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  • Carte postale avec vue du moulin encore en activité.
    Carte postale avec vue du moulin encore en activité.
    DR
  • Vue du sud du bief de dérivation du moulin, avec encore les restes de la roue en bois.
    © Thomas Navarro, Inrap 2008.
  • Vue de l'ouest des pièces de décantation du moulin.
    Vue de l'ouest des pièces de décantation du moulin.
    © Corinne
  • Vue d'un des sols de galets médiéval.
    Vue d'un des sols de galets médiéval.
    © Karine Monteil, Inrap 2008.
  • Inhumation de deux immatures contre un mur du bâtiment antique.
    Inhumation de deux immatures contre un mur du bâtiment antique.
    © Raphaël Denis, Inrap 2008.
  • Sépulture placée sur un mur et ayant connu un affaissement.
    Sépulture placée sur un mur et ayant connu un affaissement.
    © Diana Montaru, Inrap 2008.
  • Vue de l'ouest de la partie en abside du bâtiment.
    Vue de l'ouest de la partie en abside du bâtiment.
    © Karine Monteil, Inrap 2008.

Contacts

karine.monteil@inrap.fr

Le Béal II

Publié le dimanche 4 octobre 2009 · Mis à jour le dimanche 4 octobre 2009
à Cagnes sur mer, Alpes Maritimes

Description

Le site est implanté au débouché de l'étroite vallée de la Cagne. La zone de fouille se trouve à l'angle formé par les avenues Auguste-Renoir au nord et Cyrille-Besset à l'est, parallèle au fleuve. La totalité du site couvre une superficie de 1 800 m2. Le quartier du Béal, à 700 m au sud-est du centre historique constitué du château et du bourg médiéval, fait partie de la ville moderne. Le gisement archéologique s'inscrit principalement en piémont sur la première terrasse sédimentaire surplombant les limons de débordement qui constituent la plaine alluviale du fleuve.

Résultats

Le diagnostic archéologique réalisé par F. Conche (Inrap) en 2004 a révélé la présence d'une petite zone d'inhumations antiques, de deux fours à chaux du Bas-Empire et de vestiges appartenant à un moulin moderne. Le contexte archéologique suggère que ce site appartient à une vaste nécropole implantée autour de deux axes routiers antiques. Frédéric Conche, s'appuyant sur le recensement des découvertes de sépultures, émet l'hypothèse que le site du Béal pourrait répondre au carrefour de la Via Aurelia et de la Via Vintania.

L'opération de fouille était initialement prévue pour durer 5 semaines. La fouille du moulin devait se limiter à en dresser le plan de masse et à déterminer s'il masquait une occupation médiévale. Les vestiges du moulin, qui apparaît sur le cadastre de 1804, occupent la totalité de la surface de fouille, représentant ainsi un véritable complexe meunier. Le bief et la dérivation du bief destiné à actionner la roue, ainsi que les salles adjacentes ont été mises au jour dans la partie nord du site. Cet ensemble est resté en élévation, mais en ruine jusqu'en 2004, où il a été détruit. Cependant, le reste du bâtiment situé dans la partie sud du site était depuis longtemps recouvert. Il s'agit des pièces de décantation du moulin et de deux autres pièces annexes.

Une série de sols « caladés » (sols de galets), en liaison avec un bâti distinct du moulin et appartenant à l'époque médiévale, ont été dégagés dans la partie centrale du site. Il s'agit d'un ensemble de cinq murs enserrant à l'est trois sols « caladés » successifs et un autre situé légèrement en contrebas à l'ouest. Les deux espaces sont séparés par un mur de direction nord-sud. Le mur septentrional semble se poursuivre vers l'est et former un retour vers le nord en limite de fouille. Il a également perturbé le bâtiment antique dans sa partie sud.

Les bâtiments, de toutes les époques sur ce site, sont construits en galets liés au mortier de chaux. La coupe nord du site laisse apparaître la présence d'une voie est-ouest, probablement marquée sur le cadastre de 1804 et reprenant le tracé de l'ancienne voie romaine. D'après la céramique prélevée, cet axe pourrait bien être utilisé à la fin du Moyen Âge. Enfin, un fossé attribué à la même époque est présent dans le secteur sud.
 
La voie romaine n'est pas visible sur l'emprise du chantier. Elle pourrait se situer à quelques mètres vers le nord, sous la voierie actuelle, avenue Auguste-Renoir. Quant à la deuxième voie pressentie, de direction nord-sud, elle n'a pas été observée dans l'emprise de la fouille. Cependant, la zone sépulcrale ne semble pas se poursuivre vers le sud, le long de cette hypothétique axe de circulation. Nous ne pouvons donc pas à ce jour, au vue des données de la fouille, confirmer l'hypothèse avancée par Frédéric Conche.
 
Dans la partie nord du site, au plus proche de la voie antique, les premières sépultures sont apparues en nombre, dès le deuxième décapage, à moins d'1 m sous le niveau de sol actuel. À ce jour, au moins 25 inhumations, comportant pour certaines deux individus, nous placent assurément dans le contexte d'une nécropole. D'après les premières observations du matériel, elle se situerait vers le IIe et IIIe siècles de notre ère. Le bâtiment est de la même époque.
 
Les sépultures sont toutes orientées de la même manière, tête à l'ouest, sauf en ce qui concerne les deux immatures inhumés le long d'un mur. Aucune offrande n'accompagne les tombes, creusées en pleine terre. Certains individus semblent avoir été enterrés dans un linceul de tissu. Les inhumations présentes en partie haute du site ont été largement perturbées par l'installation de la voie, et probablement par les activités liées au bâtiment médiéval et à l'installation du moulin. Il semble que la partie nord du site ait fait l'objet d'un nivellement important, détruisant certaines sépultures à plus de 80 %. Les sépultures en partie basse sont mieux conservées. À ce jour, 50 sépultures ont été décomptées, toutes ne sont pas encore fouillées. D'après nos estimations, une cinquantaine d'autres devraient se trouver dans les niveaux inférieurs. Certaines d'entre elles ont été installées directement sur des inhumations plus anciennes, en contact direct avec le premier individu. La découverte de ces inhumations est associée à l'apparition d'un bâti absent des données fournies par le diagnostic, puisque concentré au nord. Un certain nombre de sépultures sont installées directement sur l'arase des murs.
 
Le chantier de fouille a été prolongé au mois de mai 2008 pour permettre l'étude de ce bâtiment, probablement un établissement thermal gallo-romain.

publication

Frédéric Conche et Olivier Sivan, 2005, Le Béal II à Cagnes-sur-Mer, Rapport final d’opération, diagnostic, Inrap.

fiche détaillée

Motif de l'opération

Mise en place d’un ouvrage cadre pour les eaux pluviales et aménagement urbain.

Aménageur

Ville de Cagnes-sur-Mer.

Début de l'opération

11/02/2008

Fin de l'opération

12/04/2008

Type d'opération

  • Diagnostic
  • Fouille

Périodes

  • Paléolithique, Mésolithique
  • Néolithique
  • Protohistoire
  • Antiquité
  • Moyen Âge
  • Moderne, Contemporain
  • Amérindien, Colonial
  • Autres périodes

Responsable

Karine Monteil.

Responsable secteur

T. Navarro.

Équipe de recherche

C. Aubourg, R. Denis, L. Lefèvre, J.-C. Matheron, M. Maurin, T. Maziers, D. Montaru (anthropologie), P. Verdun.

Suivi scientifique

F. Sumera/SRA Paca, M. Vecchione/Inrap.