A Richelieu, Indre-et-Loire, la fouille est nécessitée par des travaux de désenclavement de la zone industrielle de Chaveigne.

Chronique de site
Dernière modification
17 mai 2016

L'évaluation effectuée en décembre 2001 par V. Goustard/Inrap a permis de mettre au jour un petit cimetière médiéval dont l'emplacement était menacé par la construction d'un giratoire.

Carrefour RD749
Richelieu/Carrefour RD749 L'équipe de tournage de « Va savoir » montrant la venue de Gérard Klein et des membres de son émission. Cl. Inrap.


La fouille a permis d'identifier la présence de 35 sépultures s'organisant en courtes rangées et orientées suivant l'axe d'un petit fossé nord-ouest/sud-est. Aucune structure d'habitat n'ayant été observée, il n'est pas possible d'apporter la moindre précision sur le mode de vie des populations inhumées. Les modes d'inhumations sont principalement le sarcophage monolithe en calcaire et les coffrages composés de dalles calcaires. Néanmoins, la présence de coffrages en bois a également été observée pour quelques défunts. L'étude anthropologique de terrain a permis l'observation de gestes funéraires bien particuliers pour certaines tombes. En effet, dans la quasi-totalité des sarcophages, les restes de plusieurs individus ont été mis au jour.
Si cette pratique est un fait observé dans de nombreux cas de sarcophages, les manipulations de restes humains en putréfaction restent relativement rares. C'est pourtant ce qui a pu être décelé à l'intérieur de l'un des sarcophages mis au jour, où des déplacements de pièces osseuses ont été réalisés alors que le corps de l'individu n'était pas encore totalement décomposé. La raison d'un tel geste demeure inconnue et reste surprenante à une période où les interdits autour de la mort sont nombreux. L'hypothèse d'un pillage du sarcophage dans l'espoir de retrouver quelques objets (portés par le défunt ou déposés dans la cuve) pourrait être une des possibilités à envisager.

La datation de cet ensemble funéraire est apportée par les modes d'inhumations utilisés dans ce cimetière. En effet, l'emploi de sarcophages et de coffrage de dalles calcaires est un fait courant au haut Moyen Âge dans la région. De plus, la présence dans l'une des sépultures de deux fibules en alliage cuivreux ainsi que de nombreuses perles polychromes permettent d'affiner la datation entre le milieu du VIe et le milieu du VIIe s. ap. J.-C.