La France archéologique
Publié le mardi 30 novembre 2004 · Mis à jour le lundi 21 juin 2010
Sous la direction de Jean-Paul Demoule (Inrap)
Coédition Hazan - Inrap, 2004
Coédition Hazan - Inrap, 2004
Volume relié sous jaquette
Format : 24 x 28 cm
400 illustrations couleurs et NB
256 pages
Prix : 45 € TTC
ISBN : 2 85025 968 3
Contact presse : Agence Catherine Dantan
tél. : 01 41 34 21 72
Florence Ménard : florence@catherine-dantan.com
> Voir la présentation du sommaire
Format : 24 x 28 cm
400 illustrations couleurs et NB
256 pages
Prix : 45 € TTC
ISBN : 2 85025 968 3
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Vingt ans d'aménagements et de découvertes
En France, chaque jour, 2 km² de sol sont retournés à l'occasion de travaux de construction et d'aménagement. Grâce à l'archéologie préventive, les sites archéologiques qu'ils renferment sont préalablement fouillés et notre mémoire est ainsi préservée : plus de 2000 fouilles sont réalisées chaque année, pour l'essentiel par l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap).
La masse de données recueillie a bouleversé nos connaissances sur le demi-million d'années d'histoire de notre territoire. Mais le grand public tarde encore à en être informé. Et, tout autant, élus et aménageurs sont en droit de connaître le résultat des recherches qu'ils financent.
Quand les premiers humains sont-ils arrivés sur notre sol ? Comment sont apparus les premiers villages et les premiers paysans ? D'où viennent les Gaulois et que mangeaient-ils ? Le Moyen Âge est-il une période obscure ? Comment s'est réellement passée la conquête romaine ? Peut-on faire l'archéologie de la première guerre mondiale ? Et comment devient-on archéologue ?
Autant de questions auxquelles ce livre entend répondre, tout en retraçant l'histoire et les méthodes de l'archéologie française ainsi que ses enjeux scientifiques.
La masse de données recueillie a bouleversé nos connaissances sur le demi-million d'années d'histoire de notre territoire. Mais le grand public tarde encore à en être informé. Et, tout autant, élus et aménageurs sont en droit de connaître le résultat des recherches qu'ils financent.
Quand les premiers humains sont-ils arrivés sur notre sol ? Comment sont apparus les premiers villages et les premiers paysans ? D'où viennent les Gaulois et que mangeaient-ils ? Le Moyen Âge est-il une période obscure ? Comment s'est réellement passée la conquête romaine ? Peut-on faire l'archéologie de la première guerre mondiale ? Et comment devient-on archéologue ?
Autant de questions auxquelles ce livre entend répondre, tout en retraçant l'histoire et les méthodes de l'archéologie française ainsi que ses enjeux scientifiques.


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Les cavaliers gaulois de Gergovie
La photo de cette tombe, découverte en 2002 sur le tracé de la rocade de Clermont-Ferrand, a fait le tour du monde. Elle montre huit chevaux et huit hommes, dont un adolescent, alignés quatre à quatre sur deux rangs. Les hommes sont couchés sur le flanc droit, tête au sud et regard à l'est, le bras gauche en avant, souvent posé sur le corps qui les précède. Aucune arme, parure ou offrande, aucun élément de harnachement n'ont été déposés. Néanmoins, le type et la taille des chevaux, les datations par le carbone 14 et quelques tessons de poterie indiquent clairement la fin de la période gauloise, en un lieu proche de celui de la bataille de Gergovie, qui vit reculer les troupes de César devant celles de Vercingétorix. De fait, des “ charretées d'ossements humains et de chevaux “ avaient été découvertes au XIXe siècle, mais n'ont pas été conservées.
