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Extrait du Plan des villes, citadelles et faubourgs de Nancy, C. Mique, 1778. Au centre, le cimetière des Trois Maisons.Archives Municipales de Nancy, (a) S.20. -
Vue vers l’est du site en cours de fouille.© Loïc de Cargouët, Inrap. -
Fouille et relevé de sépultures.© Loïc de Cargouët, Inrap. -
Sépulture effondrée dans un cercueil sous-jacent.© Stéphane Gérard, Inrap. -
Alignement de sépultures et recoupements.© Jonathan Hubert, Inrap. -
Sépulture multiple contenant neuf individus.© Patrick Toussaint, Inrap. -
Chaussures en cuir conservées aux pieds du défunt.© Jonathan Hubert, Inrap. -
Sépulture double effondrée dans un cercueil sous-jacent.
© Jérémy Maestracci, Inrap.
Contacts
myriam.dohr@inrap.fr
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Îlot Berger-Levrault
Publié le
jeudi 26 août 2010 · Mis à jour le
jeudi 23 septembre 2010
code opération : BB13016501
code opération : BB13016501
à Nancy, Meurthe-et-Moselle
Description
Les sondages archéologiques réalisés en 2008, en préalable à la requalification du site de l’ancienne imprimerie Berger-Levrault à Nancy, ont mis en évidence des vestiges de la citadelle ainsi que l’ancien cimetière dit des Trois Maisons. Le bastion Le Marquis, daté des XVIe et XVIIe siècles, ainsi que son fossé et son mur de contrescarpe ont ainsi pu être étudiés. Du 1er mars à la mi-septembre 2010, le cimetière a fait l’objet d’une fouille archéologique.
Résultats
Un peu d’histoire
En 1732, le duc de Lorraine accède à la demande de la population de la ville vieille de Nancy de créer un nouveau cimetière, sur les anciens fossés, entre la rue des Glacis et l’ancien bastion. Les paroissiens de Notre-Dame et de Saint-Epvre seront désormais enterrés au cimetière des Trois Maisons, et ce, jusqu’en 1842, date de la fermeture définitive des cimetières intra muros. Le terrain restera inoccupé jusqu’à la construction de l’imprimerie Berger-Levrault, en 1871.
Les limites anciennes du cimetière sont connues grâce à des plans des XVIIIe et XIXe siècles. Orienté nord-sud, il était longé à l’est et au nord par les rues des Glacis et Jean-Lamour et à l’ouest par des jardins. Les premiers résultats de la fouille, auxquels s’ajoutent les descriptions de l’époque, permettent d’imaginer son organisation.
Le cimetière était ceint de murs et une porte monumentale, encadrée par deux bâtiments de corps de garde, permettait d’y accéder par l’actuelle rue Jean-Lamour, située à l’extrémité nord. Les rangées de sépultures s’organisaient le long de grandes allées orientées nord-sud et bordées d’arbres. L’ensemble « engazonné » était ponctué par de nombreuses sépultures modestes, simples butes de terre marquées d’une croix, et par plusieurs monuments funéraires imposants par leur faste et leur dimensions.
Le cimetière
Malgré les destructions occasionnées par la construction de l’imprimerie Berger Levrault, le cimetière est très bien conservé. Aussi, afin de collecter un maximum d’informations sur les morts et leurs sépultures, et ce dans le temps imparti à la fouille, seule une partie du cimetière fait l’objet d’une étude approfondie. La surface restante est traitée différemment, à l’aide de plusieurs coupes et d’un décapage mécanique progressif. Ce dernier a permis de mettre au jour quelques vestiges bâtis ou fossoyés d’un habitat moderne situé en périphérie du village de Saint-Dizier, détruit à la fin du XVIe siècle avant la construction de la citadelle.
L’organisation
Près de 300 sépultures ont été fouillées depuis le début de l’opération. Majoritairement orientées est-ouest, les tombes s’organisent en rangées, sur au moins quatre niveaux successifs. À chacun de ces niveaux, l’organisation du cimetière se modifie : les allées se déplacent ou se resserrent, changeant ainsi la disposition, voire parfois l’orientation des tombes. De nombreux recoupements signalent des phases intermédiaires qu’il faudra tenter de positionner entre les niveaux.
