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Du nouveau sur les Aurignaciens du Trou de la Mère Clochette
Publié le 28 janvier 2011 · Mis à jour le 20 mai 2011
De 1905 à 1909, Julien Feuvrier, érudit dolois, entreprend de brèves fouilles dans une modeste cavité du Jura : la grotte du Trou de la Mère Clochette, à Rochefort-sur-Nenon. Le mobilier préhistorique exhumé est, depuis, conservé au musée des Beaux Arts de Dole. Aujourd’hui, trois chercheurs, dont Luc Jaccottey de l’Inrap viennent d’étudier à nouveau ce mobilier et de dater les niveaux les plus anciens de la grotte. Ceux-ci appartiennent au proto-Aurignacien, une culture qui caractérise les premiers hommes modernes, Homo Sapiens, en Europe occidentale. Ces résultats sont aujourd’hui publiés dans la revue internationale Journal of Archaeological Science.

Des fouilles vieilles d’un siècle : 37 jours pour 35 000 ans
Feuvrier a consacré 37 jours de fouilles à ce petit gisement de la rive droite du Doubs. Peu de publications en découlent. Il signale dans ses carnets et articles la découverte d’une stratigraphie épaisse de 1,70 m. Celle-ci se compose de trois couches. La première, noire et meuble, à poterie grossière ou vernissée est récente, la deuxième, jaune argileuse, est la plus intéressante puisque sa base, colorée d’oxydes de fer, contient du matériel préhistorique. Enfin, une couche blanche est stérile.
Plusieurs milliers de pièces lithiques et de l’outillage osseux sont collectés dans l’horizon ancien. Il s’agit de lamelles retouchées du type Dufour, de nucléus à lamelles, de six « pointes à base fendue » en bois de renne ou en ivoire. L’archéologue amateur attribue, en 1907, cette industrie à la culture magdalénienne (env. 17 000-11 000 avant notre ère), puisqu’il n’a pas encore connaissance des découvertes réalisées à Aurignac (Haute-Garonne), mettant en évidence la plus ancienne culture du paléolithique supérieur : l’Aurignacien.
Plusieurs milliers de pièces lithiques et de l’outillage osseux sont collectés dans l’horizon ancien. Il s’agit de lamelles retouchées du type Dufour, de nucléus à lamelles, de six « pointes à base fendue » en bois de renne ou en ivoire. L’archéologue amateur attribue, en 1907, cette industrie à la culture magdalénienne (env. 17 000-11 000 avant notre ère), puisqu’il n’a pas encore connaissance des découvertes réalisées à Aurignac (Haute-Garonne), mettant en évidence la plus ancienne culture du paléolithique supérieur : l’Aurignacien.
Les Aurignaciens de la Mère Clochette
Attribuées à l’Aurignacien, les industries du Trou de la Mère Clochette ont été étudiées par Carolyn Szmidt, Laurent Brou et Luc Jaccotey. Ce gisement fait désormais partie des rares sites, avec ceux des grottes du Renne et du Trilobite à Arcy-sur-Cure (Yonne) et quelques sites du sud de la Bourgogne, à témoigner d’occupations incontestablement aurignaciennes, dans le quart nord-est de la France.
Les préhistoriens perçoivent, surtout dans la technologie de l’industrie lithique, les prémices de cette culture aurignacienne : le « proto-Aurignacien » qui se développe en Méditerranée occidentale il y a 38 000 à 34 000 ans.
Pour obtenir des datations radiocarbone directes, deux fragments osseux ocrés, de « pointes à base fendue », objets caractéristiques de cette culture, ont été analysés par spectrométrie de masse par accélérateur à Oxford (Grande-Bretagne).
Si la première datation (environ 37 400 à 39 600 ans avant le présent), rentre dans la fourchette chronologique de l’Aurignacien ancien classique , l’autre, bien plus ancienne, s’en démarque nettement (environ 40 000 à 41 400 ans avant le présent). Ces deux datations sont désormais les plus anciennes obtenues pour des objets aurignaciens façonnés. Ces résultats donnent aussi un point d’ancrage de l’apparition de ces « pointes à base fendue » véritables « fossiles directeurs » de cette culture. Par ailleurs, cela montre l’importante capacité d’innovation technique des Aurignaciens. Ces nouvelles datations du Trou de la Mère Clochette, pourraient renouveler les modèles des préhistoriens à propos de l’émergence du «premier Aurignacien » en Europe occidentale.
