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Umbo de bouclier.© F. Malrain/inrap.
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Fosse banquet. Cette fosse très particulière pourrait sapparenter à un espace de banquets. Les banquettes ménagées à même le sol permettaient aux convives de sasseoir de part et dautre de la table.© Jérôme Guequière, Inrap.
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Lune des plaques en métal découvertes sur le site ; leur usage nest pour linstant pas connu.© Conservare.
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© Estelle Pinard, Inrap.
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Un individu inhumé assis. Lhumérus droit a été prélevé sans que cela naffecte le reste du corps.© Estelle Pinard, Inrap.
Contacts
francois.malrain@inrap.fr
nathalie.descheyer@inrap.fr
nathalie.descheyer@inrap.fr
Plainval - Le sanctuaire gaulois et gallo-romain de Saint-Just-en-Chaussée
Publié le
lundi 1 Février 2010 · Mis à jour le
lundi 8 Février 2010
code opération : GB 19108501
code opération : GB 19108501
à St just en chaussee, Oise
Description
La recherche picarde a été pionnière en dévoilant dès les années 1970 lexistence de lieux de culte gaulois antérieurs à la Conquête. Les fouilles conduites à Saint-Just-en-Chaussée (Oise) permettent danalyser lévolution dun important sanctuaire avant et après la guerre des Gaules.
Résultats
Un complexe cultuel pérenne
Édifié sur un point haut du paysage, sur son versant nord, dominant et visible de toute la campagne environnante, un important sanctuaire a été édifié au cours du second âge du Fer (450 à 50 avant notre ère) sur lactuelle commune de Saint-Just-en-Chaussée.
Préalablement à un aménagement immobilier de lOpac de lOise, une fouille archéologique a été conduite à cet emplacement sur plus de 2 ha. Elle a révélé une partie des vestiges de cet imposant lieu de culte de la tribu des Bellovaques.
Un fossé large et profond atteste le caractère ostentatoire de ce site. Ce creusement monumental délimite une très vaste enceinte que lemprise de la fouille na pas permis de percevoir dans son intégralité mais dont la superficie sétend sur plusieurs hectares. Le creusement dun tel ouvrage a sans doute nécessité une élaboration à partir de plans prédéfinis et le recours à une main-duvre abondante. Ce vaste espace est subdivisé en plusieurs secteurs marqués par des fossés. Des fondations de bâtiments, des caves et des puits complètent les aménagements nécessaires à la vie des habitants et des officiants des cultes.
Le creusement du fossé de la première enceinte a produit des remblais qui ont très certainement été utilisés pour élaborer un talus. Derrière ce rempart, séparant lespace sacré de lespace profane, des pratiques cultuelles se sont tenues pendant plusieurs siècles. Les mobiliers découverts attestent en effet une durée doccupation qui court, en létat actuel des connaissances, du Ier siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère.
Des dépôts et des rituels
Ce qui différencie ce site des sanctuaires actuellement connus en Gaule Belgique est la nature des dépôts et leur répartition spatiale, attestant de pratiques cultuelles. Dans le premier pourpris, un grand nombre de restes danimaux a été déposé. Porcs, chevaux, bufs, moutons et chèvres ont fait lobjet de sacrifice et/ou dune consommation collective lors dun banquet avant dêtre déposés dans le fossé. Dans un autre tronçon de fossé, on peut observer une véritable mise en scène : des vases supportent ou sont alternés avec des quartiers de viande. Un peu plus loin, les fossés dun autre enclos sont ponctués dun grand nombre de dépôts dobjets métalliques qui caractérisent une autre forme de rituel. Parmi ce mobilier se distinguent des pièces en fer, de forme jusqualors inconnue, qui étaient apposées sur des boucliers. Des casques, quelques armes et des plaques de fer ouvragées, dont lusage nous échappe encore, complètent cette panoplie qui peut être rattachée à des guerriers. Des biens précieux en fer ou en bronze, comme des monnaies et des fibules, ont aussi été découverts en quantité. Enfin, il semble que les humains aient aussi fait lobjet de traitements particuliers. Des ossements isolés comme des fémurs et des fragments de crânes ont été découverts ponctuellement dans les fossés et des « inhumés assis » témoignent de rites singuliers en ces lieux.
Les individus inhumés assis de Saint-Just-en-Chaussée
Le diagnostic avait révélé la présence dun individu inhumé assis ; la fouille en a livré sept autres, ainsi quune fosse contenant les restes très fragmentés de trois individus au minimum. Les états de conservation sont assez variables et toutes les inhumations ont subi une érosion aussi bien naturelle que mécanique. Les individus ont été placés dans des fosses plus ou moins rondes, presque tous adossés contre la paroi. Six dentre eux ont le membre inférieur droit replié, voire contraint, sur le fond de la fosse, le membre inférieur gauche fléchi reposant sur la paroi, le membre supérieur gauche disposé latéralement au membre inférieur gauche et le membre supérieur droit reposant sur le membre inférieur droit. Pour les deux individus restant, la position est similaire mais inversée. Les observations taphonomiques indiquent que les inhumés se sont décomposés alors que la fosse nétait pas comblée. Par ailleurs, lhumérus droit dun des individus a été prélevé sans que cela naffecte le reste du corps. Il ny a aucun crâne. Ceci peut être imputé à lérosion ou à des prélèvements alors que les corps étaient dans les fosses. Certains indices, comme la présence de dents, attestent que les crânes se sont décomposés avec les corps. Cela confirmerait lhypothèse du prélèvement des crânes. Aucun mobilier na été découvert et des datations au carbone 14 ont été engagées pour chacun des individus. Disposés en ligne, les corps orientés vers le nord-est, ces individus ont été placés au nord-ouest du sanctuaire de Saint-Just-en-Chaussée, non loin des « fosses à banquet ».
