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Vue générale du site.© Thierry Maziers, Inrap -
Les vestiges archéologiques paléochrétiens et médiévaux.© Thierry Maziers, Inrap -
L'ensemble baptismal en cours de fouille.© Thierry Maziers, Inrap -
Détail des cuves baptismales paléochrétiennes.© Thierry Maziers, Inrap -
Détail de la cuve baptismales cruciforme.© Thierry Maziers, Inrap -
Sépulture romaine aménagée avec des tuiles (tegulae) en battière dont certaines portent une inscription.© Thierry Maziers, Inrap -
Des tegulae portant une inscription.© Thierry Maziers, Inrap -
Production céramique d'Afrique du Nord du VIe siècle après Jésus-Christ.© Thierry Maziers, Inrap
Voir aussi
- Reportage vidéo : Ajaccio - Le baptistère paléochrétien (15-03-2006)
- Dossier multimédia : Archéologie paléochrétienne, dernières découvertes (23-11-2009)
- Actualité : Un baptistère paléochrétien à Ajaccio (09-06-2005)
- Iconothèque : voir tous les documents
Espace Alban
Publié le
lundi 5 octobre 2009 · Mis à jour le
lundi 23 novembre 2009
code opération : FB08001101
code opération : FB08001101
à Ajaccio, Corse-du-Sud
Description
Un projet de construction d'un parking souterrain et d'un immeuble d'habitation en centre ville, à l'endroit même où en 1938 fut découvert un sarcophage en marbre du IIIe siècle, est à l'origine d'une fouille préventive. L'intérêt archéologique du quartier a été souligné à maintes reprises depuis 1738, et les découvertes réalisées au gré des travaux agricoles et d'urbanisation ont conduit les historiens à localiser dans ce secteur l'agglomération antique d'Ajaccio. C'est aussi ici que se trouvait le siège épiscopal de l'évêché d'Ajaccio, déjà mentionné dans une lettre du pape Grégoire le Grand datée de 601. Selon la documentation médiévale, ce groupe cathédral était placé sous le vocable de Saint Jean et de Saint Eufrase, dont les reliques furent peut-être transportées en Corse par les évêques africains lors de la persécution vandale du Ve siècle.
Résultats
La fouille a porté sur une superficie d'environ 1 000 m2 et a permis de mettre au jour une partie du groupe cathédral paléochrétien, dont le baptistère de plan polylobé. De celui-ci ne sont conservées que la moitié d'une petite abside orientée (ouverture environ 3,30 m, profondeur environ 1,20 m) et une autre, nettement plus vaste (ouverture 4,60 m, profondeur 3,50 m), tournée vers le sud. Vers l'occident, l'édifice est fermé par un mur rectiligne contre lequel s'appuient des structures qu'il n'a pas été possible de fouiller. Au centre de l'abside méridionale se trouve une grande cuve en forme de croix allongée (dimensions intérieures : 2,68 x 1,39 m, profondeur 1,24 m), accessible par deux escaliers de trois marches. Dans l'attente d'études plus poussées, les comparaisons avec les baptistères africains et dalmates permettent de situer la construction de cet édifice autour du VIe siècle.
Durant le haut Moyen Âge, la cuve a fait l'objet de trois transformations fondamentales visant à la rendre plus accessible ainsi qu'à réduire son volume. Parallèlement, on a procédé à la surélévation, par un apport de terre, du sol primitif affaissé et en partie détruit.
Finalement, trop modifiée et devenue malcommode, la cuve cruciforme est remplacée durant le haut Moyen Âge par un bassin cylindrique plus petit (80 cm de diamètre et 28 cm de profondeur) ; cette modification est effectuée au moment où l'édifice d'origine est intégré dans un bâtiment plus vaste, de plan basilical, dont ne sont conservés que les murs sud et est, englobant une profonde abside semi-circulaire, elle aussi en grande partie détruite. C'est autour d'elle que sont installées les plus anciennes sépultures.
Au même moment, à l'est des édifices de culte, est aménagée une zone artisanale dont fait partie un atelier vraisemblablement spécialisé dans le travail des métaux. Il est associé à un énorme volume de « terres noires », riches en céramiques, attribuables, pour l'heure, aux VIe-VIIe siècles environ.
