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  • Vue d'ensemble du site.
    Vue d'ensemble du site.

    © Inrap
  • Habitats vus en coupe et murs gallo-romains.
    Habitats vus en coupe et murs gallo-romains.

    © Inrap
  • Fragment de mosaïque installée sur les derniers niveaux antiques.
    Fragment de mosaïque installée sur les derniers niveaux antiques.

    © Inrap
  • Déchets de tabletterie trouvés lors de la phase de diagnostic.
    Déchets de tabletterie trouvés lors de la phase de diagnostic.

    © P. Galibert, Inrap
  • Inventaire des déchets de tabletterie trouvés lors de la phase de diagnostic.
    Inventaire des déchets de tabletterie trouvés lors de la phase de diagnostic.

    © P. Galibert, Inrap
  • Dés trouvés lors de la phase de diagnostic.   
    Dés trouvés lors de la phase de diagnostic.
     
    © P. Galibert, Inrap

Auditorium

Publié le vendredi 17 juillet 2009 · Mis à jour le lundi 5 octobre 2009
code opération : EB02006201
à Bordeaux, Gironde

Description

Au cœur de Bordeaux, entre le cours Clémenceau et la rue du Palais Gallien, la fouille, prévue pour neuf mois sur près de 1800 m2, s'insère dans le planning des travaux.

La fouille archéologique a pour objectif d'écrire l'histoire de ce quartier, en reconstituant les étapes successives de son occupation, depuis son implantation au début du ier siècle apr. J.-C. (Haut-Empire) jusqu'à son abandon dans le courant du iiie siècle apr. J.-C. (Bas-Empire). Les traces matérielles laissées par les hommes permettront de redonner vie au lieu, en restituant les activités pratiquées, les modes de construction et leur évolution, le niveau de vie de ses habitants. Enfin, les résultats contribueront à documenter et à accroître les connaissances déjà acquises sur la ville gallo-romaine de Burdigala.

Résultats

Des vestiges préservés
De son origine à l'âge du Fer (à partir du vie siècle av. J.-C. : époque gauloise) jusqu'au Bas-Empire (iiie siècle-ve siècle apr. J.-C.), la ville a connu plusieurs phases d'expansion. Le site étudié se trouve dans la ville du Haut-Empire qui deviendra la capitale de la cité des Bituriges Vivisques. Cette agglomération se développe à partir de la fin du règne de l'empereur Auguste et étend considérablement l'emprise urbanisée autour du noyau primitif de l'occupation gauloise.

Au Bas-Empire, le site est abandonné car il est en dehors du castrum. Or, c'est derrière cette enceinte que la ville se retranche face à l'instabilité politique, militaire et économique qui frappe l'Empire romain à la fin du iiie s. apr. J.-C.

Puis, la nature reprend ses droits dans l'ancien quartier qui devient une zone non bâtie (une friche ?), peut-être progressivement remise en culture au cours du Moyen Âge. Le site, qui est à l'extérieur de la troisième enceinte de Bordeaux, dont le tracé correspond à l'actuel cours Clémenceau, reste « hors les murs » durant plusieurs siècles. Cette situation a contribué à la préservation des vestiges gallo-romains.

Un quartier urbain résidentiel et artisanal
Ce quartier urbain antique comprend une rue et les maisons qui la bordent. Celles-ci s'organisent à partir d'un axe ouest-sud-ouest/est-nord-est, matérialisé par une voie dont les chaussées sont aménagées par des couches successives de graviers damés. De part et d'autre de la rue, plusieurs états bâtis se succèdent durant les 250 à 300 ans d'occupation du quartier. Superposés au fil du temps, ils forment une stratigraphie qui atteint 2 m d'épaisseur. La fouille dégagera un par un ces états afin de restituer l'évolution du quartier de son origine à son abandon.

Si le plan des premières constructions ne peut pas encore être appréhendé, il semble que le site connaisse une occupation dense et répartie sur toute la surface fouillée dès la première implantation humaine, au début du ier siècle apr. J.-C. À cette période, une partie des bâtiments possède des murs en matériaux périssables (terre et/ou terre et bois) et des sols de terre battue. L'état bâti le plus récent, aligné sur la rue, comprend des maisons aux murs maçonnés (moellons calcaires liés au mortier de chaux), avec des sols en béton de tuileau et en mosaïque.

Ces constructions avaient majoritairement une fonction résidentielle. Mais l'artisanat, et sans doute aussi le commerce, sont représentés. Parmi les activités économiques qui faisaient vivre le quartier, le travail de l'os est attesté par la découverte de déchets d'un atelier de tabletterie. De nombreux poids de tisserands sont l'indice d'une fabrication de tissus, et deux fours appartenant peut-être à un atelier de verriers viennent d'être mis au jour.
 
Les enjeux scientifiques de la fouille
L'orientation de la rue et des constructions attenantes diffère de celle de la trame viaire de Burdigala. Les archéologues tenteront de déterminer les raisons d'une telle divergence.

La fouille modifie dès à présent notre connaissance du plan de la ville en démontrant que le quadrillage orthonormé des rues principales (cardo et decumanus) n'est pas appliqué systématiquement à toute l'agglomération.

L'imbrication d'ateliers et d'habitats dans un quartier urbain et non périphérique – alors que l'artisanat est généralement relégué à la périphérie des quartiers résidentiels – est également une des directions de recherche à suivre, afin de caractériser précisément la nature de cette partie de la ville.

Enfin, ce quartier gallo-romain naît à la fin du règne d'Auguste, lors de l'expansion de la ville ; la fouille offre donc l'opportunité d'étudier en détail le processus de romanisation à Bordeaux sous le Haut-Empire, au travers du cadre de vie des habitants, des modes de construction, des sources d'approvisionnement en biens matériels et en denrées.

fiche détaillée

Motif de l'opération

Construction d'un auditorium, de bureaux et d'un parking souterrain

Aménageur

SNC Brochon Puy-Paulin

Début de l'opération

14/05/2007

Fin de l'opération

31/01/2008

Type d'opération

  • Diagnostic
  • Fouille

Périodes

  • Paléolithique, Mésolithique
  • Néolithique
  • Protohistoire
  • Antiquité
  • Moyen Âge
  • Moderne, Contemporain
  • Amérindien, Colonial
  • Autres périodes

Responsable

Kristell Chuniaud.

Responsable secteur

P. Calmettes, C. Scuiller.

Équipe de recherche

S. Boulogne (topo.), A. Bourdais, N. Chevalier, D. Delage, J.-F. Deschamps, L. Destrade, B. Ducournau, V. Elizagoyen, M.-C. Gineste, S. Grocq, S. Jugieau, A.-C. Nalin, S. Plisson, D. Poulain (gestion du mobilier archéologique), C. Saint-Olive-Sandoz, S. Salvé, M. Trégret.

Suivi scientifique

P. Régaldo Saint-Blancard/SRA Aquitaine.