A Pont-du-Château, Puy-de-Dôme, opération préventive de fouille d'évaluation archéologique. Surface fouillée : 1 800 m2.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

En 1998, le projet d'aménagement de la ZAC avait fait l'objet d'une évaluation archéologique (F. Thiériot, U. Cabezuelo/Afan) sur une emprise de 16 ha.

Cette opération avait permis de mettre au jour les vestiges de trois occupations : la plus récente se rapportait à un établissement rural daté du IIe siècle ap. J.-C. ; la deuxième était un site funéraire daté du Bronze final et de l'âge du Fer qui a fait l'objet d'une fouille (F. Blaizot/Afan ; Champ-Lamet 1) ; enfin, l'occupation la plus ancienne se composait de structures empierrées, de fosses et d'un silo attribués à la Préhistoire récente/Protohistoire ancienne.

Cet établissement a fait l'objet d'une intervention archéologique en octobre 2001 (en collaboration avec J.-O. Delahaye/Afan). Faisant suite à l'intervention de Champ-Lamet 1, qui concernait le site funéraire du Bronze final/âge du Fer, le gisement daté de la Préhistoire récente/Protohistoire ancienne a été dénommé Champ-Lamet 2 ; il a fait l'objet de l'ouverture de deux zones de fouille (1 806,3 m2).

Dans la première, s'ouvre un fossé gallo-romain d'axe sud-ouest/nord-est. Dans les horizons stratigraphiques sous-jacents, cette zone a révélé quelques tessons de céramiques posés à plat sur une surface archéologique ; il s'agit très probablement d'un sol dans lequel s'ouvre une fosse.

Dans la deuxième zone, nous avons pu mettre en évidence la présence d'un alignement sud-ouest/nord-est de 14 structures empierrées. Un second axe (sud-est/nord-ouest) de 3 ensembles du même type s'inscrit plus ou moins perpendiculairement au premier. Outre ces creusements aménagés, 3 fosses de petites dimensions ont été mises au jour. Les empierrements se répartissent en trois catégories, en fonction de leur état de surface.
Leur aménagement peut être simple - plan octogonal, dimension homogène des roches - ou complexe - surface quasi circulaire délimitée par des blocs ou galets de fort module à laquelle est accolé un aménagement quadrangulaire (3). Il peut encore comporter une couronne de blocs : plan circulaire ou ovale (3). Un empierrement délimité par des blocs est de plan ovale. Un autre est nettement rectangulaire et décalé par rapport aux alignements. D'autres structures ont un plan irrégulier et sont en relation avec un trou de poteau (4). Enfin, deux empierrements entrent dans la catégorie " autre " qui regroupe des aménagements destructurés.L'ensemble de ces structures sont des cuvettes aménagées ayant parfois servi de foyer. Dans le cas de l'empierrement ovale, délimité par des blocs, et de l'aménagement rectangulaire, il s'agit de surfaces archéologiques ; elles pourraient se rapporter à des unités d'habitat de taille réduite (respectivement 1,5 et 2 m2) couvertes par des matériaux légers (fonction domestique spécialisée ?).

Le sol archéologique de la zone 1 et les structures de la zone 2 se rattachent stratigraphiquement à la même phase d'occupation. Le rare mobilier (céramique accompagnée de quelques éléments en silex) permet d'attribuer ces aménagements à une phase récente de la Préhistoire ou à une phase ancienne de la Protohistoire. Il pourrait s'agir d'un établissement du Néolithique final ou du Bronze ancien. En l'état actuel des connaissances, ce regroupement d'aménagements et, surtout, son organisation ne connaissent pas de référence régionale au cours de cette période.