Ces espaces sont rapidement transformés en un cimetière dont l'utilisation se prolonge jusqu'au XVIe siècle, alors que les édifices de culte semblent être détruits vers la fin du haut Moyen Âge. Quatre-vingts sépultures ont été repérées, de types très variés : en amphore, sous tuiles, en coffre de pierres, rupestres et en pleine terre. Il faut y ajouter le sarcophage de marbre blanc du IIIe siècle, sans doute réutilisé à l'époque chrétienne, découvert sur ce même site en 1938. C'est d'ailleurs à ce moment-là qu'une grande partie des vestiges a été détruite pour laisser place à des bâtiments industriels.
L'ensemble du mobilier archéologique recueilli comprend à l'heure actuelle environ 5000 tessons de céramique de table, de cuisine et surtout de stockage (amphores), des monnaies de bronze, plusieurs centaines de fragments de verre et d'objets métalliques, une trentaine de fragments de marbre et autant de fragments d'enduits peints à fresque.
Bien qu'appartenant à une société immobilière privée, la parcelle contenant les vestiges sera cédée à la commune d'Ajaccio. Cette démarche, qui s'accompagne d'un classement au titre des Monuments historiques, devrait permettre une restauration et une mise en valeur rapide du site.
Durant le haut Moyen Âge, la cuve a fait l'objet de trois transformations fondamentales visant à la rendre plus accessible ainsi qu'à réduire son volume. Parallèlement, on a procédé à la surélévation, par un apport de terre, du sol primitif affaissé et en partie détruit.
Finalement, trop modifiée et devenue malcommode, la cuve cruciforme est remplacée durant le haut Moyen Âge par un bassin cylindrique plus petit (80 cm de diamètre et 28 cm de profondeur) ; cette modification est effectuée au moment où l'édifice d'origine est intégré dans un bâtiment plus vaste, de plan basilical, dont ne sont conservés que les murs sud et est, englobant une profonde abside semi-circulaire, elle aussi en grande partie détruite. C'est autour d'elle que sont installées les plus anciennes sépultures.
Au même moment, à l'est des édifices de culte, est aménagée une zone artisanale dont fait partie un atelier vraisemblablement spécialisé dans le travail des métaux. Il est associé à un énorme volume de « terres noires », riches en céramiques, attribuables, pour l'heure, aux VIe-VIIe siècles environ.
Ces espaces sont rapidement transformés en un cimetière dont l'utilisation se prolonge jusqu'au XVIe siècle, alors que les édifices de culte semblent être détruits vers la fin du haut Moyen Âge. Quatre-vingts sépultures ont été repérées, de types très variés : en amphore, sous tuiles, en coffre de pierres, rupestres et en pleine terre. Il faut y ajouter le sarcophage de marbre blanc du IIIe siècle, sans doute réutilisé à l'époque chrétienne, découvert sur ce même site en 1938. C'est d'ailleurs à ce moment-là qu'une grande partie des vestiges a été détruite pour laisser place à des bâtiments industriels.
L'ensemble du mobilier archéologique recueilli comprend à l'heure actuelle environ 5000 tessons de céramique de table, de cuisine et surtout de stockage (amphores), des monnaies de bronze, plusieurs centaines de fragments de verre et d'objets métalliques, une trentaine de fragments de marbre et autant de fragments d'enduits peints à fresque.
Bien qu'appartenant à une société immobilière privée, la parcelle contenant les vestiges sera cédée à la commune d'Ajaccio. Cette démarche, qui s'accompagne d'un classement au titre des Monuments historiques, devrait permettre une restauration et une mise en valeur rapide du site.
fiche détaillée
Motif de l'opération
Parking et projet immobilier
Aménageur
SARL Torre Alban
Début de l'opération
14/03/2005
Fin de l'opération
10/06/2005
Type d'opération
- Diagnostic
- Fouille
Périodes
- Paléolithique, Mésolithique
- Néolithique
- Protohistoire
- Antiquité
- Moyen Âge
- Moderne, Contemporain
- Amérindien, Colonial
- Autres périodes
Responsable
Daniel Istria
Responsable secteur
Daniel Istria
Équipe de recherche
F. Armand, C. Bioul (topo.) ; L. Ben Chaba, R. Chessa, M. Glusac, R. Lisfranc (anthropo.)
