
Voir l'album
-
Vue des enclos découverts en prospection aérienne à La Perdriotais en 1990© Alain Priol, Cerapar. -
Vue du site de Châteaugiron après le décapage© Denis Gliksman. -
Vue en coupe d'un fossé de l'enclos gaulois© Inrap.
-
Céramique gauloise et bracelet en lignite© Inrap. -
Évocation d'un ensemble rural gaulois composé d'une habitation et de dépendances agricoles© Laurent Juhel, Inrap. -
Petite statuette d'époque romaine en bronze représentant un centaure (haut. : 5 cm)© Denis Gliksman. -
Bâtiment sur poteaux et palissade du haut Moyen Age© Inrap.
-
Prélèvement du mobilier archéologique mis au jour dans un trou de poteau© Denis Gliksman. -
Four culinaire du haut Moyen Age© Inrap.
Contacts
isabelle.catteddu@inrap.fr
Voir aussi
- Reportage vidéo : Un millénaire peut en cacher un autre (22-09-2009)
- Actualité : Une longue occupation rurale aux origines de Châteaugiron (Ille-et-Vilaine) (21-09-2009)
- Iconothèque : voir tous les documents
ZAC de La Perdriotais - Une longue occupation rurale aux origines de Châteaugiron
Publié le
vendredi 28 août 2009 · Mis à jour le
mardi 17 mai 2011
code opération : DB 05014102
code opération : DB 05014102
à Chateaugiron, Ille-et-Vilaine
Description
Le contexte de la découverte
Le projet d'aménagement de la ZAC de La Perdriotais est à l'origine de la fouille archéologique conduite par l'Inrap sur la commune de Châteaugiron. Des prospections aériennes, puis des sondages sur le tracé du gazoduc avaient révélé les premiers indices d'occupations anciennes. Un diagnostic réalisé par l'Inrap en 2007 sur l'emprise du projet (40 ha) est venu confirmer l'intérêt majeur de ces vestiges et leur densité. Les travaux archéologiques ont débuté à la fin du mois de mai 2008 et doivent se poursuivre jusqu'à la fin de l'année 2009. Les occupations mises en évidence appartiennent aux périodes gauloises, gallo-romaines, médiévales et modernes.
Le projet d'aménagement de la ZAC de La Perdriotais est à l'origine de la fouille archéologique conduite par l'Inrap sur la commune de Châteaugiron. Des prospections aériennes, puis des sondages sur le tracé du gazoduc avaient révélé les premiers indices d'occupations anciennes. Un diagnostic réalisé par l'Inrap en 2007 sur l'emprise du projet (40 ha) est venu confirmer l'intérêt majeur de ces vestiges et leur densité. Les travaux archéologiques ont débuté à la fin du mois de mai 2008 et doivent se poursuivre jusqu'à la fin de l'année 2009. Les occupations mises en évidence appartiennent aux périodes gauloises, gallo-romaines, médiévales et modernes.
Résultats
La structuration de l'espace à l'époque gauloise
L'occupation gauloise se caractérise par l'installation d'un important domaine. Différents espaces sont organisés autour d'un enclos central de 1500 m2 où se trouve l'habitation principale ainsi que des dépendances ou annexes agricoles. En périphérie, se répartissent des zones d'activités domestiques ou artisanales, des greniers, puis des champs agricoles ou des pâtures. Ces espaces sont délimités par des fossés associés à des talus, des clôtures ou des haies. L'édification d'un porche monumental à l'entrée de l'enclos ainsi que la taille et la profondeur des fossés qui le bordent indiquent qu'il s'agit d'un domaine de riches propriétaires sur lequel travaille un grand nombre d'ouvriers agricoles.
Le développement de l'agriculture au cours de l'Antiquité
À La Perdriotais, au ier siècle de notre ère, l'occupation semble s'étendre à l'est et au sud de la ferme gauloise elle-même réaménagée. Certaines parcelles semblent réservées à l'agriculture ou au pâturage. Près des habitations sont installées des petites annexes destinées au stockage du fourrage et des récoltes, mais également des aires de travail domestique ou artisanal. Si le statut de cet habitat n'a pas encore pu être défini, la découverte récente d'une petite statuette en bronze, de monnaies romaines et d'une vaisselle diversifiée nous permet d'envisager la présence d'une occupation importante. Rappelons que le site est localisé à proximité d'une voie antique et à quelques kilomètres au sud de l'agglomération antique de Condate (Rennes).
La pérennité d'un habitat rural du haut Moyen Âge
Aux alentours des vie-viie siècles, de nouvelles fermes ou hameaux se répartissent au sein de nouveaux enclos, respectant le plus souvent les parcellaires antérieurs. À l'intérieur de ces espaces, s'organisent les unités d'habitation, mais aussi les activités domestiques et artisanales. Entre le viiie et le xie siècle, on assiste à l'aménagement de véritables espaces spécialisés : stockage et traitement des céréales, atelier de forge, fours domestiques...
