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Fouille des bâtiments de surs carmélites.© Loïc de Cargouët, Inrap.
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Les bâtiments des surs carmélites en cours de fouille.© Loïc de Cargouët, Inrap.
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Sépultures de religieuses ou de dames bienfaitrices découvertes dans la galerie du cloître.© Luc Sanson, Inrap.
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Ces latrines maçonnées du XVIe siècle, qui n'étaient plus en usage, ont été transformées en dépotoirs.© Matthieu Moriamez, Inrap.
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Cette tirelire des XVe-XVIe siècles a été découverte les anciennes latrines (photo précédente).© Stéphane Augry, Inrap.
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Cave de l'Époque moderne.© Estelle Benistant, Inrap.
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Mur gallo-romain sur lequel se développent des niveaux de « terres noires » datées de la fin de l'Antiquité. Ce type de couche archéologique se rencontre dans de nombreuses villes d'Europe de l'Ouest.© Juliette Abollivier, Inrap.
Contacts
stephane.augry@inrap.fr
Voir aussi
- Reportage vidéo : Le site de Sainte-Chrétienne à Metz (20-11-2009)
- Actualité : Un couvent de carmélites du 17e siècle dans la cour d'une école (14-10-2009)
- Iconothèque : voir tous les documents
Îlot Sainte-Chrétienne - fouille 2009
Publié le
mercredi 23 septembre 2009 · Mis à jour le
lundi 15 mars 2010
code opération : BB 13 0123 01
code opération : BB 13 0123 01
à Metz, Moselle
Description
Dans la cour de l'ancienne école Sainte-Chrétienne à Metz, une fouille archéologique est menée de février à septembre 2009 par les archéologues de l'Inrap, sur une surface de 1 800 m2, en préalable à un projet immobilier.
En 2006, un diagnostic et une opération d'archéologie du bâti avaient déjà mis en évidence les vestiges d'un couvent fondé en 1623 ainsi qu'une importante stratigraphie s'étageant de l'Antiquité à l'Époque moderne (du IVe au XVIIe siècle). Le couvent subsiste en partie sous les constructions actuelles, mais le cloître et des bâtiments conventuels se situent dans l'emprise des fouilles actuelles.
En 2006, un diagnostic et une opération d'archéologie du bâti avaient déjà mis en évidence les vestiges d'un couvent fondé en 1623 ainsi qu'une importante stratigraphie s'étageant de l'Antiquité à l'Époque moderne (du IVe au XVIIe siècle). Le couvent subsiste en partie sous les constructions actuelles, mais le cloître et des bâtiments conventuels se situent dans l'emprise des fouilles actuelles.
Résultats
Le couvent des Carmélites
Le couvent, créé par des Carmélites, était connu avant les fouilles grâce à différents documents d'archives. Mais, l'étude des élévations conservées dans le bâti contemporain et les vestiges mis au jour dans l'emprise de la fouille révèlent un bâtiment bien plus complexe qu'il n'apparaît dans les plans des archives. Au cours de la fouille, de nombreux murs absents des plans ont été découverts.
L'étude des fondations montre que la construction du couvent a été relativement rapide grâce à des méthodes efficaces et économiques. Ainsi, un lot de maisons achetées à des particuliers est démoli et sert de plate-forme pour la construction du couvent. Les murs des galeries du cloître, des bâtiments conventuels et de la chapelle, fondés très profondément, sont constitués de blocs de calcaire noyés dans du mortier de chaux très solide ; ils prennent parfois appui sur des murs préexistants. Dans la galerie nord-est du cloître, une dizaine de sépultures des XVIIe et XVIIIe siècle ont été mises au jour.
Des vestiges du Moyen Âge et de l'Époque moderne
Le remblai lié à l'édification du couvent mesure près de 2 m d'épaisseur et recouvre les arrière-cours et jardins des maisons médiévales et de l'Époque moderne situées en bordure de rue. Une partie de ces habitations se trouve dans l'emprise de la fouille, une cheminée, des caves et des sols de la fin du Moyen Âge ont été mis au jour. L'orientation des murs permet de comprendre l'évolution de l'organisation parcellaire de l'époque et la topographie historique du quartier. De nombreuses fosses, creusées tout au long du Moyen Âge, ont également été découvertes au centre de l'îlot. Maçonnées, en pleine terre ou renforcées avec du bois, certaines ont servi de latrines puis de dépotoirs. Leurs comblements recèlent de nombreux objets variés céramiques, verres, carreaux de poêle, monnaies, outils, ossements d'animaux, restes végétaux qui fournissent aux archéologues d'abondantes informations sur la vie quotidienne des Messins du Moyen Âge à l'Époque moderne.
