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Marc Jarry
Personnel opérationnel, Inrap
Centre archéologique de Saint-Orens
marc.jarry@inrap.fr
MOTS CLÉS
Paléolithique, Mésolithique
Peuplement, occupation espace
Midi-Pyrénées
Public averti
Soutenance

Les groupes humains du Pléistocène moyen et supérieur en Midi toulousain : contextes, ressources et comportements entre Massif Central et Pyrénées

le 21 septembre 2010
La soutenance de Marc Jarry aura lieu le 21 septembre 2010 à 14h à l'Université de Toulouse le Mirail (salle à déterminer).

Mots-clés

Paléolithique, Acheuléen, Moustérien, technologie lithique, ressources, peuplements.

Résumé

Le Bassin garonnais est l'entité géomorphologique axiale de l'Aquitaine. Le Midi toulousain, correspondant à la moyenne vallée de la Garonne, a bénéficié, ces dernières années, d'un profond renouveau des données, grâce aux moyens et méthodes de l'archéologie préventive. De nouveaux sites et indices, surtout du Paléolithique inférieur et moyen ont ainsi pu être découverts et étudiés.
Les industries lithiques issues de ces opérations permettent de disposer maintenant de référentiels robustes, autorisant enfin des comparaisons de comportements des groupes humains pendant le Pléistocène moyen et supérieur. Ainsi, au cours de cette longue période, la sélection et la gestion des matières premières, abordées ici grâce à la mise en place d'un inventaire des contextes lithologiques, évoluent certes dans le sens d'une certaine diversification, mais les galets de quartzites restent les favoris des artisans préhistoriques. Concernant les méthodes de débitage, il a été noté, dans la durée, une certaine complexification de ces méthodes et modalités, avec l'apparition, bien que non systématique, du débitage Levallois à l'Acheuléen supérieur. Cette complexification s'accompagne d'une standardisation des productions. L'outillage "léger" est toujours indigent, et cela pourrait être imputé aux matières premières dominantes. Le façonnage est important durant l'Acheuléen moyen, plus rare à l'Acheuléen supérieur. Il revient ensuite discrètement avec le Moustérien, mais de manière beaucoup plus typée. Les bifaces et unifaces sont toujours majoritaires par rapport aux hachereaux, qui peuvent être très discrets.
Il a été démontré que les occupations sont implantées généralement au plus proche des rebords d'entailles des terrasses. La fonction déduite serait plutôt de type résidentiel multi-fonctionnel, associant les activités de débitage.
L'approche des contextes géomorphologiques, stratigraphiques ainsi que des premiers éléments de datations et leurs corrélations, permettent de proposer ici un premier schéma chrono-stratigraphique et chrono-culturel, qui inclut le Midi toulousain dans le contexte général de l'occupation de l'Europe. Ainsi, il est envisageable que l'occupation de la vallée de la Garonne par des groupes acheuléens ne soit pérenne qu'à partir du stade isotopique 12.
Il a pu être démontré l'absence presque totale d'occupations du Paléolithique supérieur et du Paléolithique moyen récent, en dehors de rares éléments correspondant à des améliorations climatiques ponctuelles. Nous en déduisons que les facteurs environnementaux, rudes pour les phases glaciaires, devaient rendre particulièrement inhospitalière la vallée de la Garonne, repoussant les populations préhistoriques dans les secteurs plus protégés qui encadrent la vallée (karst). Par projection, il est tout à fait envisageable que ce phénomène ait été le même lors des phases glaciaires antérieures. Ainsi, La vallée de la Garonne constituerait, alternativement, un pivot favorisant la circulation et une frontière limitant les contacts nord/sud, en fonction des conditions environnementales qui se sont succédé au cours des fluctuations climatiques du Pléistocène. L'archéologie de plein air révèlera petit à petit toute cette partie de la Préhistoire ancienne, qui ne doit donc pas se réduire aux occupations des phases de repli dans les zones karstiques.

Membres du jury

  • M. Michel Barbaza, Professeur à l'Université de Toulouse II (directeur de thèse)
  • M. Laurent Bruxelles, Chargé d'opérations et de recherches INRAP (examinateur)
  • M. Pascal Depaepe, Directeur Scientifique et Technique de l'INRAP (examinateur)
  • M. Jacques Jaubert, Professeur à l'Université de Bordeaux I (rapporteur)
  • M. Manuel Santonja, Centro Nacional de Investigación sobre la Evolución Humana (rapporteur)
  • M. Alain Turq, Conservateur du Patrimoine au Musée National de Préhistoire (examinateur)
Zoom:

École doctorale

Temps, Espace, Sociétés, Cultures (T.E.S.C.)

Unité de recherche

Travaux de Recherches en Archéologie, Cultures, Espaces, Société (TRACES)
UMR 5608 du CNRS