A Saint-Pierre, Martinique, l'étude archéologique couvre une surface d'environ 2 000 m².

Dernière modification
07 avril 2016

Les vestiges découverts sont les aménagements portuaires de la ville avant sa destruction par l'éruption de la montagne Pelée le 8 mai 1902, et aussi ceux de sa reconstruction durant le XXe siècle. L'une des problématiques visait à qualifier les murs construits en bord de mer et à repérer d'éventuelles fortifications de la ville.

Les aménagements portuaires d'avant l'éruption de la montagne Pelée...

Un mur défensif est construit à la fin du XVIIe siècle ou au début du XVIIIe siècle. Dans ce secteur de la ville, le quartier du Mouillage, l'enceinte doit s'accorder avec la nécessité de ne pas gêner les accès à la mer, indispensables à l'activité commerciale. L'analyse des vestiges n'a pas permis d'identifier le parapet de protection de la ville, peut-être situé plus en retrait du littoral ; seule une fonction de protection contre la houle est avérée.
Aucun niveau amérindien n'est observé. La sédimentation rapide, et bouleversée de façon répétitive par la houle, ne permet pas la conservation d'une stratigraphie. L'absence de niveau amérindien ne doit donc pas être considérée comme significative d'une absence d'occupation.

...et ceux du XXe siècle

Les vestiges détruits en 1902 concernent le mur anti-houle, mais aussi des aménagements (bassin, base de pilier). La fouille permet de prendre la mesure de nos connaissances lacunaires sur la reconstruction de la ville au XXe siècle. Il s'agit pourtant d'un fait urbain et sociologique majeur : rebâtir une ville sur ses ruines, sur le lieu même de sa destruction, où ont péri en quelques minutes 25 000 à 30 000 personnes !
Les aménagements de la ville de Saint-Pierre offrent des perspectives archéologiques qui permettraient de combler les lacunes archivistiques, notamment concernant le mur anti-houle. Celui-ci a dû être régulièrement reconstruit. La lecture des plans anciens laisse présumer que les plus anciens murs seraient plus à l'est, sous les maisons du boulevard Saint-Léger-Lalung, voire sous l'actuelle rue Bouillé. Seule une coupe stratigraphique est-ouest pourrait apporter des éléments, sous réserve toutefois que les constructions postérieures n'en aient pas détruit les vestiges

Cette étude archéologique fournit des indications sur l'évolution urbaine du bord de mer pour les XIXe et XXe siècles. Elle apporte des éléments nouveaux sur cette partie de la ville, a priori occupée tardivement et peu documentée sur les plans anciens (antérieurs à 1819).