À Blagnac, Haute-Garonne, le projet d'aménagement de la ZAC Andromède sur les communes de Blagnac et de Beauzelle (Haute-Garonne) a donné lieu à plusieurs reconnaissances archéologiques.

Chronique de site
Dernière modification
11 mai 2016

Une surface de plus de 160 hectares a ainsi été explorée et a permis la mise au jour de nombreux vestiges témoignant de l'occupation ancienne de ce secteur de la vallée de la Garonne. La dernière campagne de diagnostics, réalisée à l'automne 2005 par l'Inrap, a été particulièrement fructueuse. Elle a conduit à la prescription d'une fouille préventive par le service régional de l'Archéologie de Midi-Pyrénées.
 
Les travaux menés par l'Inrap, de juillet 2008 à juin 2009, avec une équipe d'une vingtaine d'archéologues, ont mis en évidence d'importants vestiges attribuables à différentes périodes d'occupation humaine, du Néolithique au Moyen Âge, disséminés sur une superficie de près de 12 hectares.


Les premières traces d'occupations sont datées du Néolithique (Ve au IVe millénaire avant notre ère). Elles sont concrétisées par de nombreux aménagements creusés dans le sol, pour l'essentiel des foyers destinés à la cuisson d'aliments mais aussi un puits à eau et des fosses à détritus vieux de plus de 6 000 ans. Mais la découverte la plus spectaculaire est celle de sépultures caractéristiques de l'époque néolithique avec une inhumation des corps en position foetale accompagnés d'offrandes (vases en céramique, haches en pierre...).
 
Après quelques fréquentations à l'époque protohistorique (deux derniers millénaires avant notre ère), le site ne sera vraiment réoccupé que bien plus tard, par les Gaulois autour du Ier siècle avant notre ère. Leur présence est signalée par les traces d'une ferme indigène dotée d'une imposante entrée et ceinturée par un vaste système de fossés d'enclos dans lesquels de nombreux objets de la vie quotidienne ont été retrouvés. À l'intérieur de ces enclos, différents aménagements ont été mis au jour tel que des puits à eau, des foyers et des trous de poteau, révélant le plan de quelques bâtiments.

Les lieux continuent à être occupé sporadiquement jusqu'au IIe siècle de notre ère. Les vestiges correspondant à cette période sont plus discrets (fosses, fossés parcellaires, rares constructions sur poteaux) mais permettent de mettre en valeur l'importance de la romanisation, ici comme ailleurs. Des sépultures ont également été retrouvées mais il s'agit de tombes à incinération, pratique couramment attestée à cette époque.
 
Il faudra ensuite attendre l'époque médiévale, plus précisément entre les VIIIe et XIIe siècles, pour que l'homme investisse à nouveau le secteur. La découverte d'une batterie de silos creusés à même le sol et d'un petit cimetière d'une cinquantaine d'individus de tous âges témoigne de l'implantation d'une petite communauté rurale à cette période, probablement une famille de paysans.
 
L'ensemble des informations archéologiques ainsi recueillies permettront à terme de compléter de manière considérable la connaissance de l'occupation humaine du Toulousain.