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Vue du chantier de fouille depuis le nord-ouest, en cours de décapage. Au premier plan, le magasin à poudre et diverses maçonneries du bastion Saint-Pierre.
Cl. : Inrap -
Mur d'escarpe nord de la Citadelle. Au premier plan à gauche, les contreforts d'ancrage perpendiculaires de la muraille ; au fond à droite, les maçonneries du bastion Saint-Pierre.
Cl. : Inrap -
Mur de terrasse gallo-romain vu depuis le sud, partiellement récupéré. On devine le creusement de sa tranchée de fondation dans la terrasse alluviale sableuse de la Moselle.
Cl. : Inrap -
Mur de la Citadelle avec remploi dans la maçonnerie d'un fragment de chapiteau avec feuillures.
Cl. : Inrap -
Mur de la Citadelle avec remploi dans la maçonnerie de blocs travaillés plus anciens.
Cl. : Inrap -
Tronçon du mur de la Citadelle vu depuis le sud avec remploi dans la maçonnerie de blocs travaillés plus anciens. Il s'agissait du côté du mur masqué par le terrain encaissant et par les remblais.
Cl. : Inrap -
Angle du mur d'escarpe de la Citadelle et du bastion Saint-Pierre. On devine nettement le remploi dans la maçonnerie de blocs travaillés plus anciens.
Cl. : Inrap -
Angle du mur d'escarpe de la Citadelle et du bastion Saint-Pierre, vu depuis l'intérieur du bastion. Au premier plan la voûte d'un couloir d'accès aux salles souterraines du bastion, et au second plan un mur avec fenêtre de tir.
Cl. : Inrap -
Mur de terrasse gallo-romain vu depuis l'ouest, partiellement récupéré, et mur perpendiculaire en partie masqué par les derniers niveaux de démolition antiques et les couches sombres médiévales.
Cl. : Inrap -
Elément d'architecture en remploi dans la maçonnerie de la Citadelle. Ce bloc en calcaire de Jaumont porte encore son revêtement peint originel.
Cl. : Inrap -
Soubassement du magasin à poudre avec négatif de poutres. Cette construction a été édifiée sur un treillis de poutres (trois rangées parallèles dans le sens de la longueur croisées avec des éléments perpendiculaires régulièrement espacés).
Cl. : Inrap -
Négatif de poutre en bois, perpendiculaire à l'axe du mur, avec l'empreinte de poutre principale légèrement décalée en dessous.
Cl. : Inrap -
Rampe ou escalier permettant d'accéder de la surface du bastion aux salles souterraines des casemates.
Cl. : Inrap -
Plaque gravée d'une écriture latine en style gothique. L'écriture réalisée en relief est rehaussée de noir sur fond bleu.
Cl. : Inrap -
Mur gallo-romain creusé dans la terrasse alluviale sableuse de la Moselle, perturbé par un creusement récent.
Cl. : Inrap
Contacts
patrice.pernot@inrap.fr
Esplanade
Publié le
dimanche 4 octobre 2009 · Mis à jour le
mercredi 25 novembre 2009
à Metz, Moselle
Description
L'emprise de l'extension du parking de l'Arsenal, sur 5 000 m2 entre le boulevard Poincaré et l'avenue Ney, est située à 600 m au sud-ouest de la cathédrale, sur l'Esplanade. La fouille archéologique menée par l'Inrap permet d'affiner la connaissance de l'évolution de ce quartier.
Résultats
La fouille en cours a permis de mettre au jour un tronçon du rempart nord de la citadelle, ou escarpe, ainsi qu'une partie du bastion nord-ouest, le bastion Saint-Pierre. Le rempart est conservé sur 3 m d'épaisseur. Il est composé de moellons marno-calcaires et de blocs de récupération liés au mortier de chaux. Ce rempart présentait à l'origine un revêtement de briques (récupérées lors de son abandon) régulièrement alternées tous les 4 m avec des blocs en calcaire de Jaumont appareillés en harpe. Plusieurs constructions, dont certaines étagées sur deux niveaux en sous-sol, ont été reconnues dans le périmètre du bastion : un magasin à poudre situé dans la partie centrale, deux casemates (abris militaires) communiquant certainement avec des chambres de tir, et une petite cave.
