Programmation scientifique nationale

Publié le mercredi 16 décembre 2009 · Mis à jour le lundi 25 octobre 2010

1. Les axes de recherche en cours

Les axes thématiques de recherche propres à l'établissement ont été validés en 2006 par le conseil scientifique. Ils complètent les thématiques déjà abordées dans le cadre des actions collectives de recherche (ACR), des projets collectifs de recherche (PCR) et des aides à la préparation de publication (APP) et s'articulent avec les programmes développés au sein des UMR et sont évidemment ouverts à l'ensemble des acteurs de la recherche archéologique (CNRS, enseignement supérieur, Ministère de la culture, services archéologiques de collectivité). Ils se scindent en deux catégories principales, selon l'échelle d'analyse :
  • Les enquêtes nationales correspondent à des commandes de la Direction scientifique et technique, destinées à établir les avancées de la recherche dans certains domaines d'étude selon des choix et une méthodologie définie collectivement.
  • Les axes de recherche collective concernent des territoires ou des thématiques plus restreints. Ils doivent répondre à des appels à projets émis chaque année par la Direction scientifique et technique. À terme, un grand nombre de domaines d'études devrait donc être couvert par les projets de ce type.
Trois enquêtes nationales sont actuellement en cours et se poursuivront en 2010 :
  • L'organisation et l'évolution du territoire rural au second âge du Fer (responsables : Gertrude Blancquaert, François Malrain) ;
  • L'occupation du sol à l'âge du Bronze et au début du premier âge du Fer (responsables : Laurent Carozza, Cyril Marcigny et Marc Talon) ;
  • État de la connaissance sur l'archéologie funéraire sur le territoire national (responsable : Mark Guillon). À cette enquête seront dorénavant reliées les différentes recherches collectives en cours sur les pratiques funéraires même si ces dernières peuvent continuer à fonctionner de manière autonome.
Ces enquêtes nationales, en cours d'élaboration pour certaines, sont l'occasion d'une réflexion approfondie concernant certains aspects du portail scientifique de l'Inrap sur lequel leurs résultats seront accessibles sous la forme de bases de données.

Afin de permettre aux projets en cours d'aboutir dans de bonnes conditions au sein de l'enveloppe de moyens impartis, il a été décidé de ne pas initier en 2009 et 2010 de nouveaux axes de recherche. Ces axes ont été présentés au Conseil national de la recherche archéologique (CNRA) afin que celui-ci puisse les intégrer à une réflexion plus générale sur la programmation scientifique et ainsi assurer la cohérence de la recherche archéologique nationale. Bien entendu, l'Inrap est attentif aux souhaits que cette instance pourrait émettre.

Définis en concertation avec le conseil scientifique en 2006, puis abondés en 2007 et 2008, les axes de recherche collective en 2010 seront les suivants :
  • Axe n° 06-1 –  Le Paléolithique inférieur et moyen : synthèse des données issues de fouilles récentes et comparaisons sud-ouest/nord-ouest.
  • Axe n° 06-2 – Approches territoriales du Néolithique ancien et moyen : chronologie, dynamiques d'implantations et nature des sites.
  • Axe n° 07-2 – La fin du Néolithique aux pourtours du Bassin parisien
  • Axe n° 07-8 – L'évolution des terroirs, au travers des opérations de grande ampleur
  • Axe n° 07-7 – La production et le travail du Fer
  • Axe n° 06- 7 – L'espace urbain et ses composantes.
  • Axe n° 07-9 –  Le plateau des Guyanes et les Petites Antilles : processus de peuplement et diffusions de la culture matérielle
  • Axe n° 08-10 – Développement de référentiels chrono-typologiques des mobiliers, pour les périodes allant de l'âge du Bronze à la période moderne
L'axe n° 06-1 verra sa conclusion en 2010, par la publication sous diverses formes des résultats acquis. Il conviendra de proposer pour 2011 un axe remplaçant celui-ci, avec une orientation sur les périodes anciennes. Le conseil scientifique aura à se prononcer sur sa définition lors d'une session du printemps 2010.

2. Une programmation à long terme

L'idée d'une programmation des projets d'activité scientifique (PAS) sur plusieurs années (3 à 5 ans) a été validée par le conseil scientifique fin 2005. Ce dernier a proposé de tester ce principe à partir de 2006 sur les axes de recherche dont il est question dans le chapitre précédent. Après trois ans d'exercice, l'année 2010 sera donc celle du bilan de ces axes de recherche thématiques 2006-2009. Parallèlement, il est nécessaire de réfléchir, avec le conseil scientifique, à une nouvelle programmation selon un terme à préciser. L'objectif est de définir des axes de recherche prioritaires au plan national qui, notamment, serviront de cadre aux projets d'activités scientifiques. Pour ce faire, il conviendra de travailler à partir de la matière fournie depuis 2005 par les équipes Inrap par l'intermédiaire des adjoints scientifique et technique (AST), sans doute à compléter et à actualiser, des bilans quadriennaux de la commission interrégionale de la recherche archéologique (CIRA) et des recommandations de celles-ci, seuls organes ayant une vision d'ensemble de l'activité archéologique d'une région et d'une interrégion. Un document préparatoire pourra ainsi être produit, à soumettre à l'avis du conseil scientifique fin 2010, si possible en liaison avec le CNRA qui devrait être en mesure de réaliser la synthèse des bilans quadriennaux des CIRA.

La question d'une programmation scientifique des activités de fouilles doit également se poser[1]. Il s'agira de déterminer comment les opérations de terrain peuvent répondre aux grands questionnements de la recherche archéologique et participent à l'évolution et au renouvellement des connaissances. L'objectif est que l'Inrap devienne force de proposition auprès des services de l'état et des instances d'évaluation de la recherche. Pour participer à cette programmation (telle que préconisée par la circulaire de la Direction de l'architecture et du patrimoine de juin 2004), l'Inrap mobilisera plus fortement encore une partie de ses moyens pour l'élaboration de bilans scientifiques participant aux bilans régionaux et nationaux élaborés avec l'ensemble des partenaires. Notamment, les résultats des enquêtes nationales et des axes de recherche collective pourront être mis à la disposition de la communauté archéologique pour alimenter ces bilans.

La programmation de ses actions scientifiques et opérationnelles est pour l'Inrap un enjeu majeur, afin de gérer au mieux son activité et d'anticiper l'allocation de ses moyens humains et financiers sur le territoire. La programmation doit également permettre d'orienter la politique de recrutement, de formation continue et de dotations en matériels ainsi que les veilles technologiques et méthodologiques. C'est aussi une condition de la stabilisation de la situation de l'Inrap, un moyen de se projeter dans l'avenir et d'atteindre ses objectifs scientifiques et culturels.

Note

[1] En 1995, le CNRA soulignait la nécessité de cette programmation dans son bilan « La recherche archéologique en France. Bilan 1990-1994 et programmation du CNRA ». Elle a été reprise dans le cadre du projet d'établissement, voté par le conseil d'administration le 17 novembre 2004 sur avis du conseil scientifique.