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Vase ex-voto à Mithra.© Hervé Paitier, Inrap. -
Dédicace en grec.© Hervé Paitier, Inrap. -
Tête de Mithra ou dun dadophore (porteur de torches) ?© Jean Brodeur, Inrap. -
Vase zoomorphe inédit.© Hervé Paitier, Inrap. -
Lampe au faciès de Nubien.© Hervé Paitier, Inrap. -
Le mithraeum en cours de fouille.
© Hervé Paitier, Inrap.
Contacts
jean.brodeur@inrap.fr
Voir aussi
- Reportage vidéo : Un temple dédié au dieu Mithra à Angers (07-05-2010)
- Émission de radio : Découverte à Angers d’un sanctuaire dédié au dieu indo-iranien Mithra (02-06-2010)
- Actualité : Découverte d’un sanctuaire de Mithra à Angers (07-05-2010)
- Autre document : Discovery of a sanctuary dedicated to Mithra at Angers (07-05-2010)
- Autre document : Descubrimiento de un santuario de Mitra en Angers (07-05-2010)
- Iconothèque : voir tous les documents
Clinique Saint-Louis
Publié le
lundi 26 juillet 2010 · Mis à jour le
code opération : DB18045703
code opération : DB18045703
à Angers, Maine-et-Loire
Description
Sur 9 000 m², une équipe darchéologues de lInrap fouille, sur prescription de lÉtat (Drac Pays-de-la-Loire), le site de lancienne clinique Saint-Louis à Angers. Elle met actuellement au jour les vestiges dun sanctuaire voué au culte de Mithra, dieu dorigine indo-iranienne.
Résultats
Vase ex-voto et dédicace
Plusieurs inscriptions dédiées à Mithra ont été mises en évidence. Lune delles a été pratiquée avant cuisson sur un vase des célèbres ateliers de Lezoux, dans le centre de la France, qui fabriquèrent durant la période gallo-romaine une abondante vaisselle en céramique sigillée. Il sagit dun ex-voto dun dénommé Genialis, citoyen dune cité autre que celle des Andécaves ou Andes (peuple gaulois dont la capitale est Angers). Dautres fragments comportent le nom du dieu ou la fameuse locution « Au dieu invaincu ». Une autre inscription, écrite en grec sur quatre lignes dans un cartouche ouvragé en tuffeau, entouré de palmettes, a également été mise au jour. Un dénommé Theophilos pour Retituitos ( ?), fils dOly(mpos) a fait un vu. Ces deux dédicaces peuvent donc attester une aire dinfluence du mithraeum dAngers, bien au-delà du territoire des Andes.
Un visage martelé
Une tête en pierre, coiffée dun bonnet phrygien, la face volontairement martelée, était abandonnée dans un angle du bâtiment. Il sagit peut-être celle du dieu Mithra, ou de lun des dadophores.
Le dieu Mithra
Le culte de ce dieu, originaire de Perse, a été rapporté par les légionnaires menant campagne en Arménie sous le règne de Néron. Il se répand ensuite dans lEmpire à partir de la fin du Ier siècle, colporté par les militaires et les marchands. Le culte et ses rites initiatiques (banquets, sacrifices, etc, ) se pratiquent toujours dans de petites chapelles voûtées. Elles symbolisent la caverne originelle de Mithra.
De fortes similitudes avec certaines pratiques monothéistes, telles que leucharistie ou le baptême par exemple, en ont fait lennemi du christianisme. Cest pourquoi les chrétiens sacharnèrent à détruire les lieux du culte mithraïque après linterdiction des cultes païens en 392 par lempereur Théodose.
Perspectives
On retrouve à Angers les éléments caractéristiques de larchitecture et du mobilier dun mithraeum. La conservation du temple, un mobilier inédit, sa situation géographique en font un site exceptionnel. Cette découverte importante sinscrit dans les quelques mithraea connus à Bordeaux, Strasbourg, Biesheim, Septeuil (Yvelines), Tirlmont (Belgique), Martigny (Suisse), Rome, Ostie, Lambèse (Afrique du Nord), etc
Elle ouvre de remarquables perspectives de recherches sur Angers, notamment sur la christianisation au IVe siècle faisant ainsi suite à la fouille tout aussi notable de la place du Ralliement en 2008 dans le cadre de lopération tramway (fouille réalisée par lInrap). La nature même du sujet le place bien plus largement dans la perception souvent difficile des débuts de la religion chrétienne à la fin de lEmpire ainsi que dans la connaissance même du culte de Mithra.
