Hommage à André Leroi-Gourhan (1911-1986)

le 10 décembre 2011
Dans le cadre de ses conférences « Hors les murs », le Musée de l’Homme, en partenariat avec la Société des Amis du Musée de l’Homme, vous convie à une journée de rencontres et de débats
Grand Amphithéâtre du Muséum
57 rue Cuvier
75005 Paris
Entrée libre, dans la limite des places disponibles.
André Leroi-Gourhan (1911-1986) est un savant singulier qui a marqué de son empreinte intellectuelle la seconde moitié du XXe siècle et continue à influencer l’ensemble de la communauté des préhistoriens. Un savant singulier par la diversité de ses domaines de recherche : il a renouvelé nos connaissances et notre manière de voir tant en paléontologie, qu’en ethnologie ou en préhistoire, que ce soit par son oeuvre ou par son enseignement, particulièrement sur le terrain.

Le Musée de l’Homme fut pour lui un lieu essentiel tout au long de sa vie professionnelle. C’est là qu’il apprend, dans les années 30, les fondements de la muséographie et de la technologie comparée, sous la direction de Paul Rivet, Georges-Henri Rivière et Anatole Levitsky. En 1937-39, il part en mission au Japon et en rapporte des milliers d’objets destinés à enrichir les collections du tout nouveau Musée de l’Homme, ouvert en 1938.

À la Libération, au retour de Paul Rivet, Leroi-Gourhan participe à la direction du Musée de 1946 à 1951. Il y développe alors le Centre de documentation et de recherche préhistorique (CDRP) et le Centre de formation et de recherche ethnologique (CFRE). Ces deux centres joueront pendant plusieurs décennies un rôle capital dans la formation de nouvelles générations de préhistoriens et d’ethnologues en France. C’est là aussi qu’il lance en 1948 le premier festival international du film ethnographique. Sa femme Arlette Leroi-Gourhan dirige également au Musée de l’Homme un laboratoire de palynologie de réputation internationale.
Enseignant à l’Université de Lyon en 1944 puis à la Sorbonne en 1956 et au Collège de France en 1969, il a toujours conservé un bureau au Musée, au département de technologie comparée monté avec Hélène Balfet, sa collaboratrice depuis 1946.

André Leroi-Gourhan a montré en quoi l’art paléolithique reflète la complexité sociale des peuples chasseurs en Europe glaciaire, d’il y a 35 à 10 000 ans. La publication en 1965 de La Préhistoire de l’art occidental fut un évènement scientifique et éditorial et le reste toujours grâce à la force de son interprétation originale de ces quelques milliers de peintures, dessins ou gravures, distribués de façon monumentale sur des parois rocheuses ou inscrits soigneusement sur des objets d’os ou de pierre.
Son analyse des images, de leurs emplacements dans les grottes, son décryptage des liaisons spatiales qu’elles entretiennent entre elles, lui font décrire des organisations symboliques codées, fondées sur une conception cosmologique. Pour André Leroi-Gourhan, l’art paléolithique éclaire, pour la première fois à l’échelle de l’évolution humaine, l’univers de sens.