fiche détaillée

Motif de l'opération

Projet de lotissement

Aménageur

LTO Habitat

Début de l'opération

02/08/2010

Fin de l'opération

03/12/2010

Type d'opération

  • Diagnostic
  • Fouille

Périodes

  • Paléolithique, Mésolithique
  • Néolithique
  • Protohistoire
  • Antiquité
  • Moyen Âge
  • Moderne, Contemporain
  • Amérindien, Colonial
  • Autres périodes

Responsable

Géraldine Faupin

Suivi scientifique

SRA Nord-Pas-de-Calais

Rue du Marais

Publié le lundi 22 novembre 2010 · Mis à jour le
code opération : GB15150801
à Fouquereuil, Pas-de-Calais

Description

En préalable à l’aménagement d’un lotissement par LTO Habitat sur la commune de Fouquereuil, une équipe de l’Inrap mène entre août et novembre 2010 une fouille archéologique prescrite par l’État. Les premières investigations ont permis de mettre au jour des vestiges datant du second âge du Fer (Ve siècle avant notre ère), ainsi qu’une nécropole du IIIe siècle de notre ère. Cette dernière découverte offre l’opportunité d’approfondir les connaissances sur le rite funéraire de la crémation à l’époque gallo-romaine.

Résultats

Le rite de la crémation à l’époque gallo-romaine
À l’époque gallo-romaine, les défunts étaient soit inhumés, soit incinérés. Le site de Fouquereuil illustre le rite de la crémation dont plusieurs types sont connus, chacun répondant à des pratiques différentes. Soit les restes du défunt étaient laissés en place après la crémation et le bûcher devenait la tombe définitive, soit les os étaient partiellement ou totalement collectés, puis mis dans un contenant (urne, sac, coffre...) et déposés dans un autre lieu qui devenait la tombe. Les offrandes (vases, nourriture, objets...) qui accompagnaient parfois les défunts, pouvaient être brulées avec eux ou déposées après la crémation.
 
Les bûchers funéraires
À Fouquereuil, les archéologues retrouvent des fosses quadrangulaires destinées à recevoir les bûchers. Les tailles varient de 1,40 à 2,60 m de long et de 0,90 à 1,20 m de large. Les parois sont de différentes couleurs et ont durci au contact de la chaleur du foyer. Au fond des fosses, les archéologues récupèrent quelques esquilles osseuses, mêlées au charbon de bois.
Le site étant dans un très bon état de conservation, des bûches consumées de grande taille ont été exhumées, ainsi que des céramiques datées du IIIe siècle de notre ère. Les données recueillies lors de la fouille pourront être comparées avec celles issues de fouilles identiques réalisées à Bruay-la-Buissière ou Bully-les-Mines dans le Pas-de-Calais.
 
Le travail de l’archéologue et de l’anthropologue
Pour fouiller les bûchers funéraires, l’archéologue travaille selon une méthode spécifique afin d’enregistrer toutes les étapes de la fouille. Au centre de la fosse, une bande de terre est laissée en place afin de visualiser le mode de remplissage. Un carroyage permet d’enregistrer et de prélever ce remplissage de façon méthodique, par carrés de 20 cm de côté. Une fois les prélèvements tamisés, les os et autres vestiges (graines, pollens, clous, etc.) peuvent être étudiés par des spécialistes. Le carroyage permet aussi un dessin précis des éléments constitutifs du bûcher.
En analysant les ossements et leur position, l’anthropologue aide l’archéologue à comprendre comment étaient utilisés les bûchers. Il peut notamment restituer la chaîne opératoire de la crémation, déterminer si des ossements particuliers étaient prélevés du bûcher, si celui-ci a été utilisé plusieurs fois, pour plusieurs défunts. Il peut aussi caractériser les populations incinérées (sexe, adulte ou enfant…).

Voir l'album

  • Fouille méthodique d’un bûcher funéraire à l’aide d’un carroyage.
    Fouille méthodique d’un bûcher funéraire à l’aide d’un carroyage.
    © Géraldine Faupin, Inrap.
  • Vestiges de céramiques découverts dans un bûcher.
    Vestiges de céramiques découverts dans un bûcher.
    © Géraldine Faupin, Inrap.
  • Découverte de céramiques dans un bûcher en cours de fouille.
    Découverte de céramiques dans un bûcher en cours de fouille.
    © Géraldine Faupin, Inrap.
  • Tamisage des prélèvements en laboratoire.
    Tamisage des prélèvements en laboratoire.
    © Dominique Bossut, Inrap.

Contacts

geraldine.faupin@inrap.fr

Voir aussi