Protohistoire

Publié le mardi 7 septembre 2010 · Mis à jour le lundi 2 janvier 2012
2 axes de recherche et 4 ateliers

1. Généralités

La Protohistoire est entendue ici comme synonyme des âges des Métaux. En effet, les données collectées en régions montrent que le découpage traditionnel entre les grandes entités chronoculturelles basé sur la culture matérielle ne fonctionne pas face aux réalités du terrain et à la durée d’occupation des sites. La situation selon les périodes chronologiques est très disparate sur le territoire national. Ainsi, mises à part dans quelques régions, les découvertes et les opérations de fouilles sur les périodes du Bronze ancien et moyen sont assez rares au niveau national ; la recherche sur ces périodes est donc assez lacunaire. Cet état de fait tient très certainement à la difficulté de détecter des vestiges de ces périodes et de reconnaître des marqueurs chronologiques. Généralement, les structures qui leur sont attribuées sont isolées et mal caractérisées et explique le déficit de prescription de fouille sur ces périodes anciennes dont la très grande majorité des ensembles provient de diagnostics. On note toutefois quelques exceptions, en Bretagne, dans les Pays-de-la-Loire et en Rhône-Alpes–Auvergne. Ainsi, des habitats et des nécropoles de ces périodes ont été fouillés dans ces régions, même si on constate encore une nette sous représentation du Bronze ancien. Aussi, l’accent devra être mis au niveau national sur la détection et la caractérisation de sites de ces périodes anciennes de la Protohistoire, afin d’augmenter la documentation disponible. Il faudra également soutenir les projets de publications des sites afin de permettre l’émergence de projets de recherches fédérateurs.

À partir du Bronze final, la documentation devient plus importante permettant une recherche très active, même si le nombre de publications n’est pas encore complètement satisfaisant. On note un réel regain d’intérêt et l’amorce d’une dynamique sur le plan national concernant le passage entre le Bronze final et le premier âge du Fer. Toutes les régions sont concernées par ces découvertes, à l’exception de l’Aquitaine, du Limousin, et plus généralement du sud de la France où, après la fouille de sites importants dans les années 1980 et 1990, les découvertes récentes sont plus rares. Si l’opportunité se présente, il faudrait la saisir afin de mieux documenter l’âge du Bronze et le premier âge du Fer dans ces régions.

Sauf en Nord–Picardie, où les sites de la fin de l’âge du Bronze se font toujours attendre, le constat est tout autre en Centre Est et dans la moitié nord de la France ; ces dernières années, l’archéologie préventive a mis au jour d’importants sites de la fin de l’âge du Bronze et du début du premier âge du Fer qui renouvellent en grande partie nos connaissances sur ces périodes, notamment du point de vue de l’occupation des sols ainsi que de celui des formes et de la structuration de l’habitat.

Globalement, l’ensemble des régions a livré ces dernières années un très grand nombre de sites des âges du Fer. L’archéologie préventive commence à « toucher » des occupations qui, jusqu’à maintenant, étaient principalement abordées en fouilles programmées, telles que des habitats de hauteur fortifiés, du premier et second âge du Fer en Pays-de-la-Loire et en Poitou-Charentes, ou encore les opérations récentes sur l’Auvergne. En revanche, les lieux de cultes du second âge du Fer, malgré quelques découvertes récentes, sont encore rarement abordés par l’archéologie préventive, mis à part les fouilles des sanctuaires de Saint-Just en Picardie et de Bessines en Poitou-Charentes. Aussi manque-t-on généralement de données pour réaliser des études territoriales prenant en compte l’ensemble des types de sites.

