De l’archéologie de sauvetage à l’archéologie préventive

Publié le jeudi 24 septembre 2009 · Mis à jour le mardi 31 janvier 2012

Aménager le territoire, préserver notre histoire

En France, à chaque seconde qui passe, 20 m² de notre sol sont retournés par les lames des pelleteuses et des bulldozers – la surface d'un terrain de football toutes les 4 minutes. Au total, ce sont donc environ 70 000 hectares, ou 700 km², qui sont creusés chaque année afin de construire des routes, des autoroutes, des lignes de TGV, des logements, des usines, mais aussi pour agrandir des aéroports, extraire sables et graviers destinés au béton, modeler des terrains de golf, ou encore arracher des pieds de vigne, replanter des arbres, labourer à grande profondeur... Ces travaux sont cependant nécessaires à notre vie sociale et économique, du moins dans son organisation actuelle.

Mais ce sol de France est habité depuis au moins un demi-million d'années. Vingt mille générations s'y sont succédé et, il faut l'espérer, au moins autant d'autres vont suivre la nôtre. Chacune de ces générations s'est ancrée dans la terre, a construit ses habitations, d'abord simples tentes ou cabanes puis, depuis 7 500 ans déjà, maisons de terre et de pierre, mais aussi grands monuments bâtis à chaque fois pour durer, depuis les premiers dolmens jusqu'aux cathédrales, et des arènes romaines aux châteaux forts. Chaque génération, depuis 100 000 ans, a creusé ses tombes et, depuis 7 500 ans, travaillé le sol, modelé le paysage, tracé des chemins. De cette très longue histoire, nous sommes les descendants provisoires, en droite ligne, même si les populations n'ont cessé de se mêler sur notre territoire, ultime cap de l'Eurasie et aboutissement de toutes les migrations. Chaque parcelle du sol de France témoigne, d'une manière ou d'une autre, de cette histoire-là.

Et il y a donc, sous nos pieds, non pas des milliers ni même des centaines de milliers, mais – de la hutte préhistorique au palais romain, de la tombe gauloise aux blessures des guerres récentes – des millions de sites archéologiques.
Ce sont tous ces sites qui, chaque jour, chaque minute, presque chaque seconde, disparaissent sous nos yeux.
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