Les monnaies irrégulières : fausses monnaies, imitations, monnaies de nécessité ?

Publié le jeudi 24 septembre 2009 · Mis à jour le mardi 6 octobre 2009
La base de la législation romaine sur le faux-monnayage est la lex Cornelia de falsa (81 av. J.-C.), qui considère la contrefaçon du monnayage d'argent comme un crime. Le châtiment réservé est la mort pour les esclaves et le bannissement pour les hommes libres. La loi évolue ensuite pour couvrir aussi la contrefaçon du monnayage de l'or, mais elle demeure mal connue pour le cuivre et ses alliages avant le IVe siècle.

Toutefois, en partant du principe que toute pièce susceptible de tromper son propriétaire sur sa valeur réelle ou son origine son origine est fausse, alors les antoniniensAntoninien
Pièce d’argent introduite par Caracalla à la fin de l’année 214 ; sa valeur est double de celle du denier, dont elle se distingue par la couronne radiée – constituée de rayons solaires – qu’y revêt l’effigie impériale. Elle devient l’espèce de référence pour la seconde moitié du IIIe siècle.
argentés en surface, frappés dans la décennie 260, le sont nécessairement puisqu'ils ressemblent parfaitement à ceux frappésFrappe
Technique permettant de produire des monnaies à partir de pastilles métalliques vierges (flans), dont les faces sont empreintes simultanément par la frappe d’une paire de coins monétaires.
à Trèves malgré une teneur en argent quatre ou cinq fois moindre. Il en va de même pour les deniersDenier
Monnaie en argent introduite sous la République romaine, entre 214 et 211 av. notre ère, initialement destinée à la solde des troupes et au salaire des fonctionnaires. Sa production officielle et sa circulation deviennent très épisodiques à l’issue du règne de Gordien III (238-244).
et antoniniens glossaire|145|coulés] qui reproduisent à l'identique et avec un aspect argenté très correct des prototypes officiels de bon aloi, tout en étant dépourvus de métal fin.

A contrario, les antoniniens de modules réduits, frappés après 274, voire certains bronzes à l'effigie de Postume, ne pouvaient tromper les usagers sur leur caractère non officiel du fait de leur module ou de leur iconographie parfois très fruste ; selon le critère précédemment énoncé, ces monnaies ne sauraient être qualifiées de fausses mais plutôt d'imitations

Dans certains cas, la production d'imitations (au final le terme le plus général) pouvait être une réponse à un approvisionnement insuffisant en monnaies officielles. Le terme de monnaie de nécessité est alors le plus adapté.
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