Toutes ces opérations ont livré beaucoup de mobilier. Des études sur la culture matérielle peuvent être engagées avec pour objectifs la réalisation de référentiels typochronologiques régionaux, céramique ou métallique, la caractérisation de faciès culturels régionaux et suprarégionaux, la production et la diffusion des objets. On constate un regain d’intérêt pour l’analyse des mobiliers assortie d’une volonté de mettre en commun, de confronter les apports des différents mobiliers dans le cadre de véritables analyses intégrées de l’ensemble des vestiges. Évidemment, les problématiques sur le domaine funéraire sont également bien présentes dans toutes les régions, et très centrées sur les gestes et les pratiques funéraires, mais également sur l’analyse des mobiliers. Cependant, pour ce dernier aspect, c’est seulement la valeur chronologique et culturelle des mobiliers qui est considérée alors que l’étude de leur implication dans les pratiques rituelles pourrait être renforcée et développée.

C’est à partir de ces constatations qu’ont été définis les deux axes de recherches portant spécifiquement sur les âges des Métaux.

2. Organisation des territoires aux âges des Métaux : implications sociales, économiques, culturelles et mutations des sociétés (axe 2010-3)

Cet axe propose d’aborder la notion d’occupation des sols aux âges de Métaux, c’est-à-dire, à l’âge du Bronze et aux âges du Fer, avec un accent sur la définition de territoire à différentes échelles : l’établissement rural, le village, l’agglomération ou encore des entités politiques ou culturelles plus larges, qui restent bien souvent à définir, ou à préciser.

Sur la base des travaux élaborés dans le cadre des axes de la programmation 2006-2009, et des nombreuses découvertes de l’archéologie préventive de ces dernières années, il est maintenant possible d’aborder ces notions dans différentes régions et à différentes périodes. Ainsi, les analyses des grands sites d’habitats de la fin de l’âge du Bronze et du premier âge du Fer découverts dans l’est pourront alimenter cet axe, ainsi que tous les projets portant sur les phénomènes de proto-urbanisation. Pour les régions plus méridionales, il conviendra dans un premier temps de construire des projets collectifs visant à réaliser un état des connaissances et des données disponibles, très certainement en se rapprochant d’avantages des UMR.

Un autre point important est l’analyse comparative de la structuration des différents territoires. Bien évidemment, cela n’est pas encore envisageable pour toutes les régions, ni pour toutes les périodes, mais sur la base des premiers résultats de l’enquête nationale sur les habitats ruraux au second âge du Fer, il est possible de commencer cette démarche en ce qui concerne l’organisation des campagnes celtiques.

Les projets déposés dans le cadre de cet axe pourront donc porter sur des questions ou des périodes précises, mais également s’étendre à des champs d’investigations plus vastes, surtout pour ce qui concerne les mutations des sociétés induites par l’évolution des territoires.

Selon l’état documentaire des différentes régions et des différentes périodes archéologiques, il conviendra soit de déposer des projets à long terme, dont l’objectif premier sera de recueillir et d’homogénéiser les données, soit des projets à plus court terme, dont l’objectif sera l’exploitation des données. Mais en tout état de cause, l’intention finale de tout projet sera d’interpréter les données en tant que révélatrices de phénomènes sociaux, économiques et culturels. Ainsi, pour l’âge du Bronze ancien et moyen, les données étant très disparates, il conviendra dans un premier temps de réaliser des bilans documentaires permettant de concaténer les données exploitables. Pour ce faire, cet axe a été scindé en deux ateliers, afin de permettre dans un premier temps un affichage clair des différentes thématiques et la production de travaux spécifiques. À termes, ces deux ateliers doivent être perméables, afin de réaliser des synthèses globales sur l’organisation des territoires aux âges des Métaux et les évolutions des sociétés.  

2.1. Occupation des sols et formes de l’habitat

Atelier 2010-3-1

Cet atelier doit permettre le développement de programmes relatifs à l’organisation des territoires, à la compréhension des réseaux de sites, aux différentes formes de l’habitat, à l’architecture, à l’agriculture, aux sanctuaires et à la place des nécropoles dans le territoire. C’est dans cet atelier aussi que pourront être développés les projets sur les phénomènes de polarisation de l’habitat et l’émergence d’agglomérations.

