Conférences
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Mis à jour le
11 mars 2016
Colloque
L'archéologie au laboratoire

Colloque international organisé par Universcience, 
l’Inrap et la fondation EDF Diversiterre. 
Auditorium de la Cité des sciences et de l’industrie
Vendredi 27 et samedi 28 janvier 2012. 

L'archéologie au laboratoire
par Amanda G. Henry, Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology, Leipzig

L'histoire de l'évolution de l'ensemble des régimes alimentaires des humains modernes pose un défi majeur à la recherche. La connaissance des anciens régimes alimentaires ne concerne presque que la consommation d'aliments d'origine animale. Or on sait que les plantes constituent une part importante de l'alimentation des chasseurs-cueilleurs modernes ; de plus, la consommation d'aliments d'origine végétale et le développement de technologies de transformation des aliments ont été associés au passage de diverses étapes dans la lignée des homininés, parmi lesquelles la différenciation entre Australopithèques robustes et graciles, l'évolution du schéma corporel des humains modernes chez l'Homo erectus, voire l'extinction des Néandertaliens. Cette dernière hypothèse a été approfondie en identifiant les microrestes végétaux (grains d'amidon et phytolithes) retrouvés sur le calcul dentaire et les outils de pierre de Néandertaliens et d'humains modernes. Les résultats suggèrent que ces deux espèces consommaient une proportion similairement importante d'aliments d'origine végétale, dont certains étaient relativement basiques, comme des géophytes et des semences de graminées. On sait aussi qu'ils procédaient à la cuisson et à la transformation de certains aliments d'origine végétale. Cette analyse souligne le fait que les microrestes végétaux ont le potentiel d'apporter de nouvelles informations sur les régimes alimentaires de groupes historiques et préhistoriques.
Amanda G. Henry a obtenu son doctorat enpaléobiologie des homininés à l'université GeorgeWashington en 2010. Elle dirige actuellement un groupe de recherche indépendant intitulé « Plant Foods and Hominin Dietary Ecology » (« Aliments d'origine végétale et écologie alimentaire des homininés ») dans le département d'anthropologie évolutive du Max Planck Institute de Leipzig. Ses recherches se focalisent sur la façon dont les premiers humains ont acquis, transformé et consommé des aliments d'origine végétale, et s'attachent à montrer comment ces activités ont peut-être été des facteurs importants dans l'évolution des homininés à des moments clés.

Bibliographie sélective
• A.-G. Henry, « Recovering dietary information from extantand extinct primates using plant microremains », International Journal of Primatology (à paraître).
• A.-G. Henry, A.-S. Brooks et D.-R. Piperno, « Microfossils in calculus demonstrate consumption of plants and cooked foods in Neanderthal diets (Shanidar II, Iraq ;Spy I and II, Belgium) », PNAS, 2011.
• A.-G. Henry, H.-F. Hudson and D-.R. Piperno, « Changesin starch grain morphologies from cooking », Journal of Archaeological Science, 2009.
• A.-G. Henry, D.R. Piperno, « Using plant microfossils fromdental calculus to recover human diet : A case study from Tell al-Raqa'i, Syria », Journal of ArchaeologicalScience, 2008.
• B. Wood, A.-G. Henry, « Whose diet? An introduction to hominin taxonomy », Evolution of the human diet: The known, the unknown and the unknowable (sous la direction de P. Ungar), Oxford, 2007.
Durée :
21'47''
Année :
2012