La transition de l'Antiquité au Moyen Âge
Les sources archéologiques concernant Metz, pour la période qui s'étend du IVe au XIIe siècle, sont très pauvres. L'un des enjeux de la fouille consistait donc à tenter de mieux comprendre l'évolution du quartier entre la fin de l'Antiquité et le début du Moyen Âge.
Les couches de « terres noires », bien que peu spectaculaires et complexes à fouiller, constituent les principales traces archéologiques de la ville pour cette période charnière.
Celles découvertes aujourd'hui donnent de Metz, décrite pour ces périodes comme une cité importante du point de vue politique, religieux, économique et sociale, une image bien différente. Voilà pourquoi, ces couches, souvent interprétées a priori et peut être à tort comme un signe d'abandon ou de crise de la ville, sont l'objet de l'attention particulière des archéologues.
Le couvent, créé par des Carmélites, était connu avant les fouilles grâce à différents documents d'archives. Mais, l'étude des élévations conservées dans le bâti contemporain et les vestiges mis au jour dans l'emprise de la fouille révèlent un bâtiment bien plus complexe qu'il n'apparaît dans les plans des archives. Au cours de la fouille, de nombreux murs absents des plans ont été découverts.
L'étude des fondations montre que la construction du couvent a été relativement rapide grâce à des méthodes efficaces et économiques. Ainsi, un lot de maisons achetées à des particuliers est démoli et sert de plate-forme pour la construction du couvent. Les murs des galeries du cloître, des bâtiments conventuels et de la chapelle, fondés très profondément, sont constitués de blocs de calcaire noyés dans du mortier de chaux très solide ; ils prennent parfois appui sur des murs préexistants. Dans la galerie nord-est du cloître, une dizaine de sépultures des XVIIe et XVIIIe siècle ont été mises au jour.
Des vestiges du Moyen Âge et de l'Époque moderne
Le remblai lié à l'édification du couvent mesure près de 2 m d'épaisseur et recouvre les arrière-cours et jardins des maisons médiévales et de l'Époque moderne situées en bordure de rue. Une partie de ces habitations se trouve dans l'emprise de la fouille, une cheminée, des caves et des sols de la fin du Moyen Âge ont été mis au jour. L'orientation des murs permet de comprendre l'évolution de l'organisation parcellaire de l'époque et la topographie historique du quartier. De nombreuses fosses, creusées tout au long du Moyen Âge, ont également été découvertes au centre de l'îlot. Maçonnées, en pleine terre ou renforcées avec du bois, certaines ont servi de latrines puis de dépotoirs. Leurs comblements recèlent de nombreux objets variés céramiques, verres, carreaux de poêle, monnaies, outils, ossements d'animaux, restes végétaux qui fournissent aux archéologues d'abondantes informations sur la vie quotidienne des Messins du Moyen Âge à l'Époque moderne.
La transition de l'Antiquité au Moyen Âge
Les sources archéologiques concernant Metz, pour la période qui s'étend du IVe au XIIe siècle, sont très pauvres. L'un des enjeux de la fouille consistait donc à tenter de mieux comprendre l'évolution du quartier entre la fin de l'Antiquité et le début du Moyen Âge.
Les couches de « terres noires », bien que peu spectaculaires et complexes à fouiller, constituent les principales traces archéologiques de la ville pour cette période charnière.
Celles découvertes aujourd'hui donnent de Metz, décrite pour ces périodes comme une cité importante du point de vue politique, religieux, économique et sociale, une image bien différente. Voilà pourquoi, ces couches, souvent interprétées a priori et peut être à tort comme un signe d'abandon ou de crise de la ville, sont l'objet de l'attention particulière des archéologues.
fiche détaillée
Motif de l'opération
Construction d'un parking souterrain et de logements
Aménageur
Batigère Sarel
Début de l'opération
01/02/2009
Fin de l'opération
30/09/2009
Type d'opération
- Diagnostic
- Fouille
Périodes
- Paléolithique, Mésolithique
- Néolithique
- Protohistoire
- Antiquité
- Moyen Âge
- Moderne, Contemporain
- Amérindien, Colonial
- Autres périodes
Responsable
Stéphane Augry
Responsable secteur
A. Bertrand.
Équipe de recherche
J. Abolivier, B. Bouin, É. Gelliot (topographie), M. Moriamez, G. Pernod-Grut, S. Siafi (SIG), L. Sanson, J. Wiethold (carpologie).
Suivi scientifique
P. Thion/SRA Lorraine, L. Gebus/Inrap.
Collaborateurs
Q. Borderie (géoarchéologie)/Université Paris I, H. Cabart (étude du verre)/Afav, P.- É. Wagner (archives)/conservateur bibliothèques de Metz.
