Les fouilles menées par l’Inrap au niveau du carrefour entre la rue Sadi-Carnot et le boulevard Joliot-Curie, à Nanterre, ont révélé les vestiges d’une nécropole gallo-romaine. Ils ont été découverts aux environs de la place de la Boule, carrefour important de la ville.

Chronique de site
Dernière modification
16 octobre 2017

Préalablement à un programme immobilier dirigé par MDH Promotion, une fouille archéologique a été réalisée, à Nanterre, du 12 juin au 11 août 2017, par une équipe d’archéologues de l’Inrap.

Une importante nécropole à inhumations

75 fosses sépulcrales ont été mises au jour sur une superficie de 1 200 m2. La très grande majorité des inhumations est réalisée en pleine terre mais 3 sarcophages ont également été découverts. Ces derniers sont constitués par un monolithe en calcaire tendre du Lutétien (roche calcaire du Bassin parisien datée de la période du Lutétien, formée de -48,5 à -40,5 millions d'années), sans doute extrait dans les carrières à ciel ouvert situées à proximité sur les flancs du Mont Valérien. Une vingtaine de sépultures d’immatures (enfants et adolescents) a été reconnue ainsi qu’une sépulture de canidé.

De nombreux clous de cercueil ont été identifiés indiquant l’utilisation d’un contenant rigide à coté des inhumations en linceul déposés en pleine terre. L’utilisation de grosses pierres pour caler le cercueil ou le corps dans la fosse sépulcrale est récurrente. Une des caractéristiques de cette nécropole est la profondeur de ces fosses qui se situe en moyenne entre 1 m et 1,30 m.

Un mobilier d’accompagnement du Bas-Empire riche et varié

Certaines tombes se sont révélées riches en mobiliers d’accompagnement, souvent placés au niveau des membres inférieurs : vases complets en céramique, récipients et objets en verre, monnaies, petits objets en fer et en alliage cuivreux. Des clous de chaussures ont été également ramassés.

Les céramiques complètes déposées au pied des corps ont été rapidement expertisées et indiqueraient une fourchette chronologique entre la seconde moitié du IIIe et la fin du IVe siècle de notre ère (Bas-Empire). La présence de céramique du Ier et IIe siècle de notre ère dans le comblement des fosses sépulcrales témoigne d'une occupation plus ancienne sur le secteur. Des datations C14 réparties sur l’ensemble de la nécropole et l’étude exhaustive du mobilier d’accompagnement permettront d’affiner la durée de fonctionnement de ce cimetière antique. Par ailleurs, des études anthropologiques complexes seront entreprises pour connaître au mieux les défunts (sexe, âge, données biométriques…) et leur état sanitaire (pathologies…).

Une nécropole rurale de grande ampleur ?

En l’état des premières constations, il s’agirait d’un site de référence, et inédit pour l’Ouest parisien, sur les pratiques funéraires à la fin de l’Antiquité. Les autres exemples franciliens pour cette période seraient les nécropoles de Louvres (Val-d’Oise) et de Morigny-Champigny (Essonne), situées à l’extérieur des agglomérations, le long de voies antiques de grande importance. Celle de Nanterre se localiserait en bordure du chemin médiéval - et donc vraisemblablement plus ancien - reliant Nanterre à Paris et repris par le tracé de la rue Sadi-Carnot. Enfin, il est très probable que la nécropole antique de Nanterre se développe plus largement, vers le sud et l’ouest.