Néolithique

Publié le lundi 6 septembre 2010 · Mis à jour le lundi 2 janvier 2012
Approches territoriales au Néolithique : chronologie, dynamiques d'implantations et nature des sites
Axe n° 2010-2 et 6 ateliers

1. Introduction

À l’heure actuelle, la recherche sur le Néolithique est contrastée selon les régions. La moitié nord de la France (Centre et Île-de-France, Nord- Picardie, Grand Est sud et nord, une grande partie de l’ouest de la France…) se caractérise par des données abondantes et variées, en particulier sur le Néolithique ancien et, dans une moindre mesure sur le Néolithique moyen. Néanmoins, dans ces régions un certain nombre de lacunes subsistent : rareté de la détection d’installations de la fin du Néolithique (sauf dans le Nord-Pas-de-Calais), corpus funéraires encore à développer, renforcement de la recherche sur les enceintes et les bâtiments du Néolithique moyen et de la fin du Néolithique.

Le Néolithique moyen et la fin du Néolithique sont bien connus au sud (Rhône-Alpes-Auvergne, Méditerranée, Grand Sud-Ouest) où l’habitat, les pratiques funéraires et les enceintes sont souvent représentés par des sites particulièrement bien conservés.

Mais les données restent encore dispersées et diversement réparties selon les régions. Dans cette partie du territoire national, ainsi que dans le sud de la Bourgogne et en Franche-Comté, la lacune la plus criante concerne le Néolithique ancien dont les données n’ont pas été significativement renouvelées en contexte préventif.

Cette situation contrastée est le résultat de plusieurs facteurs : au nord, l’existence d’équipes structurées et pluridisciplinaires, dont l’essentiel appartient à l’Inrap mais qui intègrent également des chercheurs de tous les horizons (CNRS, Culture, Université…), un réseau universitaire développé quoique centré autour de Paris, des politiques d’aménagement du territoire générant des prescriptions abondantes. Ailleurs, les chercheurs sont moins nombreux et si des équipes existent, elles sont encore à renforcer (Rhône-Alpes, Auvergne, Languedoc notamment). Enfin, des chercheurs restent parfois trop isolés (Grand Ouest pour partie, Grand Sud-Ouest qui compte néanmoins l’UMR Traces, Méditerranée…).

Cet axe, très large, se décline en ateliers qui consistent en autant de questions à documenter ou à analyser en fonction de la résolution des données selon les régions.

2. Implantations des sites au Néolithique ancien

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Pour le Néolithique ancien, la recherche est dynamique dans toute la moitié nord de la France mais l’état d’exploitation des données est divers. Les principales vallées du Bassin parisien (Seine, Marne, Aisne, Oise, Yonne…) et du Plateau lorrain (Moselle) ont fait l’objet de projets de recherche d’envergure (ACR sur le Néolithique ancien de la Marne, de l’Aisne, de la Lorraine, programme de publication des sites de la vallée de l’Oise). Dans ces régions, si le cadre chronoculturel est établi dans ses grandes lignes, certaines approches spécialisées (industries lithiques, formes de l’habitat, pratiques funéraires…), de même que des synthèses sur les dynamiques d’implantation, sont encore en chantier : Oise, Aisne, Lorraine… D’autres secteurs, où les données ne manquent pas, sont encore à étudier dans le détail : Champagne, région Centre (en particulier la vallée de l’Eure), Alsace, nord de la Bourgogne, Basse et Haute-Normandie. Néanmoins, dans ces régions septentrionales, la dynamique s’est surtout portée sur les vallées, créant un déséquilibre entre ces secteurs alluviaux et les zones de plateau qui commencent toutefois à être explorées depuis peu (plateau briard, notamment, à Marne-la-Vallée).