U. Cabezuelo/InrapPhoto © U. Cabezuelo / Inrap -
Blocs de silex reconstitués à partir des éclats retrouvés sur la fouille de Calleville, dans le Calvados ; ils permettent de retrouver les gestes successifs de l’artisan préhistorique et les techniques qu’il a utilisées.Photo © H.Paitier/Inrap -
Le Solutréen commence aux environs de -20 000 ans et se termine aux alentours de -18 000 ans. Cette culture, essentiellement limitée à la France et à l’Espagne – indice d’une régionalisation progressive des groupes humains –, se déroule pendant l’une des périodes les plus froides et les plus courtes de la préhistoire. Elle est connue par l’exceptionnelle maîtrise de la taille du silex qui s’observe dans le travail minutieux d’amincissement d’un éclat ou d’un bloc sur ses deux faces jusqu’à obtenir la pièce la plus mince possible. Les dénominations imagées que les préhistoriens donnent à ce produit, « feuille de laurier » ou « feuille de saule », évoquent bien les formes symétriques et régulières qui furent ainsi obtenues, et qui représentent certainement un apogée indépassable de la taille du silex.
En raison de la brièveté de cette période, peu de gisements solutréens ont été découverts par l’archéologie préventive. Mais celui fouillé à l’occasion de la construction de la rocade de Bergerac (la Doline de Cantalouette II) a apporté des matériaux exceptionnels pour la compréhension de la taille du silex à cette époque, tout comme un autre site de Dordogne, l’abri Casserole.
Luc Detrain/Inrap, Illuminada Ortega/InrapPhoto © H. Paitier/Inrap -
Collier en dents de cerf trouvé dans la nécropole de Vignely (Seine-et-Marne), datant de 4 800 ans avant notre ère. Les figurines, humaines ou animales, sont des objets exceptionnels en France à cette période et devaient être liées à des cérémonies.Photo © V. Brunet/Inrap -
Statuette féminine néolithique chasséenne de Bercy (vers 4 000 avant notre ère), avec ses bras gravés.Photo © C.Valera/Inrap -
Coffres en pierre de la nécropole de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) contenant plusieurs squelettes.Photo © L.de Cargouët/Inrap -
L’une des pirogues néolithiques de Bercy, entièrement creusée au feu et à la hache de pierre dans un tronc de chêne.Photo © C.Valera/Inrap -
Sur cette photographie aérienne, chaque puits de mine apparaît, avant la fouille, en plus sombre dans la végétation, car la terre y est restée plus humide. Ci-contre, la représentation tridimensionnelle de deux puits de plus de 7 m de profondeur, qui aboutissent aux chambres d’extraction de silex.Photo © Brunet-Charpentier-Lanchair -
Les dépôts de Saint-Priest, près de Lyon
La fouille du site de Saint-priest/Les Feuilly, à l’est de Lon, a livré deux dépôts. Le premier, découvert en 2000, était placé dans un vase en céramique et compte 80 objets (bracelets, pendeloques, appliques circulaires, anneaux, ainsi qu’une épingle, un ciseau et un lingot de cuivre), pour un poids total de 1,5 kg.
Les objets du second dépôt, découvert en 2001, semblent avoir été placés dans un contenant en matière périssable (tissu ? cuir ? vannerie ? ). Il a été fouillé en laboratoire et comprend 710 objets, parmi lesquels étalement de nombreuses parures, mais aussi quelques outils et des armes, pesant en tout près de 10 kg.
Tous deux sont attribués à la période moyenne du Bronze final, soit les XIe-Xe siècles avant notre ère. Ces objets sont comparables à ceux fabriqués dans les Alpes et la découverte est d’autant plus importante que les ensembles de cette période sont rares, et qu’ils se trouvaient au cœur d’une zone d’habitat, ce qui n’avait jamais été observé auparavant.
Muriel Pool/InrapPhoto © Inrap -
Le dépôt de Farébersviller (Moselle)
Le dépôt de Farébersviller a été mis au jour en 1991 lors d’une opération de sondage sur la ZAC de Freyming-Merlebach. Les vestiges d’habitat les plus proches sont à 500 m seulement. Ce dépôt regroupe 130 objets, dont de nombreux bracelets, des faucilles, quelques haches, des anneaux et une pointe de lance, pour un poids de plus de 9 kg. Il date de la dernière période de l’âge du Bronze, soit la fin du IXe et le début du VIIIe siècle avant notre ère. La fouille en laboratoire a permis de connaître l’organisation des pièces à l’intérieur du dépôt. Les études techniques (traces de fabrication, métal utilisé) ont montré la très grande habileté de ces artisans, au point que certains objets ne peuvent aujourd’hui être reproduits avec le même degré de précision, les connaissances s’en étant perdues. L’analyse du métal (90 de cuivre, 8 d’étain et 2 de plomb en moyenne) a permis de connaître les pratiques d’alliage et de les comparer avec celles des régions voisines.
