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    Vue aérienne du camp romain
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    Essai de reconstitution de la palissade du camp
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Contacts

G. Prilaux, Inrap
mail :
gilles.prilaux
@inrap.fr

Actiparc

Publié le lundi 5 octobre 2009 · Mis à jour le lundi 14 Février 2011
code opération : GB15027201
à Arras, Pas-de-Calais

Résultats

De la guerres des Gaules à la bataille d'Arras (Pas-de-Calais) La Conquête des Gaules par les légions césariennes, la Grande Guerre au siècle dernier, ont toutes deux laissé leurs empreintes dans le paysage de la région d’Arras. Les archéologues de l’Inrap et du service archéologique municipal, sous le contrôle de l’État (DRAC/SRA), s’efforcent aujourd’hui de les retrouver. La découverte d’un complexe militaire romain daté de la pacification gauloise. Durant la seconde moitié du Ier s. avant n. è. (env. -50/-30), un complexe militaire situé sur un vaste plateau domine l’antique cité de Nemetacum (Arras). Il est possible qu’il fut érigé juste après la conquête pour partiellement contrôler le pays de la tribu celtique des Atrébates. De forme quadrangulaire, ce poste romain est protégé par une enceinte de 70 m de côté et un puissant fossé, large de 6 m et profond de 2,70 m. En périphérie, plusieurs palissades enserrent cet espace. Tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du camp, des légionnaires mènent la vie de garnison. Pour preuve, les archéologues viennent de recueillir dans le grand fossé talons et fers de lance, pointes de flèche, pièces de harnachements, clous de sandales, mais aussi amphores à vin italiques. Parmi l’équipement militaire figure un porte cimier métallique et amovible. Ce type d’objet, connu à quelques dizaines d’exemplaires en Europe, s’adaptait au sommet du casque de légionnaire romain et supportait un cimier de plume ou de crin. À la même époque, au sud du camp, une petite agglomération, composée de maisons de terre et de bois, a été élevée sur plus d’une dizaine d’hectares. Les archéologues viennent de la dégager en totalité. Entre ce hameau et la place forte, un petit établissement thermal a été mis au jour. Les nécropoles Hors des espaces d’activités militaires et civiles, plusieurs nécropoles gauloises et gallo-romaines ont été fouillées. Les sépultures les plus anciennes (du IIIe s. av. J.-C. au IIe s. de n. è.) sont généralement à incinération. Les plus récentes sont des inhumations datées du Bas-Empire (fin du IIIe s. -IVe s. de n. è.). Certaines d’entre elles ont livré un mobilier funéraire de très belle facture, exceptionnellement bien conservé. L’une d’elle, remontant aux premières années de notre ère, est celle d’un puissant notable. Un riche mobilier funéraire l’accompagnait dans l’au-delà : des céramiques de couleur rouge et noire (terra rubra et terra nigra), un miroir d’argent rectangulaire et surtout une chaise curule, sur laquelle s’asseyaient les hauts dignitaires s’exprimant au nom de Rome et de l’Empire. Seuls deux sièges de ce type sont actuellement recensés en France (Poitiers ; Vismoes-au-Val en Picardie). Si cette tombe est le reflet du pouvoir romain, elle témoigne aussi de la survivance de pratiques funéraires d’origine celtique : dans la vaste chambre mortuaire, des pièces de volaille, de mouton et de cochon étaient disposées dans des plats, un demi cochon, peut-être une salaison, déposé à proximité. L’occupation humaine du plateau au nord-est d’Arras semble peu à peu péricliter à partir des IIIe et IVe s. de n. è., le lieu étant définitivement abandonné au Ve s. La diversité des informations recueillie sur ce chantier d’Actiparc s’apparente à celle de sites déjà très documentés (par exemple, Alésia en ce qui concerne le matériel militaire romain), faisant de cette occupation romaine un futur site de référence. La Bataille d’Arras, 9 avril 1917, au Point-du-Jour… Il faut attendre près de 1500 ans et la célèbre bataille d’Arras pour que les hommes investissent de nouveau temporairement ce terroir. À l’aube du 9 avril 1917, 24 000 hommes de cinq unités britanniques montent à l’assaut des lignes allemandes sur plus de 20 km de front. Cette bataille durera deux mois. Obus, tranchées, boyaux de communication, abris souterrains, postes d’observation en sont toujours les témoins ; plus de 6 000 structures et vestiges militaires ont été répertoriés par les archéologues. Les corps de 31 soldats britanniques ont été exhumés en étroite collaboration avec la Commonwealth War Graves Commission. Parmi eux, plusieurs membres des Royal Scots et des Lincolnshire Regiments, certains inhumés, d’autres simplement ensevelis sous les impacts d’obus. Venus du petit port de Grimsby (au nord-est de l’Angleterre) et appartenant au 10e Lincolnshire Regiment, vingt soldats britanniques, foudroyés le 9 avril 1917 et figés coude contre coude dans une ultime danse macabre, ont été inhumés dans une fosse par leurs compagnons d’arme au lieu-dit le Point-du-Jour. Cette étonnante pratique funéraire n’est pas sans rappeler celle de 50 soldats écossais inhumés à Guémappe sur la route de Cambrai, dans leur tranchée "de départ d’assaut" et unis dans la mort, le bras enserrant la taille de leur voisins. Au-delà de la violence des combats, la fouille d’Arras a montré que des soldats détenaient encore sur eux une trousse d’urgence réglementaire contenant ouate, épingles de sûreté et fiole d’iode. Nombreux portaient le badge de bronze au nom de leur régiment. Enfin, certains possédaient casque et masque à gaz. Trois membres d’une même famille étaient côte à côte. 53 hommes de troupe du Lincolnshire Regiment étaient encore récemment portés disparus ; aujourd’hui, 25 d’entre eux ont été retrouvés. L’identification des corps est rendue particulièrement difficile par le peu d’objets personnels en place ou conservés ; la plupart était récupérée avant inhumation et restituée aux familles. De plus, durant la Grande Guerre, les plaques d’identité britanniques étaient en cuir bouilli et ne se sont qu’exceptionnellement conservées. Cependant, deux soldats du Royal Scots Regiment ont été identifiés par la Commonwealth War Graves Commission. Tous ont été inhumés dans le cimetière militaire britannique du Point-du-Jour.

fiche détaillée

Motif de l'opération

Construction d'une ZAC

Aménageur

Communauté urbaine d’Arras

Début de l'opération

01/04/2001

Fin de l'opération

01/04/2002

Type d'opération

  • Diagnostic
  • Fouille

Périodes

  • Paléolithique, Mésolithique
  • Néolithique
  • Protohistoire
  • Antiquité
  • Moyen Âge
  • Moderne, Contemporain
  • Amérindien, Colonial
  • Autres périodes

Responsable

Gilles Prilaux (Inrap), Alain Jacques (service archéologie)

Suivi scientifique

Yves Desfossés (DRAC Nord–Pas-de-Calais service régional de l’Archéologie)