A Dourdan, Essonne, les salles dites du duc de Berry et la partie ouest de la courtine sud-ouest et de la tour du Midi nécessitaient une intervention des Monuments historiques.

Chronique de site
Dernière modification
29 août 2016

Dans les premières salles, des vestiges de maçonnerie et des enduits peints exposés aux intempéries devaient être protégés. Les parements intérieurs et extérieurs de la courtine devaient être restaurés. L'Inrap est donc intervenu, en amont de ces travaux, pour pratiquer une étude de bâti.

Bref historique du château

La construction du château de Dourdan, probablement en place d'une ancienne forteresse royale, s'achève en 1222, sous l'autorité du roi Philippe Auguste. Jusqu'alors, la tradition littéraire limitait le corps du logis royal le long du parement interne de la courtine nord-est, mais l'étude de bâti menée aujourd'hui tend à prouver qu'il était positionné tout le long de la courtine sud. Des corps de logis secondaires et des bâtiments de service entourent la cour centrale au cours d'une longue évolution qui mène à leur quasi totale disparition aujourd'hui. Rendez-vous des chasses royales jusqu'au début du XIVe siècle, le château passe sous l'autorité des comtes d'Evreux puis celle du duc de Berry, qui en prend pleine possession en 1400 et y réalise des rénovations et des extensions. Revenu dans le giron royal en 1477, le domaine de Dourdan est ensuite régulièrement cédé à des seigneurs engagistes. C'est ainsi qu'il est vendu, en 1549, aux ducs de Guise, tenants de la Ligue à partir de 1563, qui délèguent Jacques Dargiens comme capitaine de la place forte de Dourdan.

Le siège de 1591

En 1591, après la prise de Chartres, Henri IV charge le maréchal de Biron de s'emparer d'Auneau et de Dourdan, encore aux mains de la Ligue. Auneau se rend, mais à Dourdan, le capitaine Jacques Dargiens, qui sait faire face à une armée constituée et d'importance, se retranche dans le château et prépare le siège en y établissant des aménagements. Les bâtiments face à l'église sont remblayés, cette « plate-forme » doit assurer une situation privilégiée aux canons de la défense. Le témoignage du Sieur de Lescornay indique que le maréchal de Biron prit position au nord de la ville. Or, l'étude de bâti montre des traces de tirs frontaux depuis l'extérieur de la courtine sud. On peut dès lors ajouter un nouvel épisode au siège, en posant l'hypothèse de canonnades de semonce depuis l'actuelle rue de la Basse-Foulerie, par laquelle débouche la route d'Auneau. À la fin du siège, le château, largement ruiné et dérasé, perd définitivement son statut d'élément défensif.

Le logis royal

Les vestiges - murs, voûtes, foyers et enduits peints - mis au jour dans la première salle adjacente à l'ouvrage d'entrée du château ne sont pas de nature à appartenir au logis royal. Relevant d'une seconde phase de construction, ils témoignent plutôt d'une extension dotée de pièces de service. Le logis royal initial, contemporain de la construction du château, se déploie très probablement entre les tours du Midi et de la Vierge, sur la face sud-ouest de celui-ci. La façade sur cour du logis royal est parallèle à la courtine sud-ouest, dont les limites sont fixées par la présence d'un épais mur consolidé par un contrefort à chanfreins. D'autres vestiges de maçonneries ou des traces d'arrachement permettent de positionner les murs de refends transversaux, favorisant l'identification de la structure architecturale du logis royal. Une fouille archéologique, dans un sous-sol qui peut receler des couches d'effondrement recouvrant les salles de Philippe Auguste, permettrait de reconnaître la qualité de cet ensemble, représenté dans les manuscrits enluminés des Très Riches Heures du Duc de Berry au XVe siècle.