Les tombes à incinération
Un nouveau mode funéraire se développe dès le milieu du second âge du Fer (IIIe siècle avant notre ère) et se poursuit durant l'époque gallo-romaine. Au lieu de déposer le corps du défunt en pleine terre (tombes à inhumation), on le brûle sur un bûcher (incinération) et on enterre ses cendres et ses restes osseux. Ces derniers sont alors déposés dans une fosse soit directement en pleine terre, soit dans un petit sac ou encore dans une urne en terre cuite. Les tombes sont de plans variés, rectangulaires ou circulaires. À proximité de l'urne sont parfois déposés de la nourriture, de la vaisselle, mais aussi des objets précieux, ustensiles ou même de la verrerie. Une quinzaine de ces tombes ont été découvertes sur le site.
Les vases
Les fragments de poterie trouvés en grand nombre sur le site aident à la datation des vestiges. En effet, selon les périodes, la forme des vases et les techniques de fabrication ou encore les décors varient. L'étude des argiles et des dégraissants (pétrographie) nous permet de trouver l'origine des matières premières et de mettre en évidence les relations commerciales et les modes d'approvisionnement selon les époques.
Environnement et aménagement du territoire
Au cours des millénaires passés, les sociétés ont hérité de paysages qu'elles ont à leur tour façonnés, puis transmis. Le site de La Perdriotais témoigne de ces héritages au travers de la pérennité des axes qui ont structuré le paysage ces derniers millénaires. Ainsi, les limites de certaines parcelles du cadastre moderne reprennent purement et simplement celles d'il y a 2 000 ou 2 500 ans. Un fossé de drainage moderne, collecteur des eaux de ruissellement reprend quant à lui les limites d'une parcelle gallo-romaine et médiévale. Avec l'implantation de son nouveau lotissement, la commune de Châteaugiron entre dans un nouvel épisode de son histoire.
Des indices pour contribuer à l'histoire de la commune
Dans les mois à venir, l'équipe de l'Inrap réalisera la fouille des occupations humaines anciennes qui semblent s'étendre sur plus de 13 ha. Elle tentera de recueillir l'ensemble des indices permettant de dater les vestiges et de définir leurs fonctions (habitat, annexe agricole, four, forge, silo de stockage… L'analyse des objets en terre cuite, os, métal ou pierre éclairera sur les différentes activités artisanales, les ressources exploitées et les relations commerciales. Celle des graines, pollens, faune et charbons nous livrera des données sur l'alimentation, les pratiques d'élevage et d'agriculture, sur l'environnement ou encore sur le climat aux différentes périodes. Les archéologues chercherons également à comprendre les relations qui ont existé entre le premier bourg créé autour de la fin du Xe siècle, le château de Châteaugiron et les habitats de La Perdriotais qui semblent avoir été délaissés autour de la même période.
L'occupation gauloise se caractérise par l'installation d'un important domaine. Différents espaces sont organisés autour d'un enclos central de 1500 m2 où se trouve l'habitation principale ainsi que des dépendances ou annexes agricoles. En périphérie, se répartissent des zones d'activités domestiques ou artisanales, des greniers, puis des champs agricoles ou des pâtures. Ces espaces sont délimités par des fossés associés à des talus, des clôtures ou des haies. L'édification d'un porche monumental à l'entrée de l'enclos ainsi que la taille et la profondeur des fossés qui le bordent indiquent qu'il s'agit d'un domaine de riches propriétaires sur lequel travaille un grand nombre d'ouvriers agricoles.
Le développement de l'agriculture au cours de l'Antiquité
À La Perdriotais, au ier siècle de notre ère, l'occupation semble s'étendre à l'est et au sud de la ferme gauloise elle-même réaménagée. Certaines parcelles semblent réservées à l'agriculture ou au pâturage. Près des habitations sont installées des petites annexes destinées au stockage du fourrage et des récoltes, mais également des aires de travail domestique ou artisanal. Si le statut de cet habitat n'a pas encore pu être défini, la découverte récente d'une petite statuette en bronze, de monnaies romaines et d'une vaisselle diversifiée nous permet d'envisager la présence d'une occupation importante. Rappelons que le site est localisé à proximité d'une voie antique et à quelques kilomètres au sud de l'agglomération antique de Condate (Rennes).
La pérennité d'un habitat rural du haut Moyen Âge
Aux alentours des vie-viie siècles, de nouvelles fermes ou hameaux se répartissent au sein de nouveaux enclos, respectant le plus souvent les parcellaires antérieurs. À l'intérieur de ces espaces, s'organisent les unités d'habitation, mais aussi les activités domestiques et artisanales. Entre le viiie et le xie siècle, on assiste à l'aménagement de véritables espaces spécialisés : stockage et traitement des céréales, atelier de forge, fours domestiques...