En revanche, au sud d’une ligne Besançon-La Rochelle, et dans l’extrémité ouest du territoire (Bretagne, Pays-de-la-Loire), le Néolithique ancien reste très discret en contexte préventif, même si quelques éléments ont pu être recueillis ces dernières années, notamment en Charente-Maritime, en Auvergne, en Rhône-Alpes, dans le Languedoc et en Paca mais aussi en Bretagne et Pays-de-la-Loire. Si, en Franche-Comté, en Méditerranée, en Auvergne et en Rhône-Alpes, le Néolithique ancien est par ailleurs connu grâce à des fouilles programmées, souvent en contexte de grottes ou d’abris, ou par des prospections thématiques (Alpes), le sud de la Bourgogne et la presque totalité de l’interrégion Grand Sud-Ouest (Aquitaine, Midi-Pyrénées, Limousin, Poitou-Charentes) constituent encore des zones peu ou pas documentées. À cela, plusieurs explications : difficultés de détection et de caractérisation des sites, formation des équipes, dispersion des spécialistes de la période mais également recherche historiquement focalisée sur d’autres thématiques (le mégalithisme, la fin du Néolithique…), politiques locales de développement économique, etc. En conclusion pour ces régions, si l’opportunité se présente de documenter le Néolithique ancien de « plein air », il conviendrait de la saisir, plusieurs des Cira concernées faisant cette recommandation.

Aussi pour le Néolithique ancien, et dans les régions et interrégions Rhône-Alpes–Auvergne, Grand Sud-Ouest, Grand Ouest, Bourgogne du sud et Franche-Comté, Méditerranée, les efforts doivent porter sur :
  • l’accentuation de la détection des sites ;
  • l’inventaire et la caractérisation des sites, à partir des données déjà disponibles.
Au nord, le niveau de résolution des données permet d’envisager des analyses plus poussées :
  • le classement typochronologique des différents sites, à l’échelle microrégionale, régionale ou suprarégionale ;
  • leurs interactions avec le cadre géographique et environnemental ;
  • la modélisation des implantations, la confirmation de la conquête des plateaux dès le Néolithique ancien et son impact ;
  • la caractérisation de l’architecture et son évolution ;
  • la poursuite de la définition des aspects typologiques et technologiques des cultures matérielles ;
  • la définition des données économiques locales, régionales et des réseaux d’échange.
Parallèlement, il est souhaitable de développer des programmes de publications monographiques de sites, programmes déjà engagés dans certaines régions (Marne, Oise, Yonne…).

3. Installations et enceintes du Néolithique moyen à la fin du Néolithique : inventaire, bilan chronologie, fonction

Atelier 2010-2-2

Pour le Néolithique moyen, la progression des connaissances ces dernières années a bénéficié de la reprise de la fouille de sites d’enceintes, notamment dans le nord de la France, en Champagne-Ardenne et en région Centre, recherche un peu tombée en désuétude depuis le milieu des années 1980. Parmi les nouveautés, on notera également, en Pays-de-la-Loire et en Poitou-Charentes, la découverte de plusieurs enceintes de la fin du Néolithique. Ces données permettent de renouveler les connaissances sur les IVe et IIIe millénaires et de relancer les problématiques sur les fonctions de ces sites.

Mais dans la perspective des approches territoriales qui fédèrent cet axe, d’autres types d’installations doivent rentrer en ligne de compte : habitats ouverts, occupations domestiques variées, etc. dans l’objectif de reconsidérer les dynamiques de peuplements à ces périodes et de cerner le rôle des enceintes dans ces dynamiques. Ainsi, dans le sud-est de la France en particulier, de multiples opérations de fouilles préventives ont montré la présence de petites implantations du Néolithique moyen, caractérisées par quelques fosses, parfois des structures de combustion. Par ailleurs, plusieurs habitats de plaine ont été mis en évidence pour la fin du Néolithique qui complètent les données acquises sur les groupes de Ferrières et de Fontbouisse lors de nombreuses fouilles programmées.

Ainsi, les priorités de cet atelier porteront sur :
  • une cartographie raisonnée des installations du Néolithique moyen et du Néolithique final, dans les régions où ce type d’approche est possible (Nord-Pas-de-Calais, Languedoc, Rhône-Alpes, Auvergne, Normandie, Centre, etc.) ;
  • l’étude et l’analyse des enceintes, dans toutes leurs composantes ;
  • l’affinement des référentiels chronoculturels du Néolithique moyen à la fin du Néolithique ;
  • la publication des sites.