Les préhistoriens perçoivent, surtout dans la technologie de l’industrie lithique, les prémices de cette culture aurignacienne : le « proto-Aurignacien » qui se développe en Méditerranée occidentale il y a 38 000 à 34 000 ans.
Pour obtenir des datations radiocarbone directes, deux fragments osseux ocrés, de « pointes à base fendue », objets caractéristiques de cette culture, ont été analysés par spectrométrie de masse par accélérateur à Oxford (Grande-Bretagne).
Si la première datation (environ 37 400 à 39 600 ans avant le présent), rentre dans la fourchette chronologique de l’Aurignacien ancien classique , l’autre, bien plus ancienne, s’en démarque nettement (environ 40 000 à 41 400 ans avant le présent). Ces deux datations sont désormais les plus anciennes obtenues pour des objets aurignaciens façonnés. Ces résultats donnent aussi un point d’ancrage de l’apparition de ces « pointes à base fendue » véritables « fossiles directeurs » de cette culture. Par ailleurs, cela montre l’importante capacité d’innovation technique des Aurignaciens. Ces nouvelles datations du Trou de la Mère Clochette, pourraient renouveler les modèles des préhistoriens à propos de l’émergence du «premier Aurignacien » en Europe occidentale.
Référence
Szmidt, C.C., Brou, L., Jaccottey, L. 2010. « Direct radiocarbon (AMS) dating of split-based points from the (Proto) Aurignacian of Trou de la Mère Clochette, Northeastern France. Implications for the characterization of the Aurignacian and the timing of technical innovations in Europe ». Journal of Archaeological Science 37 (12), 3320-3337.
Partenaires
Carolyn Szmidt, Archaeology Centre, University of Toronto (Canada)
Laurent Brou, Service d’archéologie préhistorique, Musée national d’Histoire et d’Art (Luxembourg)
Luc Jaccottey, Inrap et laboratoire de Chrono environnement UMR 6249
Laurent Brou, Service d’archéologie préhistorique, Musée national d’Histoire et d’Art (Luxembourg)
Luc Jaccottey, Inrap et laboratoire de Chrono environnement UMR 6249
Voir l'album
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Fouille du Trou de la Mère Clochette à Rochefort-sur-Nenon, mai 1906 (Julien Feuvrier est adossé au pilier au centre de la photo).Coll. Musée de Dole -
Le Trou de la Mère Clochette à Rochefort-sur-Nenon, cliché J. Feuvrier, 1909.Coll. Musée de Dole -
Vue de la vallée du Doubs depuis l’intérieur du Trou de la Mère Clochette à Rochefort-sur-Nenon, cliché J. Feuvrier 1909.Coll. Musée de Dole -
Plan de le Grotte du Trou de la Mère Clochette à Rochefort-sur-Nenon par J. Feuvrier.
Coll. Musée de Dole -
Restitution du plan des fouilles du Trou de la Mère Clochette à Rochefort-sur-Nenon par J. Feuvrier. En 1905, Julien Feuvrier débute ses fouilles au centre de la grotte, entre les deux piliers. Il fouille ensuite, le devant de la cavité (1906 et 1907), puis le fond (1908 et 1909).Del. L. Jaccottey, Inrap. -
Trou de la Mère Clochette. (Proto)-Aurignacien, nucléus à lamelles en « chaille » du Bajocien.
Coll. Musée de Dole, cl. L. Brou -
Trou de la Mère Clochette. (Proto)-Aurignacien, nucléus à lames en silex du Callovien.Coll. Musée de Dole, cl. L. Brou
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Trou de la Mère Clochette. (Proto)-Aurignacien, outils en « chaille » du Bajocien : grattoirs, burins, lames et éclats retouchés.
Coll. Musée de Dole, cl. L. Brou -
Trou de la Mère Clochette. (Proto)-Aurignacien, pointes à base fendue.
Coll. Musée de Dole, cl. L. Brou
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