Cécile Véber/InrapPhoto © P. Mervelet/Inrap -
Grande fibule en bronze ajourée à tête humaine, trouvée dans la nécropole d’Orainville et de Bucy-le-Long (Aisne).Photo © H. Paitier / Inrap -
La nécropole de Flaujac-Poujols (Lot)
La nécropole tumulaire du Camp de l’Église Nord à Flaujac-Poujols, site majeur de la fin du premier et du début du second âge du Fer dans le sud-ouest de la France, a été découverte à l’occasion des fouilles préventives de l’autoroute A20. Le site est localisé à 8 km au sud-est de Cahors, dans la petite vallée du Tréboulou, voie de passage naturel entre le bas et le haut Quercy. Vingt et un tertres de pierre ont été fouillés à ce jour.
Cette nécropole à incinération, édifiée entre le second quart du VIe et la fin du Ve siècle avant notre ère, a livré des structures très originales. Ces monuments sont construits selon un rituel répétitif, au cours duquel on a pris soin de marquer au sol différentes phases de la cérémonie. Certains tumuli sont structurés comme une roue de char. Une couronne de pierre délimite le monument et, au centre, se trouve la tombe installée dans un caisson rectangulaire destiné à accueillir l’ossuaire (urne) et les offrandes (vases et restes d’animaux). Des murets de pierres sèches constituent des compartiments radiaux dans le blocage du tertre. Un espace central accueille un individu incinéré, unique et privilégié. Un abondant mobilier a été retrouvé : poteries, parures, trousse de toilette, épées et couteaux.
Jean-Michel Beausoleil/InrapPhoto © L. de Cargouët/Inrap -
Bague en or exceptionnelle, provenant d’une tombe à char du IVe siècle.Photo © H. Paitier / Inrap -
Les barques de Lyon
Les aménagements portuaires de Lyon restaient hypothétiques jusqu’il y a peu, malgré les témoignages épigraphiques mentionnant l’existence d’une corporation de bateliers et quelques objets liés aux activités commerciales. Les fouilles récentes du parking Saint-Georges, en bordure de la Saône, apportent une contribution à cette question. On a pu y exhumer six embarcations, un ponton en bois constitué de pilotis et de pieux horizontaux ainsi que des accessoires liés à la navigation (pièces en bois utilisées pour les voiles, crocs de mariniers pour manœuvrer, ancres en métal et en pierre calcaire). Ces installations peuvent accréditer l’existence d’un port antique à cet emplacement ou, tout au moins, d’aménagements destinés au transit des marchandises.
La rareté des représentations iconographiques et des textes confère à ces embarcations la qualité d’une source documentaire exceptionnelle pour la connaissance de l’architecture batelière fluviale aux Ier-IIe siècles de notre ère.
Grégoire Ayala/InrapPhoto © G. Ayala/Inrap -
Mosaïque de la rue des Moissons à Reims
Lors d’une opération immobilière a été mise au jour, dans la maison dite de Nocturnus construite au milieu du IIe siècle de notre ère, une mosaïque polychrome. Elle se trouvait dans une pièce de l’aile résidentielle ouvrant sur la cour intérieure et est formée d’un tapis carré de 1,9 m de côté, entouré d’un sol en béton. Le décor, polychrome, est particulièrement riche et soigné. Un cercle, inscrit dans le carré, contient six hexagones, séparés par des tresses à six brins. Ils incluent des motifs géométriques et floraux et entourent un médaillon central où sont figurés deux canards tête-bêche. Dans les écoinçons du tapis, sont représentés des canthares et des acanthes.Photo © A. Balmelle/Inrap -
Tombe de nourrisson dans un coffrage de pierre, trouvé rue Jean-Jaurès à Nîmes (Gard).Photo © V. Bel/Inrap -
Statuette en bronze du dieu Vulcain datant de la fin du IIIe siècle de notre ère et trouvée à Bordeaux.Photo © P. Galibert/Inrap -
Les fouilles de l'hôpital Dominique-Larrey, en 1988, ont révélé les vestiges d'un édifice du Ve siècle, alors que Toulouse était la capitale du royaume wisigothique. Son programme architectural, dans une pure tradition antique, étonne par son envergure et par son insertion dans la ville. Installé en bordure de la Garonne, le bâtiment s'appuyait au nord contre les murs de l'enceinte antique, créant ainsi un domaine fortifié de plusieurs hectares dans la cité, indiquant l'implication d'un autorité publique dans le chantier.
