Parville

Publié le vendredi 25 septembre 2009 · Mis à jour le mardi 6 octobre 2009
Puissant habitat gaulois et gallo-romain, le site de Parville fut occupé du Ier siècle avant notre ère au IVe siècle. Il se situe à faible distance de la ville antique d'Evreux (Mediolanum Aulercorum).
Lors de la sa fouille en 2006, une « ferme indigène » gauloise a été identifiée, qui comprend, au sein d'un vaste enclos, des bâtiments domestiques et agricoles et un espace agraire aux alentours.

Sur ce vaste chantier, plusieurs monnaies gauloises et un dépôt monétaire antique ont été découverts. Ce dépôt de 100 monnaies en alliage cuivreux comprend un premier ensemble de 78 doubles sestercesDouble sesterce
Monnaie en alliage cuivreux créée puis abandonnée pendant le règne de Trajan Dèce (249-251). Sa réintroduction par l’empereur « gaulois » Postume (260-269) est un échec car le poids de l’espèce, double de celui du sesterce sous Trajan Dèce, lui devient identique sous Postume. Sa production officielle s’arrête rapidement en 262.
 à l'effigie de l'empereur « gaulois » Postume, qui a régné sur les provinces de Gaule, de Germanie, de Britannie, d'Hispanie et de Lusitanie entre 260 et 269. On y relève la présence de seulement cinq exemplaires officiels, frappés dans l'atelier de Trèves. Tous les autres sont des imitations, dont un nombre conséquent, 34 au moins, a été produite par une très importante officine de faux-monnayeurs, dénommée « atelier II » par les numismates, et dont la localisation prête encore à discussions.

Les imitations, toutes origines confondues, sont majoritairement frappéesFrappe
Technique permettant de produire des monnaies à partir de pastilles métalliques vierges (flans), dont les faces sont empreintes simultanément par la frappe d’une paire de coins monétaires.
. Toutefois, 21 ont été couléesCoulage
Technique permettant de dupliquer des monnaies en coulant du métal dans des moules (en argile généralement), préalablement empreints par les monnaies prototypes à reproduire.
dans des moules en argile et reproduisent ainsi, à l'identique, aussi bien des prototypes officiels que des imitations (des faux de faux en quelque sorte !).

On note également la présence de quatre monnaies du Haut Empire surfrappéesSurfrappe
Action de refrapper, ponctuellement ou sur toute sa surface, une face – voire les deux – d’une monnaie.
, avec des coinsCoins monétaires
Matrices gravées en creux et en miroir, dont la frappe permet d’empreindre en relief les flans monétaires. Dans le cas d’une frappe manuelle, l’un des coins est mobile, tenu en main par le monnayeur (coin de trousseau), et l’autre dormant, fiché (ou enserré) dans un support. Le coin peut être en fer ou en bronze.
de doubles sesterces à l'effigie de Postume. Cette manipulation permettait en effet de doubler la valeur initiale de la pastille de métal... Le fin du fin est atteint à Parville avec la surfrappe d'un asAs
Monnaie en cuivre valant, sous l’Empire romain, un quart de sesterce ou un demi dupondius.
de Néron : l'as valant un quart de sesterceSesterce
Pièce du système monétaire augustéen, en laiton (puis constitué de bronze au plomb), valant un quart de denier.
, la valeur de la pièce surfrappée était donc multipliée par huit...

Le trésor de Parville comprend également 22 sesterces du Haut Empire, frappés, pour certains, 170 ans avant le règne de Postume... Ce fait témoigne du très grand attachement des Gallo-Romains à la circulation de ces grands bronzes, pour lesquels la Gaule a connu très peu de renouvellement dans la première moitié du IIIe siècle (au contraire, par exemple, de l'Espagne). Beaucoup de ces grands bronzes présentent donc une usure importante, extrême même pour les plus anciens d'entre eux.

La présence d'imitations de petit module à l'effigie de Postume, frappées après 267-268, ainsi que la démonétisation des grands et moyens bronzes qui intervient à partir de 271, permettent de dater la constitution de ce dépôt aux alentours de 270.