Les sépultures
Les individus sont enterrés pour la plupart en sépulture individuelle et en cercueil. Les traces de linceul sont difficilement perceptibles et les épingles plutôt rares. Cependant, mis à part de rares éléments – une ceinture, quelques boutons, une paire de chaussures… –, rien ne permet de penser que cette population se faisait enterrer habillée. De surcroît, l’observation des phénomènes taphonomiques est perturbée par les multiples effondrements dus à l’empilement des cercueils. Aux sépultures individuelles traditionnelles s’ajoutent des sépultures collectives qui peuvent correspondre à des caveaux familiaux. En effet, ces fosses contiennent jusqu’à trois cercueils superposés. Enfin, plusieurs sépultures multiples ont été découvertes, sur, et en-dehors, de l’emprise du secteur fouillé. Il s’agit de sépultures en pleine terre, contenant 2 à 9 individus suivant les cas, disposés plus ou moins tête-bêche. Un vaste ensemble de sépultures de ce type est actuellement en cours de fouille à l’extrémité est du cimetière. Cette bande, d’environ 2 m sur 50 m, regroupe une série de sépultures multiples disposées côte à côte comprenant au moins 200 individus.
La population
D’après les premières observations, ce cimetière accueille une population caractéristique de la période moderne et pré-jennérienne*, composée de nombreux individus âgés ou très jeunes (périnataux et immatures). Seules les sépultures multiples présentent un recrutement particulier et semblent regrouper essentiellement de jeunes adultes d’environ 20 ans. L’état sanitaire montre de nombreuses lésions dégénératives liées à l’âge. Les calcifications pulmonaires et pleurales sont particulièrement fréquentes et évoquent la tuberculose.
*Edward Jenner, scientifique et médecin anglais, a découvert le vaccin contre la variole en 1796.
Les archives
La phase d’étude permettra de préciser les âges et sexes des individus ainsi que leurs éventuelles maladies et pathologies. Ces éléments pourront être comparés avec les registres paroissiaux et d’état civil des paroisses de Notre-Dame et Saint-Epvre. De même, les recherches en archives complèteront les observations de terrain concernant l’organisation du cimetière, son évolution, le travail des fossoyeurs et leur gestion des cadavres. Des catastrophes, telles que des épidémies ou des épisodes militaires, relatés par les contemporains, pourront peut-être expliquer la présence des sépultures multiples.
En 1732, le duc de Lorraine accède à la demande de la population de la ville vieille de Nancy de créer un nouveau cimetière, sur les anciens fossés, entre la rue des Glacis et l’ancien bastion. Les paroissiens de Notre-Dame et de Saint-Epvre seront désormais enterrés au cimetière des Trois Maisons, et ce, jusqu’en 1842, date de la fermeture définitive des cimetières intra muros. Le terrain restera inoccupé jusqu’à la construction de l’imprimerie Berger-Levrault, en 1871.
Les limites anciennes du cimetière sont connues grâce à des plans des XVIIIe et XIXe siècles. Orienté nord-sud, il était longé à l’est et au nord par les rues des Glacis et Jean-Lamour et à l’ouest par des jardins. Les premiers résultats de la fouille, auxquels s’ajoutent les descriptions de l’époque, permettent d’imaginer son organisation.
Le cimetière était ceint de murs et une porte monumentale, encadrée par deux bâtiments de corps de garde, permettait d’y accéder par l’actuelle rue Jean-Lamour, située à l’extrémité nord. Les rangées de sépultures s’organisaient le long de grandes allées orientées nord-sud et bordées d’arbres. L’ensemble « engazonné » était ponctué par de nombreuses sépultures modestes, simples butes de terre marquées d’une croix, et par plusieurs monuments funéraires imposants par leur faste et leur dimensions.