Le bâtiment, long de 90m et large de 29,50 m, s'articule selon une symétrie rigoureuse de part et d'autre d'un axe où se succèdent l'entrée de la grande façade à l'ouest, marquée par l'avant corps d'un vestibule et trois pièces aux dimensions inégales. Sur les côtés, se développent de longues galeries qui encadrent deux pièces identiques et un vaste espace ouvert dans lequel s'inscrit un mur absidial. C'est là, probablement le palais de de Théodoric II que Sidoine Apollinaire évoque au cours du récit d'une journée coutumière du roi, avec salles d'audience et de réception, quartier domestique, salle du trésor, écuries et lieu de prière.Photo © R. de Fillipo/Inrap -
Le sanctuaire de Lachard, à Varces-Allières-et-Risset (Isère)
Situé dans une agglomération, ce sanctuaire est connu par deux petites cella (chambres) carrées, l’une en bois, l’autre maçonnée, cernées par une palissade. Plus de 750 vases ont été déposés dans ces deux cella, ornées en leur centre d’un galet dressé pour l’édifice en bois, d’une pierre grossièrement parallélépipédique pour l’édifice maçonné. Les vases étaient emboîtés et disposés en piles. Il s’agit de coupes et d’assiettes dont la taille miniature exclut un usage domestique. Ces poteries mal cuites, mal finies et qui paraissent neuves, ont probablement été fabriquées à proximité pour un usage exclusivement religieux. L’ensemble est daté de la seconde moitié du Ier siècle de notre ère. De nombreuses monnaies ont été recueillies dans et autour des chapelles. Il existe un hiatus chronologique entre la datation des vases et le dépôt monétaire du IIIe siècle, lié à la construction de l’édicule maçonné.
Ce décalage permet d’identifier ces monuments à des « favissae » (petits édicules ou simples fosses), destinées à recueillir et préserver les offrandes provenant d’un fanum (temple), sans doute situé à proximité. On peut supposer qu’à l’occasion d’une réfection ou d’une reconstruction du temple principal, les officiants ont tenu à préserver les dons antérieurs.
On ne sait hélas rien du dieu (ou des dieux) célébré en ces lieux. La présence proche d’une route évoque Mercure, dieu honoré par les marchands et artisans. Il est aussi possible de rattacher ce lieu de culte à l’eau dont on perçoit l’importance :
– le toponyme « Uriol », nom d’un éperon voisin, provient du mot gaulois « ur », l’eau, celle des sources dont l’usage s’est pérennisé avec l’établissement
des thermes d’Uriage ;
– les galets fichés au milieu des édicules peuvent être associés au ruisseau qui traverse l’aire sacrée ;
– l’absence de restes d’aliments dans les vases-offrandes et la forme de ces vases pourraient indPhoto © B. Helly/Ministère de la Culture -
Échantillon de vases de la plus grande des boutiques du quartier commerçant de Poitiers, l’antique Lemonum
La fouille de l’îlot des Cordeliers, en 1998, a permis d’étudier un ensemble de boutiques-ateliers alignées le long d’une rue importante de Lemonum, large de 18 m entre façades et bordée de portiques, qui reliait les thermes publics à l’amphithéâtre et longeait sans doute le forum. On retrouve ici l’organisation traditionnelle des abords des sanctuaires et des forums propices au négoce et à la convivialité. À la fin du IIIe siècle de notre ère, après un incendie, les bâtiments se sont effondrés et ont été abandonnés tels quels. Cette catastrophe, aubaine pour les archéologues, a permis de figer une portion du paysage urbain de ce petit Pompéi poitevin, avec ses boutiques mais aussi un bâtiment à usage collectif. Les boutiques rectangulaires de 24 à 38 m² étaient fermées par des devantures en bois. Elles comportaient un étage et une arrière-boutique à usage d’habitation pour les artisans ou leurs employés.