À l'est du magasin à poudre, un mur de 1,50 m de large datant de l'époque gallo-romaine et orienté nord-sud a été mis au jour. Il a vraisemblablement ancré un bâtiment dans le relief et laisse envisager la présence d'une cave de la même période. Sa relation avec un autre mur parallèle, plus petit, ainsi qu'avec deux autres perpendiculaires permet de penser que ce bâtiment gallo-romain a subi des remaniements durant ses périodes d'occupation. La poursuite de la fouille dans les prochaines semaines du côté du boulevard Poincaré devrait permettre de compléter l'ensemble des informations déjà engrangées sur cet ensemble. Les pages gallo-romaines de l'histoire de la ville seront alors certainement accessibles et étudiées.
Contexte historique et archéologique
La citadelle
L'auteur des plans de la citadelle est un architecte italien du nom de Rocco Guerrino (francisé Roch Guérin), qui travailla sur ce projet en 1560. L'espace concerné par cet ouvrage défensif allait du boulevard Poincaré à l'avenue Ney et de l'avenue Winston-Churchill à l'avenue Foch. Il était constitué d'une zone centrale rectangulaire occupée par plusieurs bâtiments dont le plus bel exemple encore visible à Metz est sans conteste le Magasin aux vivres. Cette partie centrale était entourée d'un rempart maçonné à plan carré, renforcé à chaque angle par un bastion. Des fossés généralement à sec ceinturaient cet ensemble. Certains documents donnent une certaine idée du caractère imposant de cette fortification : le bastion champenois par exemple, situé face à l'évêché surplombait le fond du fossé d'environ 21 m.
Le quartier de l'Esplanade est un secteur anciennement urbanisé, sans discontinuité depuis le Ier s. de notre ère. Les grands changements d'ampleur reconnus concernant ce quartier remontent à la seconde moitié du XVIe s. Suite à l'occupation de Metz par les troupes françaises (avril 1552) et à la riposte de Charles-Quint qui en fit le siège (d'octobre 1552 à janvier 1553), le roi de France Henri II décida le renforcement de l'enceinte médiévale de la ville en fortifiant notamment cette partie des fortifications, la plus vulnérable et la plus éprouvée par le siège qu'elle venait de subir. Le projet de la citadelle naissant assurait ainsi la sécurité de la ville par le sud, un no man's land du côté nord, à l'origine de l'actuelle place de la République, permettant en outre de contrôler les réactions des Messins qui venaient juste de perdre leur indépendance.
La capitale des Médiomatriques
Metz est implantée sur un plateau, à la confluence de la Moselle et de son affluent la Seille. Les premières traces d'occupation remontent à 3 000 ans av. J.-C. Le site est au IIIe s. av. J.-C. la capitale du peuple celte des Médiomatriques auxquels elle devra son nom (Médiomatrices puis Mettis, puis Metz).
Divodurum
Après la conquête de la Gaule par les Romains, Metz est connue durant l'Antiquité sous le nom de Divodurum. L'enceinte antique englobe la ville approximativement de la place Jeanne-d'Arc au nord jusqu'au palais du gouverneur au sud.
Églises, cloîtres et abbayes
Durant le Moyen Âge, de nombreuses églises, cloîtres et abbayes sont édifiés dans la ville. Dans le quartier de l'Esplanade, on peut encore voir aujourd'hui l'église de Saint-Pierre-aux-Nonnains et la chapelle des Templiers.
La physionomie actuelle du quartier de l'Esplanade
La construction de la citadelle et du Magasin aux vivres au milieu du XVIe s. remanie le secteur. La création en 1813 de l'avenue Ney, le long de laquelle s'implante entre 1860 et 1864 un nouvel arsenal, donne au quartier de l'Esplanade sa physionomie actuelle.
L'apport de l'archéologie
L'évolution du quartier de l'Esplanade est aujourd'hui relativement bien connue grâce aux recherches archéologiques effectuées dans le secteur depuis les années 1960 (fouilles de l'Arsenal, de l'École des arts appliqués, du Magasin aux vivres ). Des thermes publics, un réseau de rues desservant des bâtiments privés de qualité, des activités artisanales comme la poterie donnent une image de ce secteur à l'époque antique.
À l'est du magasin à poudre, un mur de 1,50 m de large datant de l'époque gallo-romaine et orienté nord-sud a été mis au jour. Il a vraisemblablement ancré un bâtiment dans le relief et laisse envisager la présence d'une cave de la même période. Sa relation avec un autre mur parallèle, plus petit, ainsi qu'avec deux autres perpendiculaires permet de penser que ce bâtiment gallo-romain a subi des remaniements durant ses périodes d'occupation. La poursuite de la fouille dans les prochaines semaines du côté du boulevard Poincaré devrait permettre de compléter l'ensemble des informations déjà engrangées sur cet ensemble. Les pages gallo-romaines de l'histoire de la ville seront alors certainement accessibles et étudiées.
