Petite leçon de paléo-œnologie : quand les gaulois sabraient les amphores de Rome.

Publié le mercredi 28 décembre 2011 · Mis à jour le lundi 25 février 2013
Avec Matthieu Poux, professeur à l'Université de Lyon II
Le Salon noir, France Culture, le mercredi de 14h30 à 15h 
Par Vincent Charpentier
Émission du 28 décembre 2011
Curieusement, les produits alcoolisés, la manière de les consommer, les gestes, pratiques, mobiliers, voire les rituels qui les entourent, sont des marqueurs sociétaux forts, cela depuis plusieurs millénaires.
Dans le cadre de cette spéciale vin des magazines scientifiques de France Culture, l’émission d’archéologie, le Salon noir, traite une fois encore, du passé d’un produit oxydé : le Vin dont l’histoire résume celle de l’Antiquité. Dans les derniers siècles avant notre ère, la Gaule indépendante ne produisait encore aucun vin, mais le consommait à flot. On le boit pur, mais sa valeur est considérable : une amphore pour un esclave. Le breuvage tient aussi une place particulière, notamment au travers de grands banquets au sein de sanctuaires, où le col des amphores est sabré.
En filigrane, le vin n’aurait-il pas été le fer de lance, le bras armé d’une perfide Rome, voulant mettre à terre, et sous son joug, la brillante société gauloise ?
Pacifiée, la gaule conquise et romaine produira du vin, le biturica, celui des Bituriges, l’allobrogica, celui des Allobroges, preuve de la diversité des terroirs, de celle des cépages. Tous ces vins, devenus gallo-romains, sont exportés au-delà des mers et l’ancien monde, parfois jusqu’en Inde.
Reste la grande question : le monde méditerranéen invita l’amphore, qu’en est-il des celtes et de l’invention du tonneau ?

PODCAST AUDIO "Le Salon noir"

Zoom:
Amphores romaines découvertes dans la ville gauloise de Corent, capitale du peuple Arverne (Auvergne)