Dans la plupart des cas, le client ne pénétrait pas dans l’atelier trop exigu et passait commande depuis le trottoir. Si les outils sont rares et semblent avoir été emportés par les artisans, en revanche les déchets comme les petits fragments de tôle en bronze, les moules brisés, les creusets, les objets en cours de fabrication et les marchandises retrouvées sur le sol des boutiques permettent de bien identifier les diverses activités. On vendait, on fabriquait à la commande et, sans doute, réparait-on. Une boutique de céramiques contenait près de 500 vases rangés à l’origine sur des étagères en bois, la vaisselle fine provenant des ateliers réputés de Lezoux, en Auvergne, le reste, coupes et cruches, d’ateliers régionaux ; on y vendait aussi des récipients en verre. Ainsi se côtoyaient sur le même trottoir un bronzier orfèvre, un forgeron bricoleur, un marchand de céramiques, un dinandier qui travaillait la tôle de bronze.
Anne-Marie JouquaPhoto © C. Nourrit/Inrap -
Une église et une nécropole à Marseille
Découvert à l’occasion d’un projet de parking au quartier de la Joliette, à Marseille, le site de la rue Malaval a révélé des vestiges exceptionnels de la ville chrétienne. Cette opération d’archéologie préventive, réalisée par l’Inrap sous la conduite du Service archéologique de la ville (juillet 2003-mars 2004), a permis la découverte de près de 230 sépultures réparties dans et autour d’une église funéraire jusqu’alors inconnue.
Une formidable tumulatio ad sanctos, dans le chœur, exprime la ferveur de fidèles souhaitant être enterrés au plus près de deux tombes, placées à droite de l’autel, vénérées et dotées d’aménagements liturgiques rarissimes et de décors sur chancels de marbre. L’édifice, dont la façade est hors de la fouille, a été en partie épierrée durant l’Antiquité.
Martial Monteil/UniversitéPhoto © M. Moliner/Ville de Marseille -
Les travaux anthropologiques ont révélé une population mixte aux pathologies diverses. Stratigraphie, mobiliers et monnaies placeraient l’origine du site vers le Ve siècle de notre ère pour un abandon vers le VIIe.
Le caractère exceptionnel de la découverte a conduit à un programme de sauvegarde des vestiges par des consolidations et des moulages et à la dépose exhaustive des sarcophages afin de réaliser une reconstitution du site sur un autre emplacement. Cette découverte est l’occasion de renouveler nos connaissances sur la topographie de la Marseille chrétienne, sur les pratiques funéraires et religieuses aux premiers temps du christianisme en Provence, voire sur la liturgie, en raison du caractère unique de certains aménagements, comme ces tombes vénérées et peut-être dotées de conduits à huile sainte.
Martial Monteil/UniversitéPhoto © M. Moliner/Ville de Marseille -
Pièces d’échec en ivoire. D’origine indienne, le jeu d’échecs transite par le monde musulman et arrive en Occident à la fin du premier millénaire. Imitant la stratégie militaire, ce jeu de réflexion devint vite prisé par les élites alors qu’il semble peu répandu dans les milieux populaires. Il est significatif que les témoins les plus anciens de la pratique de ce jeu proviennent du milieu seigneurial, à Pineuilh comme à Colletières, la Motte de Loisy et le palais de Mayenne.Photo © L. Petit/Inrap -
Fibule du VIIe siècle provenant du cimetière mérovingien de Conchil-le-Temple à La Calotterie, dans le Pas-de-Calais ; S’inscrivant dans une tradition héritière de l’Antiquité, ce type de parure est caractéristique des peuples germaniques ; ces parures sont régulièrement retrouvées dans les tombes de riches personnages dont elles agrafaient les vêtements.Photo © C. Dilly/Musée de Berck-sur-mer -
Les 20 Lincoln d’Actiparc
Printemps 2001, les archéologues découvrent sur la future ZAC Actiparc, près d’Arras, une longue fosse de 15 m sur 2 m, contenant les corps de 20 soldats britanniques, soigneusement disposés côte à côte. Les recherches archéologiques, enrichies d’études spécialisées, ont permis d’en savoir plus sur ces hommes et sur la singularité des pratiques funéraires réalisées en plein combat dans les plaines de l’Artois.