4. La maison néolithique

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Cette question reste, pour le Néolithique ancien cardial, pour le Néolithique moyen mais aussi pour le Néolithique final dans une moindre mesure, une grande interrogation. Pour le Néolithique moyen, sauf en régions Rhône-Alpes, Auvergne et Champagne-Ardenne, les caractéristiques architecturales des bâtiments restent encore mal connues (quelques éléments sont toutefois représentés en Basse-Normandie, en Pays-de-la-Loire, à Paris), seules diverses fosses et structures, isolées ou non, documentent la question des implantations domestiques. Pour la fin du Néolithique, ces dernières années, l’archéologie préventive et programmée a permis la découverte de sites de première importance pour le Néolithique récent et final, aussi bien en Grand Sud-Ouest que dans le Bassin parisien, dans l’Est… L’identification des maisons uniquement construites en terre (pisé, adobe…) constitue également une problématique forte de l’archéologie préventive. Si un premier bilan de ces découvertes peut d’ores et déjà être dressé, la détection des bâtiments, au sein ou à l’extérieur des enceintes, doit constituer une priorité. Il y a fort à parier que ces prochaines années apporteront de nouvelles découvertes, en particulier si on prend le soin de privilégier la recherche sur les fonds de vallée susceptibles d’accueillir ces implantations. On doit en priorité :
  • accentuer la détection des bâtiments du Néolithique ancien cardial, du Néolithique moyen et de la fin du Néolithique dans toute la moitié nord ;
  • augmenter et analyser les corpus disponibles, notamment pour le Néolithique moyen.  

5. Les sites néolithiques à structures à pierres chauffantes : chronologie, fonction, fonctionnement

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Cet atelier, englobant le Néolithique ancien et moyen, porte sur les sites comportant des structures à pierres chauffantes. Des ensembles importants ont été reconnus ces dernières années, notamment en Auvergne mais également en Pays-de-la-Loire et en Bretagne. Ces découvertes montrent que ce type de structures, emblématiques du Chasséen garonnais, existe en d’autres lieux et, pour certains, dès le Néolithique ancien. Une analyse globale des sites présentant ces structures peut s’envisager.

6. Production, circulation, fonction des outillages néolithiques

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Cet aspect n’est pas centré uniquement sur les sites de productions minières et leur rayonnement, même si ces derniers constituent un élément important de cet atelier en raison de la découverte, ces dernières années de plusieurs sites et indices en Basse-Normandie, en région Centre, ou encore dans les Vosges. Il est étendu à tous types d’outillages et vise à en établir leurs modes de productions, leurs fonctions, leurs circulations : matériel de mouture, notamment en grès, outils en matière dure animale, en terre cuite et, évidemment, en roches diverses. Il devra intégrer :
  • la caractérisation des matières premières et leur origine ;
  • les chaînes de production des outillages depuis l’acquisition des matières premières jusqu’au produit fini ;
  • les utilisations des outils jusqu’à leur mise au rebut ;
  • l’évolution de ces modalités au cours du Néolithique.

7. Nouvelles données sur le mégalithisme atlantique

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Depuis peu, on constate une recrudescence des approches du mégalithisme atlantique avec la fouille de sites en Bretagne et en Normandie. Longtemps abordée par les fouilles programmées, cette thématique pourrait se voir renouvelée par le lancement d’un programme de publications monographiques dès que les rapports correspondant auront été remis et validés.

8. Publications

Pour finir sur le Néolithique, la publication monographique de sites funéraires, devrait également s’engager, si toutefois les rapports sont remis. Dans ce domaine, le Bassin parisien au sens large fait figure de parent pauvre, les données funéraires restent encore limitées, les corpus sont donc à renforcer.

Contacts

Anne Augereau
Direction scientifique et technique, Inrap
Directrice scientifique et technique adjointe
Tél. 01 40 08 80 41
anne.augereau@inrap.fr

Mark Guillon
Direction scientifique et technique, Inrap
Service programmation
Tél. 01 40 08 81 32
mark.guillon@inrap.fr