La lente naissance de l’archéologie préventive

Publié le jeudi 24 septembre 2009 · Mis à jour le mardi 8 novembre 2011
La conscience de l'urgence a été plus tardive en France qu'ailleurs. Les raisons en sont sans doute historiques. L'archéologie a aussi pour fonction d'exalter, pour chaque nation, le passé qu'elle souhaite se donner, réel ou imaginaire. En France, les racines de la culture des élites, celle qui faisait que l'on parlait français à la cour de Prusse ou de Russie, se trouvaient à Rome, en Grèce et au Proche-Orient.

C'est donc à Athènes, à Rome, au Caire ou à Beyrouth que furent très tôt créés de grands instituts de recherche archéologique, tandis que l'essentiel des fouilles sur le territoire national était laissé à ces archéologues « amateurs » ou bénévoles, médecins, prêtres ou instituteurs. Ce n'est que vers la fin des années 1970 qu'un mouvement se dessine dans le public, les « scandales » faisant petit à petit leur effet. Plus concrètement, les archéologues du ministère de la Culture sont désormais en mesure de demander aux aménageurs de participer, comme dans d'autres pays voisins, au coût des fouilles préalables et d'intégrer ces fouilles dans le calendrier de leur chantier. Ainsi naît l'« archéologie préventive » : les archéologues ne courent plus derrière les engins mécaniques, comme dans l'« archéologie de sauvetage », ils les précèdent désormais. (…)