Ainsi, les projets anciennement déposés dans le cadre des axes 2006-3 (L’occupation du sol à l’âge du Bronze et au début du premier âge du Fer) et 2006-4 (Organisation des territoires ruraux à la fin du premier et au second âge du Fer), y trouvent naturellement leur place.

2.2. Pratiques funéraires et sociétés (architectures funéraires, paléoanthropologie, diversité et évolution des modes de sépultures)

Atelier 2010-3-2

Cet atelier est voué aux projets d’archéologie funéraire des âges des Métaux, dans le sens où ils éclairent les évolutions des sociétés. Par contre, tout ce qui concerne la place des nécropoles dans les territoires devra nécessairement être en lien, où directement rattaché, à l’atelier 2010-1. Les projets de publications monographiques de sites majeurs pour ces problématiques seront encouragés avant tout essai de synthèse générale, surtout en ce qui concerne les gisements funéraires et les importants sites d’habitat.

2. Production, diffusion et culture matérielle aux âges des Métaux (axe 2010-4)

Cet axe propose d’aborder les notions de production et d’acquisition des matières premières, leur transformation et leur diffusion, ainsi que la culture matérielle entendue ici comme marqueur d’échanges et de savoirs techniques. Les aspects purement typo-chronologiques sont traités dans le cadre de l’axe « Développement de référentiels chrono-typologiques des mobiliers », qui est maintenu. Ainsi, pourront être développés ici toutes les recherches sur les ateliers (organisation, caractérisation des productions, etc.) quelque soit leur nature, les modes de productions agricoles, les techniques d’extractions et de transformations des métaux, ainsi que l’implication de ces activités dans l’organisation de la société et leur impact sur l’environnement naturel.

La nature des projets sera nécessairement diverse selon les régions et les périodes abordées. Ainsi, une abondante documentation existe pour Grand Est et pour la côte Atlantique et l’Auvergne. Pour les régions plus méridionales et les périodes plus anciennes, l’effort devra porter sur des projets visant à faire l’état des données disponibles, afin de permettre par la suite leur exploitation dans des programmes plus ambitieux.

Ainsi, cet axe sera organisé en deux ateliers spécifiques.

2.1. Acquisition, transformation et diffusion des productions (agro-pastorales comprises)

Atelier 2010-4-1

Cet atelier, particulièrement technique, est dédié aux modes d’acquisition des matières premières, leur transformation (techniques de mise en forme, organisation des ateliers, chaînes opératoires, etc.) et leur diffusion (réseaux d’échanges, aires de diffusion, etc.).  

2.2. Organisation des productions, impacts socio-économiques et environnementaux

Atelier 2010-4- 2

Cet atelier vise spécifiquement à analyser les différentes formes d’organisation des productions selon les territoires et les périodes chronologiques considérées, afin de caractériser les phénomènes socio-économiques sous-jacents à tel ou tel mode de production (cause, ou conséquence). Les impacts environnementaux de ces modes de production sont à étudier dans de réels projets interdisciplinaires, voire inter-institutionnels, afin de caractériser à court, moyen et long termes leurs conséquences sur l’environnement (paléo-pollution, anthropisation/modification du milieu et ces conséquences) et les implications que ces modifications ont eu sur l’homme (développement de maladies spécifiques, changements d’organisation sociales/territoriales, etc.).

3. Publications

Les projets de publications monographiques de sites majeurs pour ces problématiques seront fortement encouragés avant tout essai de synthèse générale, surtout en ce qui concerne les sites renseignant tout ou partie des aspects de la chaîne opératoire d’une production spécifique.

Contacts

Anne Augereau
Direction scientifique et technique, Inrap
Directrice scientifique et technique adjointe
Tél. 01 40 08 80 41
anne.augereau@inrap.fr

Mark Guillon
Direction scientifique et technique, Inrap
Service programmation
Tél. 01 40 08 81 32
mark.guillon@inrap.fr