Voir l'album

  • Vrai denier de Sévère Alexandre (222-235), frappé à Rome. Site de Châteaubleau.
    Vrai denier de Sévère Alexandre (222-235), frappé à Rome. Site de Châteaubleau.
    Cl. : D. Biasi
  • Vrai denier de Sévère Alexandre (222-235), frappé à Rome. Site de Châteaubleau.
    Vrai denier de Sévère Alexandre (222-235), frappé à Rome. Site de Châteaubleau.
    Cl. : D. Biasi
  • Vrai antoninien de Philippe I (244-249), frappé à Rome. Site de Châteaubleau.
    Vrai antoninien de Philippe I (244-249), frappé à Rome. Site de Châteaubleau.
    Cl. : D. Biasi
  • Moule monétaire en argile à l'effigie de l'empereur gaulois Postume ; ce moule a permis la fabrication d'un faux antoninien coulé, réalisé à partir d'un prototype officiel émis à Trèves. Site de Châteaubleau.
    Moule monétaire en argile à l'effigie de l'empereur gaulois Postume ; ce moule a permis la fabrication d'un faux antoninien coulé, réalisé à partir d'un prototype officiel émis à Trèves. Site de Châteaubleau.
    Cl. : D. Biasi
  • Vrai nummus de Constantin II César, frappé à Trèves (330-335). Site de Châteaubleau.
    Vrai nummus de Constantin II César, frappé à Trèves (330-335). Site de Châteaubleau.
    Cl. : D. Biasi
  • Droit d'une imitation de nummi du milieu du IVe siècle. Site de Châteaubleau.
    Droit d'une imitation de nummi du milieu du IVe siècle. Site de Châteaubleau.
    Cl. : D. Biasi
  • Son revers. Site de Châteaubleau.
    Son revers. Site de Châteaubleau.
    Cl. : D. Biasi
  • Droit de sesterce de Commode, frappé en 183. Site de Parville.
    Droit de sesterce de Commode, frappé en 183. Site de Parville.
    Cl. : D. Biasi
  • Son revers. Site de Parville.
    Son revers. Site de Parville.
    Cl. : D. Biasi
  • Droit de sesterce de Diva Faustina II, frappé en 176-180. Site de Parville.
    Droit de sesterce de Diva Faustina II, frappé en 176-180. Site de Parville.
    Cl. : H. Paitier/Inrap
  • Son revers. Site de Parville.
    Son revers. Site de Parville.
    Cl. : H. Paitier/Inrap
  • Droit de sesterce frappé à l'effigie de l'empereur Postume (260-269). Monnaie officielle émise à Trèves en 261. Site de Parville.
    Droit de sesterce frappé à l'effigie de l'empereur Postume (260-269). Monnaie officielle émise à Trèves en 261. Site de Parville.
    Cl. : H. Paitier/Inrap
  • Son revers, représentant une galère.
    Son revers, représentant une galère.
    Cl. : H. Paitier/Inrap
  • Raté de fabrication d'un faux double sesterce coulé, découvert dans son moule en argile (cf visuel suivant). Site de Châteaubleau.
    Raté de fabrication d'un faux double sesterce coulé, découvert dans son moule en argile (cf visuel suivant). Site de Châteaubleau.
    Cl. : D. Biasi
  • Moule en argile, dans lequel a été découvert le faux double sesterce précédent. Site de Châteaubleau.
    Moule en argile, dans lequel a été découvert le faux double sesterce précédent. Site de Châteaubleau.
    Cl. : D. Biasi
  • Droit d'un faux double sesterce frappé. Site de Parville.
    Droit d'un faux double sesterce frappé. Site de Parville.
    Cl. : H. Paitier/Inrap
  • Son revers. Site de Parville.
    Son revers. Site de Parville.
    Cl. : H. Paitier/Inrap
  • Droit d'un faux double sesterce coulé. Site de Parville.
    Droit d'un faux double sesterce coulé. Site de Parville.
    Cl. : H. Paitier/Inrap
  • Son revers. Site de Parville.
    Son revers. Site de Parville.
    Cl. : H. Paitier/Inrap
  • Préparation de flans monétaires d'antoniniens par découpes de bâtonnets en bronze puis écrasements successifs.
    Préparation de flans monétaires d'antoniniens par découpes de bâtonnets en bronze puis écrasements successifs.
    Cl. : D. Biasi
  • Moule monétaire en argile, avec le canal de coulée. Site de Châteaubleau.
    Moule monétaire en argile, avec le canal de coulée. Site de Châteaubleau.
    Cl. : D. Biasi
  • Moule monétaire en argile, avec le canal de coulée. Site de Châteaubleau.
    Moule monétaire en argile, avec le canal de coulée. Site de Châteaubleau.
    Cl. : D. Biasi
  • Site de Chevroches. Un des trésors au moment de sa découverte.
    Site de Chevroches. Un des trésors au moment de sa découverte.
    Cl. : F. Devevey/Inrap2002