Les tombes à incinération
Un nouveau mode funéraire se développe dès le milieu du second âge du Fer (IIIe siècle avant notre ère) et se poursuit durant l'époque gallo-romaine. Au lieu de déposer le corps du défunt en pleine terre (tombes à inhumation), on le brûle sur un bûcher (incinération) et on enterre ses cendres et ses restes osseux. Ces derniers sont alors déposés dans une fosse soit directement en pleine terre, soit dans un petit sac ou encore dans une urne en terre cuite. Les tombes sont de plans variés, rectangulaires ou circulaires. À proximité de l'urne sont parfois déposés de la nourriture, de la vaisselle, mais aussi des objets précieux, ustensiles ou même de la verrerie. Une quinzaine de ces tombes ont été découvertes sur le site.
Les vases
Les fragments de poterie trouvés en grand nombre sur le site aident à la datation des vestiges. En effet, selon les périodes, la forme des vases et les techniques de fabrication ou encore les décors varient. L'étude des argiles et des dégraissants (pétrographie) nous permet de trouver l'origine des matières premières et de mettre en évidence les relations commerciales et les modes d'approvisionnement selon les époques.
Environnement et aménagement du territoire
Au cours des millénaires passés, les sociétés ont hérité de paysages qu'elles ont à leur tour façonnés, puis transmis. Le site de La Perdriotais témoigne de ces héritages au travers de la pérennité des axes qui ont structuré le paysage ces derniers millénaires. Ainsi, les limites de certaines parcelles du cadastre moderne reprennent purement et simplement celles d'il y a 2 000 ou 2 500 ans. Un fossé de drainage moderne, collecteur des eaux de ruissellement reprend quant à lui les limites d'une parcelle gallo-romaine et médiévale. Avec l'implantation de son nouveau lotissement, la commune de Châteaugiron entre dans un nouvel épisode de son histoire.
Des indices pour contribuer à l'histoire de la commune
Dans les mois à venir, l'équipe de l'Inrap réalisera la fouille des occupations humaines anciennes qui semblent s'étendre sur plus de 13 ha. Elle tentera de recueillir l'ensemble des indices permettant de dater les vestiges et de définir leurs fonctions (habitat, annexe agricole, four, forge, silo de stockage… L'analyse des objets en terre cuite, os, métal ou pierre éclairera sur les différentes activités artisanales, les ressources exploitées et les relations commerciales. Celle des graines, pollens, faune et charbons nous livrera des données sur l'alimentation, les pratiques d'élevage et d'agriculture, sur l'environnement ou encore sur le climat aux différentes périodes. Les archéologues chercherons également à comprendre les relations qui ont existé entre le premier bourg créé autour de la fin du Xe siècle, le château de Châteaugiron et les habitats de La Perdriotais qui semblent avoir été délaissés autour de la même période.
fiche détaillée
Aménageur
Nexity Foncier conseil, Giboire immobilier
Début de l'opération
01/05/2008
Fin de l'opération
01/11/2009
Type d'opération
- Diagnostic
- Fouille
Périodes
- Paléolithique, Mésolithique
- Néolithique
- Protohistoire
- Antiquité
- Moyen Âge
- Moderne, Contemporain
- Amérindien, Colonial
- Autres périodes
Responsable
Isabelle Catteddu
Responsable secteur
Y. Escats, S. Mentelé
Équipe de recherche
E. Ah Thon, L. Aubry, S. Barbeau, D. Barbier-Pain, R. Battais, A. Blanchet, T. Bethus, F. Boumier, S. Bourne, F. Briand, E. Cadiou, V. Chaigne, J. Cavanillas, A.-F. Cherel, P. Cocherel, V. Deloze, M. Dinar, C. Dulou, C. Dupin, M. Dupré, Y. Escats, A. Fauvel, J. Freitas Ferreira, D. Gache, L. Grancha, C. Gueho, V. Guitton, G. Herviaux, J. Houget, C. Hugot, S. Hurtin (gestion du mobilier), J. Jacquier, G. Jouquand, F. Labaune, S. Le Berre, P. Leblanc, F. Lecampion, S. Le Forestier, J. Le Gall, Marion Lemee, M. Levan, S. Mantele, M. Millet, O. Morin, H. Morzadec (logistique), J. Mouchard, C. Mougne, A. Nove-Josserand, S. Oeil de Saleys, P. Poilpre, V. Pommier, T. Robin, J.-F. Royer, B. Simier, R. Tsobgou, C. Yon.
Suivi scientifique
Anne Villard/SRA Bretagne.
Collaborateurs
D. Marguerie (anthracologie)/CNRS, Univ Rennes I ; P. Lanos (archéomagnétisme)/CNRS, Univ. Rennes I ; Caren (analyses programmées en pédologie, carpologie, faune et palynologie).
