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Gisement en cours de fouille. La surface d’ouverture au sol est de 4 000m², la surface fouillée au fond du décapage est d’environ 1 500 m². Une berne centrale permet un contrôle stratigraphique permanent.© É. Goval, Inrap -
Éclat Levallois de grande dimension, lors de sa découverte.© É. Goval, Inrap -
Étude tracéologique en cours sur un éclat lithique.© D. Gliksman, Inrap -
Fémur de rhinocéros laineux.© É. Goval, Inrap
Voir aussi
- Reportage vidéo : Les steppes paléolithiques d'Havrincourt (21-07-2011)
- Atlas interactif : Canal Seine-Nord Europe (19-08-2011)
- Visite virtuelle : Visite virtuelle de la fouille d'Havrincourt (13-09-2011)
- Actualité : Les steppes paléolithiques d'Havrincourt (01-08-2011)
- Autre document : Conférence : Premiers résultats des fouilles d’Havrincourt : un témoignage rare de Néandertal (16-02-2012)
- Iconothèque : voir tous les documents
Les Bosquets
Publié le
vendredi 15 juillet 2011 · Mis à jour le
vendredi 15 juillet 2011
code opération : GB15912301
code opération : GB15912301
à Havrincourt, Pas-de-Calais
Description
De fin septembre à mi-décembre 2010, un site préhistorique a été fouillé à Havrincourt (secteur 1). Sur la même commune, une seconde fouille paléolithique se déroule actuellement (secteur 2). Ces deux sites, distants de 400 m, ont été diagnostiqués durant l’année 2009 par Nathalie Sellier (Inrap).
Résultats
Une occupation néandertalienne de la fin du Paléolithique moyen
Chronologie et taphonomie
Au lieu-dit « les Bosquets », à Havrincourt, en contexte de versant, a été retrouvé un témoignage unique de la présence de Néandertaliens. Préservée dans un limon brun lœssique, l’occupation date d’environ 55 000 ans (transition entre les stades isotopiques 4 et 3), elle est donc assimilable à la fin du Paléolithique moyen. Il s’agit de l’une des rares traces de l’homme de Néandertal à cette époque dans cette région. La fouille d’un premier secteur, d’une superficie globale de 1 500 m² à une profondeur de 5 m, a permis la mise au jour de vestiges lithiques et fauniques. Trois niveaux d’occupation attribuables au Paléolithique moyen ont été découverts mais seul l’un d’entre eux s’est révélé être en place et correctement préservé. D’un point de vue chronologique et environnemental, cette découverte apporte des indices inédits dans la compréhension de la séquence stratigraphique du Pléniglaciaire du Weichselien pour le nord de la France.
Une occupation brève
À l’issue de la fouille du premier secteur du gisement d’Havrincourt, force est de constater que les objets laissés par le passage des Néandertaliens ne sont guère nombreux. Ces témoignages vont dans le sens d’une occupation de courte durée sur le site. Les hommes n’ont laissé sur place que des éclats Levallois de très grandes dimensions. Autrement dit, aucune action liée à la taille du silex n’a été produite sur place. Ces pièces sont de belle facture et mettent en avant la maîtrise et le savoir-faire de ces hommes. En raison de l’acidité du sédiment du niveau archéologique, peu de restes organiques ont été conservés. Toutefois, certains éclats Levallois préférentiels sont associés à des dents de cheval et à d’autres restes de faune. Ils ont probablement été utilisés en tant que couteau de boucherie, ce que devront confirmer les études fauniques et tracéologiques.
Une découverte atypique
Trop rarement effectuée, en raison de la faiblesse numérique du matériel, la fouille de ce type de site est pourtant primordiale pour appréhender la fonction et le fonctionnement de ces haltes, de ces occupations de courte durée. La découverte et la fouille du gisement d’Havrincourt contribue à une meilleure compréhension de l’organisation territoriale de ces groupes humains. Cette segmentation des activités dans l’espace étant révélatrice du degré de planification de ces hommes, mais aussi de leur organisation sociale.
