Un habitat rural médiéval à Athée-sur-Cher, Indre-et-Loire

Chronique de site
Dernière modification
18 mai 2016

La fouille est située de part et d'autre d'une route départementale, sur deux zones de 24000 m2 et de 15700 m2.

L'occupation pré-romaine

Les vestiges d'une occupation aux époques préhistoriques consistent en mobilier lithique (8 pièces), essentiellement résiduel, et en une sépulture multiple d'enfants. La période protohistorique est représentée par 9 structures accompagnées de mobilier céramique attribué, lorsqu'une datation était possible, à La Tène finale. La sépulture serait associée à une phase d'occupation durant le Néolithique. Elle est apparue installée dans une fosse circulaire et a livré les restes osseux de deux individus, qui n'ont pas été inhumés simultanément. Le premier sujet est âgé de 15 ans au minimum, le second entre 3 et 5 ans. La datation au carbone 14 du premier individu permet de dater cette sépulture entre 4306 et 3979 av. J.-C.

Aux marges d'un site gallo-romain

Cette période est représentée par un petit bâtiment sur sablière basse, de forme rectangulaire, mesurant 20 m sur 13,40 m, localisé en limite d'emprise de l'autoroute et recoupé dans sa partie est par la route départementale. Si aucune autre structure archéologique ne peut être attribuée à cette période, on peut néanmoins présumer qu'une occupation gallo-romaine assez importante se développe à proximité et pourrait se rattacher à la villa gallo-romaine reconnue non loin, au lieu-dit du Chêne Blanc.

L'occupation médiévale

La phase principale d'occupation du site se rattache au haut Moyen Âge, tant à l'époque mérovingienne qu'à l'époque carolingienne. Parmi les aménagements liés à cette phase chronologique, la fouille a permis de mettre au jour des fossés parcellaires, des fosses d'extraction du calcaire, dont l'une a livré les squelettes de deux bovins, des structures d'habitat (fonds de cabanes et bâtiments sur poteaux), des structures de stockage (grenier et silos) et 23 sépultures réparties en quatre secteurs. Ces indices témoignent d'un lieu de vie et de mort d'un monde rural médiéval qui précède les mouvements de regroupements démographiques autour des lieux de culte.
 
Alors que l'essentiel des structures archéologiques révélées sur ce site, quelle qu'en soit la période, atteste une situation périphérique, activités agricoles, pastorales ou artisanales, par rapport à un véritable lieu d'habitat (tant pour la période gallo-romaine que pour le haut Moyen Âge et le début du bas Moyen Âge), la présence d'un si grand nombre de sépultures datées, entre le VIIe et le XIIIe siècle, témoigne d'une récurrence du choix de ce lieu pour les diverses installations, attestées dès le Néolithique et jusqu'à la fixation de la topographie rurale, dès l'implantation des paroisses.