angle de la courtine de la basse-cour, avant qu'elle ne soit masquée par l'adjonction d'un bâtiment.
    Sondage dans la maçonnerie pour dégager l'angle de la courtine de la basse-cour, avant qu'elle ne soit masquée par l'adjonction d'un bâtiment.
    © Victorine Mataouchek, Inrap
  • Exemple de stratification maçonnée avec en partie centrale, une reprise liée à la mise en place d'un encadrement d'ouverture, ultérieurement bouchée.
    Exemple de stratification maçonnée avec en partie centrale, une reprise liée à la mise en place d'un encadrement d'ouverture, ultérieurement bouchée.
    © Victorine Mataouchek, Inrap