A Gourbeyre, Guadeloupe, localisé au sud de la côte sous le vent de la Basse-Terre, à 1 km du bord de mer, le site est implanté sur un petit plateau à 100 m d’altitude sur les contreforts des monts Caraïbes.

Chronique de site
Dernière modification
07 avril 2016

Il est incisé au sud par la rivière Sens et bordé au nord par un talus. Des vestiges archéologiques ont été repérés par le service régional de l’archéologie, dans les déblais de sondages géotechniques.

L’Inrap a réalisé le diagnostic du site en mai 2004, puis la fouille en février et mars 2005. Le diagnostic a permis d’appréhender la configuration générale du site : une zone d’habitat, caractérisée par de nombreuses structures en creux situées sur le plateau et une zone dépotoir, principalement céramique, attribuée au Cedrosan saladoïde moyen et récent (entre 500 et 800 apr. J.-C.), localisée au pied du talus, en marge de la zone d’habitat. Les vestiges sont enfouis entre 0,10 et 0,70 m de profondeur.

Les conditions de conservation dans le sol volcanique acide sont passables. Le matériel organique et/ou carbonaté (en particulier les restes de crustacés, de coquilles et d’os) n’est quasiment pas conservé. Les premiers centimètres du terrain ont subi l’action des labours en relation avec la culture de la banane.

La fouille a été réalisée en deux étapes : la fouille du dépotoir et celle de l’habitat. Afin d’en obtenir un échantillon significatif, le mobilier du dépotoir a été prélevé à l’aide d’une pelle mécanique selon des tranchées parallèles, orientées dans l’axe de la pente et distantes de 7,50 m (une tranchée toutes les trois largeurs de tranchée). Il a été isolé par passes de 2,50 x 3 m de surface et 0,10 m d’épaisseur. Afin de tester la pertinence du prélèvement mécanique et d’appréhender la mise en place du dépotoir, deux sondages manuels de 2 m2 chacun ont été effectués de part et d’autre. Enfin, l’ensemble de l’emprise du projet a été décapé mécaniquement. Chaque structure en creux repérée a été fouillée manuellement et relevée.

La fouille a permis de confirmer les résultats du diagnostic. Une organisation de l’espace se dessine et plusieurs zones de concentration de structures peuvent être observées. Une première zone, à laquelle sont associées trois sépultures, est située dans l’angle nord-ouest du terrain, sous le dépotoir. Une seconde zone, repérée dans l’angle sud-est, comprend plusieurs concentrations séparées par des espaces exempts de structures.

Nous n’avons pour l’instant aucun élément chrono-culturel permettant de spécifier précisément ces deux zones. Le mobilier céramique, dont l’étude est en cours, est toutefois homogène sur l’ensemble du site. Les résultats attendus de la fouille du site de Bisdary sont d’un intérêt essentiel pour la connaissance archéologique de la Guadeloupe. Sa localisation, en altitude, à l’intérieur des terres et invisible du large, est assez peu documentée, les sites les mieux connus se trouvant en bordure de mer. L’emplacement du dépotoir rappelle le site de Toulourou à Capesterre-de-Marie-Galante (fouille Inrap, 2002), sensiblement de la même époque. Enfin, le site de Bisdary offre un potentiel d’étude très important, tant sur le plan ethnographique que sur celui de la chronologie des populations cédrosan saladoïdes.