Contexte historique et archéologique
La citadelle
L'auteur des plans de la citadelle est un architecte italien du nom de Rocco Guerrino (francisé Roch Guérin), qui travailla sur ce projet en 1560. L'espace concerné par cet ouvrage défensif allait du boulevard Poincaré à l'avenue Ney et de l'avenue Winston-Churchill à l'avenue Foch. Il était constitué d'une zone centrale rectangulaire occupée par plusieurs bâtiments dont le plus bel exemple encore visible à Metz est sans conteste le Magasin aux vivres. Cette partie centrale était entourée d'un rempart maçonné à plan carré, renforcé à chaque angle par un bastion. Des fossés généralement à sec ceinturaient cet ensemble. Certains documents donnent une certaine idée du caractère imposant de cette fortification : le bastion champenois par exemple, situé face à l'évêché surplombait le fond du fossé d'environ 21 m.
Le quartier de l'Esplanade est un secteur anciennement urbanisé, sans discontinuité depuis le Ier s. de notre ère. Les grands changements d'ampleur reconnus concernant ce quartier remontent à la seconde moitié du XVIe s. Suite à l'occupation de Metz par les troupes françaises (avril 1552) et à la riposte de Charles-Quint qui en fit le siège (d'octobre 1552 à janvier 1553), le roi de France Henri II décida le renforcement de l'enceinte médiévale de la ville en fortifiant notamment cette partie des fortifications, la plus vulnérable et la plus éprouvée par le siège qu'elle venait de subir. Le projet de la citadelle naissant assurait ainsi la sécurité de la ville par le sud, un no man's land du côté nord, à l'origine de l'actuelle place de la République, permettant en outre de contrôler les réactions des Messins qui venaient juste de perdre leur indépendance.
La capitale des Médiomatriques
Metz est implantée sur un plateau, à la confluence de la Moselle et de son affluent la Seille. Les premières traces d'occupation remontent à 3 000 ans av. J.-C. Le site est au IIIe s. av. J.-C. la capitale du peuple celte des Médiomatriques auxquels elle devra son nom (Médiomatrices puis Mettis, puis Metz).
Divodurum
Après la conquête de la Gaule par les Romains, Metz est connue durant l'Antiquité sous le nom de Divodurum. L'enceinte antique englobe la ville approximativement de la place Jeanne-d'Arc au nord jusqu'au palais du gouverneur au sud.
Églises, cloîtres et abbayes
Durant le Moyen Âge, de nombreuses églises, cloîtres et abbayes sont édifiés dans la ville. Dans le quartier de l'Esplanade, on peut encore voir aujourd'hui l'église de Saint-Pierre-aux-Nonnains et la chapelle des Templiers.
La physionomie actuelle du quartier de l'Esplanade
La construction de la citadelle et du Magasin aux vivres au milieu du XVIe s. remanie le secteur. La création en 1813 de l'avenue Ney, le long de laquelle s'implante entre 1860 et 1864 un nouvel arsenal, donne au quartier de l'Esplanade sa physionomie actuelle.
L'apport de l'archéologie
L'évolution du quartier de l'Esplanade est aujourd'hui relativement bien connue grâce aux recherches archéologiques effectuées dans le secteur depuis les années 1960 (fouilles de l'Arsenal, de l'École des arts appliqués, du Magasin aux vivres ). Des thermes publics, un réseau de rues desservant des bâtiments privés de qualité, des activités artisanales comme la poterie donnent une image de ce secteur à l'époque antique.
fiche détaillée
Motif de l'opération
Extension du parking de l'Arsenal à Metz.
Aménageur
Ville de Metz (maître douvrage : Parcs GFR).
Début de l'opération
16/01/2006
Fin de l'opération
01/03/2006
Type d'opération
- Diagnostic
- Fouille
Périodes
- Paléolithique, Mésolithique
- Néolithique
- Protohistoire
- Antiquité
- Moyen Âge
- Moderne, Contemporain
- Amérindien, Colonial
- Autres périodes
Responsable
Patrice Pernot.
Équipe de recherche
S. Alix, T. Le Saint Quino, Z. Païman.
Suivi scientifique
P. Thion/SRA Lorraine, L. Gébus/Inrap.