Plusieurs inscriptions dédiées à Mithra ont été mises en évidence. Lune delles a été pratiquée avant cuisson sur un vase des célèbres ateliers de Lezoux, dans le centre de la France, qui fabriquèrent durant la période gallo-romaine une abondante vaisselle en céramique sigillée. Il sagit dun ex-voto dun dénommé Genialis, citoyen dune cité autre que celle des Andécaves ou Andes (peuple gaulois dont la capitale est Angers). Dautres fragments comportent le nom du dieu ou la fameuse locution « Au dieu invaincu ». Une autre inscription, écrite en grec sur quatre lignes dans un cartouche ouvragé en tuffeau, entouré de palmettes, a également été mise au jour. Un dénommé Theophilos pour Retituitos ( ?), fils dOly(mpos) a fait un vu. Ces deux dédicaces peuvent donc attester une aire dinfluence du mithraeum dAngers, bien au-delà du territoire des Andes.
Un visage martelé
Une tête en pierre, coiffée dun bonnet phrygien, la face volontairement martelée, était abandonnée dans un angle du bâtiment. Il sagit peut-être celle du dieu Mithra, ou de lun des dadophores.
Le dieu Mithra
Le culte de ce dieu, originaire de Perse, a été rapporté par les légionnaires menant campagne en Arménie sous le règne de Néron. Il se répand ensuite dans lEmpire à partir de la fin du Ier siècle, colporté par les militaires et les marchands. Le culte et ses rites initiatiques (banquets, sacrifices, etc, ) se pratiquent toujours dans de petites chapelles voûtées. Elles symbolisent la caverne originelle de Mithra.
De fortes similitudes avec certaines pratiques monothéistes, telles que leucharistie ou le baptême par exemple, en ont fait lennemi du christianisme. Cest pourquoi les chrétiens sacharnèrent à détruire les lieux du culte mithraïque après linterdiction des cultes païens en 392 par lempereur Théodose.
Perspectives
On retrouve à Angers les éléments caractéristiques de larchitecture et du mobilier dun mithraeum. La conservation du temple, un mobilier inédit, sa situation géographique en font un site exceptionnel. Cette découverte importante sinscrit dans les quelques mithraea connus à Bordeaux, Strasbourg, Biesheim, Septeuil (Yvelines), Tirlmont (Belgique), Martigny (Suisse), Rome, Ostie, Lambèse (Afrique du Nord), etc
Elle ouvre de remarquables perspectives de recherches sur Angers, notamment sur la christianisation au IVe siècle faisant ainsi suite à la fouille tout aussi notable de la place du Ralliement en 2008 dans le cadre de lopération tramway (fouille réalisée par lInrap). La nature même du sujet le place bien plus largement dans la perception souvent difficile des débuts de la religion chrétienne à la fin de lEmpire ainsi que dans la connaissance même du culte de Mithra.
fiche détaillée
Motif de l'opération
Construction immobilière
Aménageur
Eiffage Immobilier Ouest
Début de l'opération
03/11/2010
Fin de l'opération
30/09/2010
Type d'opération
- Diagnostic
- Fouille
Périodes
- Paléolithique, Mésolithique
- Néolithique
- Protohistoire
- Antiquité
- Moyen Âge
- Moderne, Contemporain
- Amérindien, Colonial
- Autres périodes
Responsable
Jean Brodeur
Responsable secteur
Xavier Dubillot, Emmanuel Lanoë, Karine Prêtre, Damien Seris.
Équipe de recherche
A. Allamelou, J. Alleau, B. Bazoche, S. Brousse, V. Deloze (géologie), F. Denieulle, M. Derenne, É. Fécamp, D. Fillon (topographie), É Girard, M. Hillairet, A. Klinger, F. Labaune (enduits peints), S. Le Padellec, P. Mercier, M. Mortreau (céramologie et étude instrumentum), S. Mouton, É. Petit, D. Pfost (PAO-DAO), A. Pineau, K. Poupin (gestion du mobilier), A. Valérien, J. Villevieille.
Suivi scientifique
J.-Y. Langlois/Inrap, N. Lambert/SRA Pays-de-la-Loire.
Collaborateurs
P.-A. Bezombes/conservateur région Bretagne, G. Collin (numismatique), J.-Y. Carrez-Maratray/professeur d'histoire antique, université d'Angers, Y. Maligorne (architecture antique)/docteur en archéologie, M. Mollin (épigraphie)/professeur à l'université Paris XIII, A. Polinski (géologie)/doctorant université de Nantes, F. Ravois (géologie)/professeur à l'université d'Angers.