Localisé à 1,5 km à vol d’oiseau du site préhistorique d’Hermies, « le Tio marché », les ressemblances entre ces deux sites sont importantes. En effet, à Havrincourt, un outillage similaire a été produit ex-situ dans un atelier identique à celui retrouvé à Hermies, « Le Tio marché » (Valin et Masson, 2001). Les observations faites à Havrincourt, mises en parallèle avec les découvertes locales et régionales, permettent de mieux connaître une période peu documentée dans la région.
Émilie Goval, Inrap
Chronologie et taphonomie
Au lieu-dit « les Bosquets », à Havrincourt, en contexte de versant, a été retrouvé un témoignage unique de la présence de Néandertaliens. Préservée dans un limon brun lœssique, l’occupation date d’environ 55 000 ans (transition entre les stades isotopiques 4 et 3), elle est donc assimilable à la fin du Paléolithique moyen. Il s’agit de l’une des rares traces de l’homme de Néandertal à cette époque dans cette région. La fouille d’un premier secteur, d’une superficie globale de 1 500 m² à une profondeur de 5 m, a permis la mise au jour de vestiges lithiques et fauniques. Trois niveaux d’occupation attribuables au Paléolithique moyen ont été découverts mais seul l’un d’entre eux s’est révélé être en place et correctement préservé. D’un point de vue chronologique et environnemental, cette découverte apporte des indices inédits dans la compréhension de la séquence stratigraphique du Pléniglaciaire du Weichselien pour le nord de la France.
Une occupation brève
À l’issue de la fouille du premier secteur du gisement d’Havrincourt, force est de constater que les objets laissés par le passage des Néandertaliens ne sont guère nombreux. Ces témoignages vont dans le sens d’une occupation de courte durée sur le site. Les hommes n’ont laissé sur place que des éclats Levallois de très grandes dimensions. Autrement dit, aucune action liée à la taille du silex n’a été produite sur place. Ces pièces sont de belle facture et mettent en avant la maîtrise et le savoir-faire de ces hommes. En raison de l’acidité du sédiment du niveau archéologique, peu de restes organiques ont été conservés. Toutefois, certains éclats Levallois préférentiels sont associés à des dents de cheval et à d’autres restes de faune. Ils ont probablement été utilisés en tant que couteau de boucherie, ce que devront confirmer les études fauniques et tracéologiques.
Une découverte atypique
Trop rarement effectuée, en raison de la faiblesse numérique du matériel, la fouille de ce type de site est pourtant primordiale pour appréhender la fonction et le fonctionnement de ces haltes, de ces occupations de courte durée. La découverte et la fouille du gisement d’Havrincourt contribue à une meilleure compréhension de l’organisation territoriale de ces groupes humains. Cette segmentation des activités dans l’espace étant révélatrice du degré de planification de ces hommes, mais aussi de leur organisation sociale.
Localisé à 1,5 km à vol d’oiseau du site préhistorique d’Hermies, « le Tio marché », les ressemblances entre ces deux sites sont importantes. En effet, à Havrincourt, un outillage similaire a été produit ex-situ dans un atelier identique à celui retrouvé à Hermies, « Le Tio marché » (Valin et Masson, 2001). Les observations faites à Havrincourt, mises en parallèle avec les découvertes locales et régionales, permettent de mieux connaître une période peu documentée dans la région.
Émilie Goval, Inrap
fiche détaillée
Motif de l'opération
Construction du canal Seine-Nord Europe
Aménageur
Voies Navigables de France
Début de l'opération
27/09/2010
Fin de l'opération
17/12/2010
Type d'opération
- Diagnostic
- Fouille
Périodes
- Paléolithique, Mésolithique
- Néolithique
- Protohistoire
- Antiquité
- Moyen Âge
- Moderne, Contemporain
- Amérindien, Colonial
- Autres périodes
Responsable
Émilie Goval
Responsable secteur
David Hérisson
Équipe de recherche
Olivier Guerlin, Pascal Mathys, Guillaume Gadebois, Chloé Pfister, Hélène Djema, Guillaume Jamet
Suivi scientifique
Gilles Prilaux (Inrap), Luc Vallin (SRA Nord-Pas-de-Calais)