Nous étions en présence de vingt adultes (entre 20 et 40 ans), masculins, décédés de mort violente, appartenant au 10e bataillon du Lincolnshire Regiment. Les 19 premiers avaient été enterrés en même temps, allongés sur le dos, tête au nord, les avant-bras pliés et disposés à l’horizontale, les mains jointives reposant sur l’abdomen.
Un soin particulier avait été apporté afin que le coude droit de chaque homme recouvre le coude gauche de son voisin de droite. Seul le dernier corps présentait une disposition différente : les bras étaient placés le long du corps et n’avait aucun contact avec cette chaîne humaine. Enfin, trois corps mitoyens présentaient une même particularité osseuse de l’os frontal, une suture métopique séparant verticalement cet élément crânien. On sait que ce caractère ne touche qu’une très faible partie d’une même population (5 à 10 . Sa présence sur trois corps, placés les uns à côté des autres, laisse penser que ces trois personnes pouvaient appartenir à la même famille ou avaient des liens familiaux étroits.
Dès lors, il est probable que la mise en terre a été pratiquée par des hommes appartenant au même groupe que celui des défunts et souhaitant leur offrir une sépulture perpétuant les liens sociaux qui les unissaient de leur vivant. Cet effort remarquable s’explique d’autant mieux quand on sait que le surnom que portait les hommes du 10e Lincolnshire était les Grimsby Chums (les copains de Grimsby), un petit port du nord-est de l’Angleterre. Le système de recrutement britannique privilégiait, daPhoto © G.Prilaux/Inrap -
Ce grand coquillage, le lambi (Strombus Gigas), était consommé mais servait aussi à tailler des haches, dont un atelier a été retrouvé sur le site de la Baie Orientale, dans l’île de Saint-Martin.Photo © N. Serrand/Inrap -
Rivières et fleuves de la Guyane sont des voies de pénétration régulièrement semées de rochers utilisés comme polissoirs pour les haches de pierre, ce qui a creusé de nombreuses petites cuvettes, comme dans le bassin du Sinnammary, sur la rivière de Courcibo ou au saut Kawene.Photo © S. Vacher/Inrap -
Vase « à deux trous » provenant du site La Cathédrale à la Guadeloupe, typique du style Huecan Saladoïde (vers 300 avant notre ère).Photo © D. Bonnissent/Inrap -
Le « fou de Besançon » jouant de la flûte et contorsionné est une applique murale en terre cuite du XVe siècle, découverte lors d’une opération d’archéologie préventive sur un bâtiment ancien. Ces figures grotesques sont caractéristiques d’un art profane, parfois même paillard, de la dernière partie du Moyen Âge.Photo © L. de Cargouët/Inrap -
Vue verticale de l’église à chevet carré de Saleux. Au centre, le sarcophage qui abrita le corps d’un personnage vénéré. Le sol est creusé des nombreuses tombes groupées autour du sarcophage et de l’église.Photo © I. Catteddu/Inrap -
Les fouilles de la cour Napoléon du Louvre ont permis de renouveler les connaissances sur l’histoire de ce quartier de Paris.Photo © C.-P. Charniot/Inrap -
Moulage sur le vif de grenouille et tirage émaillé.
Les fouilles des jardins du Carrousel ont mis au jour des installations tuilières du secteur et de l’atelier du célèbre céramiste Bernard Palissy.
Elles ont permis la découverte de nombreuses pièces paliséennes notammane une petite fontaine de rocaille où des grenouilles vertes moulées servaient de jet d’eau et qui était sans doute un «exemplaire de démonstration». Plus d’une centaine de moules, intacts ou fragmentés, destinés à réaliser la grotte des Tuileries commandée par Catherine de Médicis, ont ainsi été retrouvés : moules de grands personnages, de rocailles, d’animaux marins (dont un phoque), de végétaux…Photo © Fouilles Grand Louvre