Le cimetière
Malgré les destructions occasionnées par la construction de l’imprimerie Berger Levrault, le cimetière est très bien conservé. Aussi, afin de collecter un maximum d’informations sur les morts et leurs sépultures, et ce dans le temps imparti à la fouille, seule une partie du cimetière fait l’objet d’une étude approfondie. La surface restante est traitée différemment, à l’aide de plusieurs coupes et d’un décapage mécanique progressif. Ce dernier a permis de mettre au jour quelques vestiges bâtis ou fossoyés d’un habitat moderne situé en périphérie du village de Saint-Dizier, détruit à la fin du XVIe siècle avant la construction de la citadelle.
L’organisation
Près de 300 sépultures ont été fouillées depuis le début de l’opération. Majoritairement orientées est-ouest, les tombes s’organisent en rangées, sur au moins quatre niveaux successifs. À chacun de ces niveaux, l’organisation du cimetière se modifie : les allées se déplacent ou se resserrent, changeant ainsi la disposition, voire parfois l’orientation des tombes. De nombreux recoupements signalent des phases intermédiaires qu’il faudra tenter de positionner entre les niveaux.
Les sépultures
Les individus sont enterrés pour la plupart en sépulture individuelle et en cercueil. Les traces de linceul sont difficilement perceptibles et les épingles plutôt rares. Cependant, mis à part de rares éléments – une ceinture, quelques boutons, une paire de chaussures… –, rien ne permet de penser que cette population se faisait enterrer habillée. De surcroît, l’observation des phénomènes taphonomiques est perturbée par les multiples effondrements dus à l’empilement des cercueils. Aux sépultures individuelles traditionnelles s’ajoutent des sépultures collectives qui peuvent correspondre à des caveaux familiaux. En effet, ces fosses contiennent jusqu’à trois cercueils superposés. Enfin, plusieurs sépultures multiples ont été découvertes, sur, et en-dehors, de l’emprise du secteur fouillé. Il s’agit de sépultures en pleine terre, contenant 2 à 9 individus suivant les cas, disposés plus ou moins tête-bêche. Un vaste ensemble de sépultures de ce type est actuellement en cours de fouille à l’extrémité est du cimetière. Cette bande, d’environ 2 m sur 50 m, regroupe une série de sépultures multiples disposées côte à côte comprenant au moins 200 individus.
La population
D’après les premières observations, ce cimetière accueille une population caractéristique de la période moderne et pré-jennérienne*, composée de nombreux individus âgés ou très jeunes (périnataux et immatures). Seules les sépultures multiples présentent un recrutement particulier et semblent regrouper essentiellement de jeunes adultes d’environ 20 ans. L’état sanitaire montre de nombreuses lésions dégénératives liées à l’âge. Les calcifications pulmonaires et pleurales sont particulièrement fréquentes et évoquent la tuberculose.
*Edward Jenner, scientifique et médecin anglais, a découvert le vaccin contre la variole en 1796.
Les archives
La phase d’étude permettra de préciser les âges et sexes des individus ainsi que leurs éventuelles maladies et pathologies. Ces éléments pourront être comparés avec les registres paroissiaux et d’état civil des paroisses de Notre-Dame et Saint-Epvre. De même, les recherches en archives complèteront les observations de terrain concernant l’organisation du cimetière, son évolution, le travail des fossoyeurs et leur gestion des cadavres. Des catastrophes, telles que des épidémies ou des épisodes militaires, relatés par les contemporains, pourront peut-être expliquer la présence des sépultures multiples.
fiche détaillée
Motif de l'opération
Projet Immobilier
Début de l'opération
01/03/2010
Fin de l'opération
17/09/2010
Type d'opération
- Diagnostic
- Fouille
Périodes
- Paléolithique, Mésolithique
- Néolithique
- Protohistoire
- Antiquité
- Moyen Âge
- Moderne, Contemporain
- Amérindien, Colonial
- Autres périodes
Responsable
Myriam Dohr
Équipe de recherche
H. Duval, L. Forelle, A. Gebhardt-Even (géomorphologie), S. Gérard, J. Hubet, J. Maestracci, C. Pillard-Jude, R. Prouteau (céramologie), N. Ramel, P. Toussaint, P. Vidal (anthropologie).
Suivi scientifique
M. Leroy/SRA Lorraine.