Édifié sur un point haut du paysage, sur son versant nord, dominant et visible de toute la campagne environnante, un important sanctuaire a été édifié au cours du second âge du Fer (450 à 50 avant notre ère) sur lactuelle commune de Saint-Just-en-Chaussée.
Préalablement à un aménagement immobilier de lOpac de lOise, une fouille archéologique a été conduite à cet emplacement sur plus de 2 ha. Elle a révélé une partie des vestiges de cet imposant lieu de culte de la tribu des Bellovaques.
Un fossé large et profond atteste le caractère ostentatoire de ce site. Ce creusement monumental délimite une très vaste enceinte que lemprise de la fouille na pas permis de percevoir dans son intégralité mais dont la superficie sétend sur plusieurs hectares. Le creusement dun tel ouvrage a sans doute nécessité une élaboration à partir de plans prédéfinis et le recours à une main-duvre abondante. Ce vaste espace est subdivisé en plusieurs secteurs marqués par des fossés. Des fondations de bâtiments, des caves et des puits complètent les aménagements nécessaires à la vie des habitants et des officiants des cultes.
Le creusement du fossé de la première enceinte a produit des remblais qui ont très certainement été utilisés pour élaborer un talus. Derrière ce rempart, séparant lespace sacré de lespace profane, des pratiques cultuelles se sont tenues pendant plusieurs siècles. Les mobiliers découverts attestent en effet une durée doccupation qui court, en létat actuel des connaissances, du Ier siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère.
Des dépôts et des rituels
Ce qui différencie ce site des sanctuaires actuellement connus en Gaule Belgique est la nature des dépôts et leur répartition spatiale, attestant de pratiques cultuelles. Dans le premier pourpris, un grand nombre de restes danimaux a été déposé. Porcs, chevaux, bufs, moutons et chèvres ont fait lobjet de sacrifice et/ou dune consommation collective lors dun banquet avant dêtre déposés dans le fossé. Dans un autre tronçon de fossé, on peut observer une véritable mise en scène : des vases supportent ou sont alternés avec des quartiers de viande. Un peu plus loin, les fossés dun autre enclos sont ponctués dun grand nombre de dépôts dobjets métalliques qui caractérisent une autre forme de rituel. Parmi ce mobilier se distinguent des pièces en fer, de forme jusqualors inconnue, qui étaient apposées sur des boucliers. Des casques, quelques armes et des plaques de fer ouvragées, dont lusage nous échappe encore, complètent cette panoplie qui peut être rattachée à des guerriers. Des biens précieux en fer ou en bronze, comme des monnaies et des fibules, ont aussi été découverts en quantité. Enfin, il semble que les humains aient aussi fait lobjet de traitements particuliers. Des ossements isolés comme des fémurs et des fragments de crânes ont été découverts ponctuellement dans les fossés et des « inhumés assis » témoignent de rites singuliers en ces lieux.
Les individus inhumés assis de Saint-Just-en-Chaussée
Le diagnostic avait révélé la présence dun individu inhumé assis ; la fouille en a livré sept autres, ainsi quune fosse contenant les restes très fragmentés de trois individus au minimum. Les états de conservation sont assez variables et toutes les inhumations ont subi une érosion aussi bien naturelle que mécanique. Les individus ont été placés dans des fosses plus ou moins rondes, presque tous adossés contre la paroi. Six dentre eux ont le membre inférieur droit replié, voire contraint, sur le fond de la fosse, le membre inférieur gauche fléchi reposant sur la paroi, le membre supérieur gauche disposé latéralement au membre inférieur gauche et le membre supérieur droit reposant sur le membre inférieur droit. Pour les deux individus restant, la position est similaire mais inversée. Les observations taphonomiques indiquent que les inhumés se sont décomposés alors que la fosse nétait pas comblée. Par ailleurs, lhumérus droit dun des individus a été prélevé sans que cela naffecte le reste du corps. Il ny a aucun crâne. Ceci peut être imputé à lérosion ou à des prélèvements alors que les corps étaient dans les fosses. Certains indices, comme la présence de dents, attestent que les crânes se sont décomposés avec les corps. Cela confirmerait lhypothèse du prélèvement des crânes. Aucun mobilier na été découvert et des datations au carbone 14 ont été engagées pour chacun des individus. Disposés en ligne, les corps orientés vers le nord-est, ces individus ont été placés au nord-ouest du sanctuaire de Saint-Just-en-Chaussée, non loin des « fosses à banquet ».
fiche détaillée
Motif de l'opération
Aménagement immobilier
Aménageur
Opac.
Début de l'opération
15/07/2008
Fin de l'opération
06/12/2008
Type d'opération
- Diagnostic
- Fouille
Périodes
- Paléolithique, Mésolithique
- Néolithique
- Protohistoire
- Antiquité
- Moyen Âge
- Moderne, Contemporain
- Amérindien, Colonial
- Autres périodes
Responsable
François Malrain, Nathalie Descheyer
Équipe de recherche
M. Boulen (palynologie)F. Defaux, M.-I. de Carvalho, P. Dubois, D. Dupoty, K. Fechner (pédologie), J. Guequière, P. Hébert, S. Hébert (topographie), V. Lascour, B. Marchand, C. Paris, E. Pinard (anthropologie), F. Simon, J.-C. Vadurel.
Suivi scientifique
R. Rougier/Inrap, V. Legros/SRA Picardie.
Collaborateurs
V. Matterne (carpologie), P. Méniel (archéozoologie)/CNRS ; C. Oberlin (datation C14), V. Legros (Instrumentum)/SRA Picardie.
